‹ Le peintre graveur (volume 3)Chapitre 122 sur 252 · PIÈCES GR. DANS LE GOÛT · texte numérisé non relu

PIÈCES GR. DANS LE GOÛT

PIÈCES GRAVÉES PAR DIFFÉRENTS ANONYMES DANS UN GOÛT APPROCHANT DE CELUI DE JULES BONASONE.

1. Portrait de François Floris, peintre d'Anvers, en buste, vu presque de face. On lit en bas: FRANCISCI FLORI ANTVERPIANI, INTER BELGAS PICTORES NON INFIMUM LOCUM TENENTIS, EFFIGIES. Julio bonasoni Fe. Quoique le nom de Bonasone soit marqué sur cette pièce, on la croit plutôt de son dessin que de sa gravure.

Hauteur: 6 p. 8 lig. Largeur: 4 p. 9 lig.

2. L'Amour présentant des épis à Cérès qui est assise et aux pieds de laquelle on voit une femme ayant la tête ornée d'une couronne murale. On lit à la droite d'en bas:

- I. BO. Cette pièce est mal dessinée et n'appartient à Bonasone en aucune manière.

Largeur : 5 p. 8 lig. Hauteur :5 p.

3. Le pendant du morceau précédent, où l'on a représenté Bacchus assis et buvant d'un vase que lui présente un Amour. Un second Amour, assis à droite, lui donne des raisins. Cette pièce qui est du même faire que la précédente, ne porte point de marque.

Même dimension.

4. Persée délivrant Andromède. Celle-ci toute nue et debout, est attachée à un arbre planté près d'un rocher qui s'élève de la mer au milieu de l'estampe. Persée en l'air, enfonce son épée dans la gueule du dragon qui nage dans l'eau à droite. On voit dans le fond à gauche le même héros foulant au pied le corps de Méduse, à laquelle il vient de couper la tête. Vers le milieu de l'estampe, au bas du rocher, est écrit: ANDROMEDAE LIBE- RATIO. Sans marque.

Largeur: 6 p. 10 lig. Hauteur: 5 p. 3 lig.

5. La déesse Diane armée d'un dard, allant à la chasse, accompagné de plusieurs chiens qu'elle mène en lesse. D'après Vincent Caccianemici de Bologne, disciple du Parmesan, dont la marque VC se voit vers la droite d'en bas.

Largeur: 11 p. Hauteur: 8 p. 10 lig.

DE JULES BONASONE.

6 11. Des statues de Persans, portant des chapiteaux et entablements d'architecture. Suite de six estampes.

Hauteur: 9 p. 5 à 10 lig. Largeur: 4 p. 6 lig.

6) Un Persan portant un chapiteau, montrant la main droite. On remarque sur le dé de son piédestal un petit ovale en largeur.

7) Autre, nu-tête, portant un entablement. Sur le dé de son piédestal est une tablette avec l'année 1548.

8) Autre, portant un chapiteau, soutenant de la main droite qui est découverte, son bras gauche qui est enveloppé de son manteau. Il est debout sur une colonne tronquée.

9) Autre, portant un chapiteau et par dessus un entablement. Il tient ses mains l'une dans l'autre.

10) Autre, portant un chapiteau et par dessus un entablement. Ses deux mains sont couvertes par son manteau.

11) Autre, portant un chapiteau et ayant la main gauche en pente. Sur le piédestal est un ovale ménagé en blanc.

12. Façade de la maison académique de Bocchius du côté du midi. On remarque au milieu d'en haut deux génies ailés soutenant l'écusson d'armes du Pape Pie de la famille de Médicis. A la droite d'en bas on voit entre autres figures un homme monté sur un âne. On lit en bas: ORTHOGRAPHIA MERIDIONALIS ACADEMICÂE DOMUS BOCCHIANAE BONON. M. DLV. et en haut, au-dessus de l'écusson d'armes: REGNUM EN REDIT SA- TURNIUM:

Hauteur: i8 p. Largeur: 13 p. 6 lig.

On a deux épreuves de cette estampe.

La première est celle dont on vient de faire le détail.

La seconde est tirée de la planche diminuée en haut et à gauche. Les mots: REGNUM EN REDIT SA- TURNIUM, ainsi que les têtes des deux génies qui tiennent l'écusson d'armes, sont coupées.

Hauteur: 16 p. 6 lig. Largeur: 12 p. 9 lig.

Copie de cette estampe, gravée par un autre anonyme avec plusieurs changements dont le plus essentiel consiste, en ce qu'il n'y a pas l'homme monté sur l'âne.

Hauteur: 16 p. 4 lig. Largeur: 13 p. 2 lig.

LE MAITRE AU DÉ

LE MAITRE AU DÉ

Suivant Cumberland (Some anecdotes of the life of Julio Bonasone, page 42) ce maître est appellé en Italie par quelques un Dado qui signifie Dé; mais l'histoire de l'art ne fait pas la moindre mention d'un artiste de ce nom. La tradition lui a conservé le nom de Beatricius et pour le distinguer de Beatrizet ou Beatricius le Lorrain, avec lequel il n'a rien de commun, on l'a surnommé Beatricius l'ancien. Cependant, cette tradition ne paraissant pas être assez ancienne, pour tenir lieu d'une notice historique sanctionnée et aussi pour éviter toute confusion, nous préférons de donner à notre artiste le nom de maître au dé, en renonçant à trouver son véritable nom de famille dont la lettre initiale est vraisemblablement le B marqué sur le dé.

Quatre pièces de cet artiste portent, au lieu du dé, les lettres B. V. dont la dernière signifie peut-être Veneziano; plusieurs autres de ses estampes et notamment celles qui nous semblent être de ses premiers ouvrages, étant marquées de l'année 1532 et 1533, on a sujet de croire qu'il est né vers 1512. La date de sa mort est absolument inconnue.

Les estampes du maître au dé n'ont pas toutes un mérite égal; mais il faut convenir qu'elles sont en général correctement dessinées et très bien gravées. La seule faute que l'on reproche à ce maître, c'est qu'il a fait ses figures trop courtes, les têtes trop grandes et les bras et les jambes trop forts. Au reste son burin approche beaucoup de celui de Marc-Antoine dont il semble avoir

LE MAITRE AU DÉ

été disciple. II y a dans la suite de l'histoire de Psyché plusieurs pièces qui ne le cèdent presque pas aux ouvrages de cet excellent graveur. Comparé avec Augustin Vénitien, il mérite, suivant notre opinion, de lui être préféré; il est certain qu'il était plus savant dans le dessin et plus ferme dans la gravure que lui.

Tout ce qui existe en catalogues sur les ouvrages du maître au dé, offre la plus grande confusion: on a attribué beaucoup de ses pièces à Jules Bonasone, d'autres à Nicolas Beatrizet, tandis qu'on en a écarté ses véritables ouvrages et qu'on a mis sur son compte des pièces très médiocres de différents maîtres anonymes, avec lesquels il n'a pas le moindre rapport.

Nous remarquerons qu'on doit être d'autant plus étonné de cette confusion, que notre artiste porte un caractère particulier à lui et si individuel, qu'on ne saurait g;uère confondre ses ouvrages même avec ceux des maîtres qui lui ressemblent le plus.

ŒUVRE

DU MAITRE AU DÉ

Nr, lo des monogrammes.

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