‹ Le peintre Aved, sa vie et son œuvre 1702-1766Chapitre 106 sur 166 · Voir plus bas, p · texte numérisé non relu

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Sur les Hallé, voir le Dictionnaire de JAL et O. ESTOURNET, La famille des Hallé (Réunion des Sociétés

des Beaux-Arts des départements, t. XXIX, 1905, p. 71-236, pl.). — Sur les Allais ou Allez : BÉNEZIT, Dictionnaire, ]. GUIFFREY, Académie de Saint-Luc et Scellés, BRYAN, Dictionnaire.

5: Jenny-Augustine, née en 1798, signalée par BRYAN, et celle dont nous nous occupons.

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LES ÉLÈVES D’AVED 163

royale ‘, plutôt que sous ceux d’Aved dont on voit, dans la lettre publiée plus loin, que notre artiste se réclame uniquement *. Les Allais, au contraire, ne furent guère que de l'Académie de Saint-Luc ?.

Au reste, enfin, Mademoiselle Allais pouvait fort bien n’avoir de commun avec ces deux familles d'artistes que son nom et appartenir à une troisième. Elle exposait ses œuvres, place Dauphine, le jour de la Petite-Fête-Dieu, à l'Exposition de la Jeunesse. Nous avons relevé, dans les journaux du temps, quelques appréciations de son talent.

« Mile Hallet, disait, en 1760, L’Avant-Coureur, a exposé pour la première fois un grand portrait d’une dame travaillant à de la tapisserie, quelques personnes ont parues fachées de voir cette année ci le même tableau qui avoit déjà paru l’année précédente, nous répondrons pour la justification de Mile Hallet que des artistes émérites en ont conçu aisément la raison. Encouragée par les éloges et instruite par les avis, mademoiselle a vu les défauts qui étaient dans son tableau lorsqu'il fut exposé il y a un an; cette jeune artiste y a beaucoup travaillé, l’effet en est meilleur, le métier paroissoit entrer dans l'estomac de la dame qui travaille. Actuellement le métier vient en devant, l'attitude est moins gênée, il y a de l'air dans le tableau, il est en général bien supérieur à ce qu’il étoit, un peu plus d’étude et de finesse dans les mains ajouteroient beaucoup aux talens de Mile Hallet; elle fait un si bon usage des avis qu’on lui donne que nous nous hasardons, d’après nos grands artistes, à lui conseiller de beaucoup dessiner. »

(L'Avant-Coureur, 1760. Bibl. Nat., Estampes. Coll. Deloynes, tome 48, p. 6-8.)

1761.— « Les ouvrages de Mlle Hallé ont fait d'autant plus plaisir qu'ils annoncent des progrès marqués. »

(L'Observateur littéraire. Bibl. Nat., Estampes. Coll. Deloynes, tome 48, p. 233.)

« Mlle Hallet à beaucoup travaillé depuis l’année dernière, il y a plus d’intelligence dans son coloris ; une touche assez hardie et une fraîcheur générale sur les têtes. Sa cuisinière a plu généralement et mérite les éloges qu’elle a reçu des connoisseurs. »

(L'Avant-Coureur. Bibl. Nat., Estampes. Coll. Deloynes, tome 48, p. 239-240.)

1762. — « Dans les tableaux exposés cette année à la place Dauphine le jour de l’octave de la Fête-Dieu on a vu de nouveaux ouvrages de Miles Girouard et Hallet, aux talens de qui nous avons donné les années précédentes de justes éloges, en applaudissant à leurs productions. »

(L'Avant-Coureur. Bibl. Nat., Estampes. Coll. Deloynes, tome 48, p. 247.)

En 1770, une demoiselle Allais, peintre, exposait encore *. Est-ce la même ?

En 1779, au Salon de la Correspondance organisé par Pabin de la Blancherie, une demoiselle Allais exposait un pastel : Portrait d’un homme qui s’occupe des sciences et des arts ?.

Nous avons également retrouvé, en date du 22 octobre 1770, un procès-verbal d'estimation, dressé par J.-B. Lefèvre l'aîné [maître-peintre et professeur de l'Académie de Saint-Luc] du portrait du sieur Petit, ébauché par la demoiselle Allais, portrait dont lesdits experts estiment la valeur à la somme de 30 livres °. On en trouvera le texte dans notre publication : Rapports d'experts.

1. Claude-Guy (1682-1736) ; Noël (1711-1781). JAL, Dictionnaire. 2. Voir plus bas, p. 164.

3. Guillaume-Edouard fut bien de l’Académie royale, mais en 1784. BÉNEZIT, Dictionnaire.

4. BELLIER DE LA CHAVIGNERIE, Les Artistes français du xvi* siècle oubliés ou dédaignés (Revue universelle des Arts, tome xx, p. 252-253).

5. Nouvelles de la République des lettres et des arts, 1779, N° VII. 6. Arch. Nat., Y. 1903.

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Enfin, nous connaissons une lettre de recommandation, en faveur de l'artiste, adressée en 1769 au directeur des Bâtiments, et la réponse de celui-ci ; les voici toutes deux :

« À Soisy sous Etiolle, le 24 juin 1760.

« Monsieur,

« Je suis priés par des amies à qui j’ay de grandes obligations de vous demander une grâce, et comme ils savent que la mémoire de Monsieur de Tournehamt vous est toujours chère, et que vous avés la bonté de rendre service à ses parans, ils espère que vous aurés celle de ne me pas refuser. Voycy Monsieur ce que je pren la libertés de vous demander. Mlle Alet élève de feu M" Aved, désireroit être agréée à l’Académie de peinture. Ces talans sonts conûs de Mrs Chardin, Pajou, Pierre, Lagrenés et Vien qui la connoisse et qui onts vûe ses ouvrages. Si vous avés la bonté de leurs parler, ils vous dironts quelle mérite votre protection, pour moy j’ajouterés cette grâce à tous les services que vous avés eu la bontés de me rendre, mais elle ne peut rien ajouter à la reconnoissance que j'aurés toutes ma vie pour vous. J'ay l’honneur d’être avec respect, Monsieur, votre très humble servante,

« Durocher.

« Sy vous avés, Monsieur, la bontés de me répondre, adressés moy votre lettre à Soisy sous Etiolle, où nous avons pris, ma mère et moy, une maison dans laquelle nous passons la plus grande partie de l’anée parce quelle sy porte mieux qua Paris !, »

« 9 juillet 1769.

« Made. Durocher

« Je serai toujours flaté, Madame, des occasions qui se présenteront de marquer à tout ce qui tient à M. de Tournehem, combien sa mémoire m'est chère. D'après l'interet que vous prenez à la Dlle Alet, élève de feu Mr Aved, je me ferai bien volontiers rendre compte de ses talens par quelqu'un des artistes que vous me marquez en avoir eu connoissance, mais je me suis fait une loi de ne gener en rien le suffrage de l’académie. Si ces talens sont de nature à justifier le desir qu’elle [a] d’y être agréée, elle n’a d’autre chose à faire qu’à lui presenter quelques uns de ses ouvrages. L’académie lui rendra certainement justice, j’apprendrai avec plaisir l'acquisition qu’elle aura faite d’une nouvelle academicienne.

€ J'ai l'honneur d’être avec des sentimens respectueux, Made. votre très humble etc. ? »

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