LE POËTE PIERRE-CHARLES ROY
Peinture.
Pierre-Charles Roy, né à Paris en 1683, fils d'un procureur au Châtelet, et possesseur d'une jolie fortune, se consacra de bonne beure aux lettres. Librettiste, auteur dramatique, poète, épigrammatiste, ses talents lui valurent, outre la notoricté, de nombreux ennemis : comme Jean-Baptiste Rousseau, comme Rigoley de Juvigny, comme Louis Racine, autres modèles d'Aved, il fut en butte aux attaques de la coterie dite « philosophique ». Ses Œuvres diverses parues en 1727 en deux volumes in-8°, avec l'approbation du censeur Hardion (autre ami de Rousseau et d’Aved) contiennent, en particulier, deux odes (IX et XIV) dédiées à la marquise et au marquis de Nesle. Il à laissé quatre vers fameux, au bas d’une estampe :
Sur un mince cristal l'hiver conduit vos pas, Le précipice est sous la glace.
Tel est de vos plaisirs la légère surface :
Glissez, mortels, n'appuyex pas!
Il fut chevalier de l'ordre de Saint-Michel et mourut le 23 octobre 1764. (Voir les Archives de la Bastille, tome XII du Catalogue de la Bibliothèque de l'Arsenal, p. 107-114, 161 et suiv., 249 et suiv. ; sa correspondance avec Destouches, publiée par L. Fontaine dans les Annales de la Société
d’émulation de l’Ainen 1872; voir aussi notre texte, p. 39 et 43.)
Tout ce que nous savons sur un portrait de Roy par Aved est ce que nous apprend la Correspondance de Grimm, à la date du 24 août 1750, à propos de l'envoi d’Aved au Salon : « Ce qu'il a fait de mieux, ce sont les portraits de l'ambassadeur ture, de Crébillon, de Roy et de
Rousseau. Ce dernier est gravé. » (Edit. Tourneux, t. I, p. 466.)
« SON EXCELLENCE SAID PACHIA, BEGLIERBEY DE ROUMELY, AMBASSADEUR EXTRAORDINAIRE DU GRAND SEIGNEUR, entouré de tous les attributs qui désignent particulièrement ses connoissances, comme sphère, carte géographique, traité de paix, et d’un athlas, premier livre imprimé par ses soins à Constantinople. On voit sur le devant du tableau les lettres de croyance, surmontées du sceau de l’Empire, renfermé sous une plaque de vermeil. Le fond représente une vue de Paris et le commencement
de son entrée. »
[Voir texte, p. 60-63
«Au Musée de Versailles.
Peinture. — Toile. — H. 2 m. 32; L. r m. 61. — Signé sur le cercle de la mappe-
monde : <Aved, 1742.
D'après M. A. Cournault, la famille de Magnac possédait une répétition de ce portrait, moins le fond.
Gravé par Petit, à mi-corps, en ovale. Au bas : S. Said Pacha, Beglierbey de Roumely... Présenté à Son Excellence par son très bumble serviteur Petit. — Gravé par J.-G. Wille en 1743. (Ch. Le Blanc, Wille, Leipsic, 1647, in-8,.p.1506,.n° 190) 8 ©, 19 os A mi-corps, dans une bordure ovale de 0,079 sur 0,062.
À gauche : J. Aved Pinx, À droite : J. G. Wille Sculp. Paris. Au-dessous, en grandes capitales : Hic Est.
Catalogué par Eud. Soulié, Catalogue du musée de Versailles, 2° éd., 1861, 3° partie, n° 3716. — Voir G. Brière, Rectifications et additions au Catalogue du musée de Versailles par E. Soulié (Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, 1917, DOS 01e
Reproduit dans la Revue de l'Art ancien et moderne, 1902, t. II, p. 21. Exposé au Salon de 1742, n° 08.
Peint en 1742. — Aved offrit ce tableau au Roi qui lui promit une gratification qu'il ne reçut jamais (voir texte, p.102et 103), il fut placé à Choisy, dans la salle des Gardes. (Castillon, Nécrologe, p. 67.) Il y était encore au 30 mai 17092. (Archives du Musée des Monuments français, t. Il, p.12.) — Transporté au Dépôt des Petits Augustins. -— Remis par Lenoir aux conservateurs du Muséum le 12 décembre 1792 (Ibid., P. 19) ou le 26 juillet 1703 (bid.,
p: 146). — Musée de Versailles.
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