‹ Le peintre Aved, sa vie et son œuvre 1702-1766Chapitre 68 sur 157 · Mercure de France, octobre 1739, p · texte numérisé non relu

Mercure de France, octobre 1739, p

4. Ohsenations sur l'Exposition... ly^p. Observateur littéraire de 1759. Bibl. Nat., Estampes, Coll. Deloynes, t. 47, p. 885. Publié dans l'Artiste, 1861, p. 87. Le texte de ce « Salon » a été revu et corrigé par Falconet.

5. Lettre critique à un ami sur les ouvrages... exposés au Sallon du Louvre, ly^p. Bibl. Nat., Estampes, Coll. Deloynes, t. VII, p. 241-248.

ne lui paroit pas mal peint, il fait même, à cette occasion la dépense d'un assez bon nombre de mots copiés dans le dictionnaire des arts '. » Les admirateurs d'Aved, on le voit, n'entendaient pas raillerie.

Le portrait du maréchal de Clermont-Tonnerre est la dernière toile d'Aved qui, de son vivant, paraisse à une exposition, la dernière aussi que nous puissions dater avec certitude.

Depuis son départ pour la Hollande, la vie de notre peintre est, semble-t-il, à peu près pareille à ce qu'elle avait été pendant les dix années précédentes. Nous avons vu que, à deux reprises encore, tant en France qu'en Hollande, il a tenté la conquête de ces honneurs officiels dont il semble avoir eu si grand désir. Un hasard malheureux lui a chaque fois barré le chemin. Les événements de famille que nous avons signalés le montrent dans une situation de fortune aisée et stable '. Il continue à collectionner.

Quant à son œuvre, nous signalions tout à l'heure que, pendant cette période de huit années, elle est, en quantité, bien moins considérable. D'ailleurs nous ne connaissons pas un bon nombre des toiles exécutées de 1 7 5 i à 1759. Mais ce qui nous en reste, de même que les témoignages des critiques que nous avons cités, montrent que le talent d'Aved n'a subi aucune diminution. Malgré la rivalité de ses confrères, sa renommée s'établit plus solidement que jamais. C'est pourtant ce moment que notre peintre, en pleine possession de sa force et de sa gloire, choisit pour prendre une retraite dont il semble qu'aucun de ses contemporains ne se soit étonné.

Peut-être ressentait-il déjà les atteintes de l'apoplexie, qui devait l'emporter, sept ans plus tard ? Peut-être le collectionneur — et le marchand — que nous étudierons plus loin firent-ils, chez lui, tort à l'artiste ? Peut-être

1 . RJponse à un écrit anonyme intitulé : Lettre critique à un ami sur les ouvrages... exposés au Salon... i/yç. Observateur littéraire de 1759. Bibl.Nat., Estampes. Coll. Dcloynes, t. VII, p. 266.

2. Les événements de la vie du peintre que nous connaissons sont si rares que nous ne devons pas manquer de mentionner ici que, le 21 décembre 17 58, il signait au contrat de mariage du sculpteur Edine Dumont avec Marie-Françoise Berthault, après Philippe Coypel, le marquis de Marigny, le comte de Caylus, avant Carie Vanloo, Halle, Chardin, etc. DUMONT (A.) et LAVIGNB {H.), Doaunents nouveaux sur les Coypel... les Boullongne... et... les Dumont [Archives de fart français, 1887, p. 2J7).

aussi vit-il que le public, accablé de compositions médiocres, achevait de se désaffectionner du portrait pour s'éprendre définitivement de la peinture d'histoire ou de genre ' ? Peut-être, ayant reçu, pour un tableau qui avait dû lui coûter de longs travaux, des applaudissements unanimes, et, craignant de moins bien réussir désormais, voulut-il clore sa carrière par cette œuvre que la voix publique pouvait bien lui faire admettre comme son chefd'œuvre " ?

Une chose est certaine. A la fin de sa vie, il avait renoncé à la peinture. L'inventaire dressé après son décès, qui ne fait pas grâce d'une casserole, ne signale chez lui ni un châssis, ni un chevalet, ni un pinceau. Aucune pièce ne paraît disposée en atelier.

Qui put causer cet arrêt ? Dans le silence des documents, les hypothèses les plus diverses peuvent être admises? Pour notre part, le choix étant libre, nous préférons celle que nous estimons la plus glorieuse pour le peintre que nous étudions. Sans doute, il sentit qu'à l'avenir il ne saurait dépasser ses derniers portraits, que, peut-être, il ne les égalerait plus. Ayant accompli une œuvre qui le satisfaisait, il s'arrêta, crainte de déchoir désormais,

1 . Voilà ce que disait, à ce sujet, le Journal encyclopédique, que nous avons déjà cité : « Il y a bien longtemps qu'on dit qu'on ne devroit mettre à ces expositions que les portraits des princes, des généraux d'armée, des hommes et des femmes publics, de ceux enfin à qui l'on prend en général un intérêt de quelque nature. On a, à la vérité, moins exposé de portraits cette année que les précédentes ; il y en a cependant encore beaucoup trop. Le public paroit avoir adjuge le prix en ce genre au portrait de M. le maréchal de Clermont-Tonnerre... 7, Journal encyclopédique, octobre 1759, p. 120.

2. Les contemporains pouvaient croire que cette carrière était, en effet, terminée : « l'âge ne permettoit pas d'espérer de lui quelque chose d'aussi supérieur », ajoute l'auteur cité à la note précédente.

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