‹ Le peintre graveur (volume 2)Chapitre 313 sur 361 · I. Portrait de Nicolas van Haeften · texte numérisé non relu

I. Portrait de Nicolas van Haeften

LOUIS DE DEYSTER.

Louis de Deyster naquit à .Bruges vers l'an 1656, et fut œnfié d'abord, en qualité d'élève, à Jean de M a es, bon peintre d'histoire et de portraits. Le voyage de Rome perfectionna les talents de Deyster. Il passa six années, partie dans cette capitale, partie à Venise, toujours accompagné d'Antoine van Eeckhout, son ami fidèle dont par la suite il épousa la sœur.

L'ouvrage de M. Descamps fournit une biographie circonstanciée de ce maître et une analyse détaillée de son talent. En y renvoyant ceux de nos lecteurs qui seraient curieux d'approfondir ces objets, nous nous bornons à transcrire ici l'extrait que nous en a donné Mr. Levé que dans l'encyclopédie méthodique [Beaux -arts. T. IL p. 119.]

„Louis de Deyster, dit cet auteur, peignait l'histoire „d'une manière grande et large, donnait beaucoup de ca- „ractère à ses têtes, faisait bien sentir le nu sous la belle „ampleur de ses draperies, avait une couleur chaude et „dorée, et, fidèle au principe de Ru b en s, il chargeait beau- „coup ses lumières et ne faisait que glacer ses ombres, „en sorte qu'on y voit partout l'impression glacée de stil- „de-grain et de momie. Il possédait la grande magie du „ckir-obscur et faisait de grands effets par de grands „sacrifices. Tout est en mouvement dans ses ouvrages. „Quoique ses tableaux paraissent faits avec peu de travail „et une grande facilité, il n'était pas d'une grande prompti- „tude, parce qu'il ne peignait rien sans avoir fait et arrêté „plusieurs esquisses du même sujet et en avoir dessiné „correctement le trait sur la toile. Il est vrai qu'après ce „premier travail, il peignait au premier coup. Il eut le „malheur de vouloir essayer son industrie dans tous les „arts. Il fit des orgues, des clavecins, des violons, des „horloges, des pendules; ces distractions lui prirent beaucoup

,;de temps, nuisirent à sa fortune, finirent par la détruire, „et l'obligèrent pour subsister, de faire des tableaux peints à la hâte. Il est mort en 1711, âgé de cinquante-cinq ans."

Louis de Deyster s'est aussi amusé à graver, mais le nombre des estampes qu'il a faites, est très petit. Nous n'avons jamais réussi à en ti'ouver plus de huit pièces dont nous offrons ici le détail, et qui sont gravées à l'eauforte, d'une pointe facile et négligée.

Nous lie sommes pas assurés de l'exactitude d'une donnée de Mr. Descamps, suivant laquelle Louis de Deyster aurait aussi gravé en manière noire. Du moins toutes les recherches les plus assidues ne nous ont jamais procuré l'occasion d'en voir une pièce, et nous n'avons pu même en trouver la moindre notice dans tous les nombreux catalogues que nous avons consultés à cet égard. Toutefois nous ne nous croyons pas autorisés par là, à en nier l'existence, sans avoir des preuves plus solides.

Les estampes de notre peintre n'ayant rien de ce qu'on appelle effet piquant, ni quelque autre qualité particulièrement éminente, ne peuvent jamais avoir été beaucoup recherchées, et la difficulté de les trouver aujourd'hui, n'est donc que l'effet de cette rareté nécessairement attachée à tous les objets qu'on n'a pas eu soin de conserver.

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