Le ruisseau traversé
5) Au milieu de l'estampe une femme traverse un ruisseau. Elle est assise *de côté sur un âne qui brait, et montre un petit morceau de pain à un chien qui saute pour le saisir. A côté de l'âne, vers la droite de l'estampe, est une vache qui paraît boire. La femme est suivie d'un paysan monté à cheval qui chante, tenant de ses deux mains une feuille de papier sur laquelle est écrit: Berghem f. P. Goos exc. On voit deux moutons près du cheval, et dans le lointain, à droite, un ânier faisant marcher deux ânes.
On a trois épreuves de ce morceau.
La première est sans le lointain de la droite, c'est-àdire, qu'on n'y voit ni les montagnes ni l'ânier avec ses deux ânes. Sur la feuille de papier que le paysan tient entre les mains, est marqué: Berghem f. 1655, Cette épreuve est extrêmement rare.
La seconde est celle qui est décrite; il s'y ti'ouve le lointain avec les montagnes et l'ânier; l'année 1655 est effacée et remplacée par les mots: P. Goos exc.
Dans la troisième l'adresse P. Goos ex. est effacée.
12 (a) Le même Sujet.
Berghem a gravé cette planche deux fois, parce que l'eau-forte lui a manqué dans la première. La seconde
ŒUVRE
planche est celle que nous venons de décrire sous le Nr.
12. Les épreuves de la première sont extrêmement rares. On les distingue en ce que le travail de la pointe y est généralement très faible. Le rocher qui s'élève à gauche et l'âne qui se voit dans le fond, à droite, ainsi que le monticule où cet animal se trouve, sont d'un ton entièrement gris et la montagne qui occupe le lointain, est presque imperceptible. Cependant Berghem a essayé de corriger le défaut de l'eau-forte en renforçant au burin plusieurs parties des animaux et des figures qui occupent le devant; mais ce travail de burin, d'un noir prononcé, s'accorde peu au reste de l'ouvrage qui est trop grisâtre. Ce qui caractérise encore cette première planche, c'est que sur la feuille que tient le paysan, le nom Berghem est écrit sans la lettre f.
Du reste, il y a peu de différence entre ces deux planches à l'égard de la gravure même, ce qui prouve que Berghem à gravé sa seconde planche d'après une épreuve de la première. On pourrait même croire que la première planche n'est qu'une copie faite par quelque autre artiste et non par Berghem même, si les différences, si petites qu'elles soint, no'ffraient pas des libertés, telles qu'un copiste n'oserait les prendre et si tout le reste du travail ne portait pas trop évidemment tout l'esprit d'originalité particulier à l'auteur seul*).