PREFACE
(( quelles obéit l'art du 'peintre , indiquer les « moyens rationnels de s'y conformer, épargner ' « aux commençants les tâtonnements inutiles , en « les mettant tout de suite dans le droit chemin . »
— 'Fel est l'objectif qu'il a poursuivi , et je crois pouvoir dire qu'il l'a pleinement atteint. Il a su, dans un ordre parfait, grouper les multiples matières , éparses en des traités spèciaux et relatives à l'anatomie , à la perspective , au dessin , « /r/ théorie des couleurs, etc. Il en a composé un guide précieux pour les débutants, un manuel succinct et complet.
Les exposés, simples, sobres et lumineux, m'ont ravi, et je les ai lus avec un intérêt toujours plus vif. Je souhaite à cet ouvrage, dans sa forme nouvelle , la continuation du succès qu'il a obtenu dès son apparition.
Il sera I aimable et sûr compagnon des jeunes gens qui désirent se livrer à la peinture. Il leur aplanira les dures aspérités de la route commençante et les conduira, d'une main amie , jusqu'aux portes de ce domaine enchanté de l'Art, qui est le grand embellisseur de la vie humaine.
4 juillet 1906.
André THEUR1ET,
de l' Academie française.
https://archive.org/details/lepeintretraiteuOObell
OBJET DE CE LIVRE
Le but que l’auteur s’est proposé en publiant ce livre est essentiellement et exclusivement pratique.
11 s’abstiendra avec soin de toute préoccupation ayant pour objet l'esthétique pure, et toutes les divisions d’écoles seront écartées.
Exposer brièvement les lois générales auxquelles obéit l’art du peintre, indiquer les moyens rationnels de s’y conformer, épargner au commençant les tâtonnements inutiles en le mettant tout de suite dans le droit chemin, tel est — en substance — l'objectif poursuivi.
Une foule de traités spéciaux ont été écrits, et avec talent, sur la perspective, sur l'anatomie, sur le dessin, sur la théorie des couleurs, sur la composition. Mais réunir et grouper ensemble toutes ces diverses matières, mettre le lecteur à même de pouvoir les étudier simulta-
OBJET DE CE LIVRE
nément, voilà un effort qu’il m’a paru intéressant de tenter.
Sans doute Léonard de Vinci nous a laissé des travaux sur la peinture. Mais ces notes si précieuses, que nous aurons d’ailleurs l’occasion de consulter souvent, sont plutôt des impressions personnelles d’un maître incomparable qu’un ouvrage destiné à enseigner l’art de peindre à ceux qui l’ignorent.
Sans doute, Paillot de Montabert a consacré, au commencement du siècle dernier, trente années de sa vie à amasser, à coordonner et à exposer un immense magasin d’observations, tantôt ingénieuses, tantôt profondes, sur son art. Mais son ouvrage fort coûteux, de proportions encombrantes, trouve diflicilement place dans une bibliothèque particulière. Et puis — il faut le reconnaître — ce livre est plus savant que pratique, plus curieux que directement utilisable.
Ce qui manquait le plus, jusqu’ici, aux élèves peintres, c’était le guide usuel, le conseiller facile, le manuel proprement dit.
C’est dans l’espoir de combler cette lacune que j’ai écrit ces pages.
Elles s’adressent principalement à ceux qui, éloignés de tout centre d’enseignement artis-
OBJET DE CE LIVRE
tique, désirent se livrer à l’étude de la peinture ; et n’ont d’autre prétention que de leur oiïrir, sous une forme rapide et succincte, une sorte de résumé des diverses connaissances constituant spécialement l’art du peintre.