ANDRÉ BOTH
Les frères Jean et André Both ont toujours vécu et travaillé ensemble. Ils étaient fils et disciples d'un peintre sur verre qui les confia à l'instruction d' Abraham Bloemaert. Jeunes encore, ils partirent pour l'Italie. Jean prit Claude le Lorrain pour modèle, André suivit la manière de Pierre de Laer. L'un peignit des paysages que l'autre orna de figures et d'animaux. Ils mettaient dans leur travail tant d'accord qu'on ne s'aperçoit pas que leurs tableaux fussent de deux mains différentes. Les paysages de Jean sont d'une couleur fraîche et piquante, et les sites en sont agréables. On y admire une belle entente de lumière, l'art qui la fait passer d'une manière étincelante à travers les forêts, enfin un beau fini qui ne sent pas la peine; mais on y blâme le ton rougeâtre de ses arbres, quoiqu'on convienne qu'il n'a pas mérité généralement ce reproche. Les figures d' A n d r é sont parfaitement d'accord au paysage à l'égard du dessin et du coloris. Tous les tableaux que ces deux frères ont peints, sont terminés' avec soin et avec élégance. Un accident funeste sépara pour toujours les deux frères. Se retirant un soir à Venise, André tomba dans un canal et se noya. Jean dégoûté dès-lors du séjour de l'Italie, revint à Utrecht où il ne survécut pas long-temps à son frère. Il mourut en 1650, âgé de quarante ans.
Chacun de ces deux frères nous a laissé des estampes. Celles gravées par Jean sont au nombre de quinze, dont dix représentent des paysages gravés d'une pointe fine et légère, peu mêlée de burin et de pointe sèche. Il a fait les cinq autres d'après des dessins de son frère, d'un travail serré et fortement avancé à l'eau-forte. Dans les unes et les autres Jean Both a su ménager les gradations du
clair-obscur, en garantissant contre l'eau-forte les lointains et les parties qui exigeaient des tons faibles et mitigés.
L'œuvre d' A n d r é B o t h est composé de dix pièces. Elles offrent des figures grotesques assez bien dessinées et ébauchées d'une pointe grosse mais facile.
Nous avons joint à notre ouvrage la description des estampes des deux B o t h , quoique Heinecke en ait déjà parlé dans son dictionnaire des artistes, parce que les notices données par cet auteur sur ces deux maîtres, sont également défectueuses et pleines d'erreurs.
ŒUVRE
DE JEAN BOTH