‹ Le peintre Aved, sa vie et son œuvre 1702-1766Chapitre 75 sur 157 · CreuZET (Emile), Histoire de Saintry, p · texte numérisé non relu

CreuZET (Emile), Histoire de Saintry, p

Oudry, à Lagrenée, qui l'ornaient encore en 1907. Il est évident que l'inventaire les eût signalées.

On sait, d'autre part, que, quand Aved fit faire son buste et celui de sa femme, c'est à Pajou qu'il s'adressa '. En même temps qu'expert et que collectionneur, il était, on le voit, homme de goût, qualité rare, même chez les peintres de talent.

Mais, comme il arrive parfois, ce collectionneur se doublait d'un marchand, SCS goûts d'amateuf lui avaient procuré une source importante de revenus.

Sur les tableaux qui se trouvaient chez lui au moment de sa mort et dont nous avons l'inventaire, combien, au juste, lui appartenaient personnellement ? Car, pour ses opérations commerciales, il avait un associé, et cet inventaire le dit formellement. « Plus déclare ladite dame [Aved] que le sieur Thibault, ancien fermier de M. le duc de Bouillon, étoit en société avec ledit feu sieur Aved pour raison de différens tableaux faisant partie de ceux inventoriés des autres parts, et qu'à ce sujet il y aura un compte à faire avec ledit sieur Thibault, lors de la vente desdits tableaux, ainsy que lors du recouvrement qui sera fait de ce qui reste dû par M. Duvaucel '. »

S'il a des clients de compte à demi avec Thibault, il en a d'autres pour son compte personnel. C'est à lui seul que Casanova doit 500 livres, pour deux tableaux, ^

De ce commerce autant que des travaux du peintre avait dû lui venir l'aisance. Nous ne connaissons pas la situation de fortune d Aved quand il arrive à Paris, mais nous avons signalé la modicité des chiffres stipulés à son contrat de mariage. La somme mise dans la communauté est de 3.000 livres, le douaire prévu de 2.000 et le préciput en faveur du survivant de 500. Au contraire, quand Charles-François se marie, c'est un douaire de 1 0.000 h'vrcs

I-. Voir l'Appendice I : Les portraits d'A\ed et de sd femme.

2. Ce Duvaucel, grand maître des eaux et forêts de France au département de Paris, restait devoir à Aved, lors de la mort de celui-ci, 2.312 livres 6 deniers, sur une somme de 4.634 livres d deniers qu'il lui devait, depuis le 24 mai 1762. Inventaire après le décès d'Aved. Pièce justificative VIIl.

). Ibidem.

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qu'il assigne à sa femme '. Jean-Simon, lui aussi, stipula en faveur de sa femme un douaire, assis sur une maison « quai et place Conti » qu'il avait payée 53.800 livres^. On voit la différence de situation.

L'actif révélé par l'inventaire après décès est important. Ces inventaires, par pnncipe, évaluent les objets au prix le moins élevé. Pourtant, nous voyons que les meubles de l'appartement de la rue de Bourbon sont prisés 4.880 livres 10 sols, et ceux de Saintry 3.190 livres. Dans ce même appartement, il y a pour 800 livres de dentelles, pour 1.582 livres de linge, pour 7.909 livres 24 sols 3 deniers de bijoux, pour 6.543 livres 12 sols 8 deniers d'argenterie. Les tableaux sont évalués 56.150 livres. Ils furent vendus près de 70.000.

La maison de Saintry renfermait pour 610 livres de linge, pour 325 livres d'argenterie, pour 1.2 15 livres de vin. Au total, les effets mobiliers étaient prisés 89.711 livres 6 deniers.

D'autre part, Aved, par différents contrats, passés de 1745 ^ 1762, s'était assuré 3.553 livres de rente représentant 71.066 livres de capital. A quoi il convient d'ajouter, à partir de 1763, la pension de 600 livres qu'il recevra du roi. Le même inventaire signale en sa possession des créances diverses s'élevant au total de 3.682 livres 3 deniers. Enfin, il avait chez lui, au moment de sa mort, 5.520 livres d'argent comptant.

Ajoutons à ces chiffres la valeur de la maison de Saintry qui n'est pas évaluée, mais qui, quelques années plus tard, sera vendue 18.000 livres ^

Le passif de la succession était léger. Il était constitué par la part de Thibault dans les tableaux et l'une des créances. Or, il est certain que Thibault n'avait une part que de quelques tableaux 1 Aved devait aussi, à un sieur Cellier, une rente de 758 livres au principal de 15.000.

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