Vache (la) et le taureau
CARLE DU JARDIN
Carie du Jardin, le plus célèbre élève de N. Berchem, naquit à Amsterdam en 1635. Il alla de bonne heure à Rome où ses tableaux furent bientôt recherchés et payés très cher. En retournant dans sa patrie, il passa par Lyon où il épousa une femme déjà âgée, mais dont la fortune le mettait en état de payer les dettes que ses excessives dépenses lui avaient fait contracter, et partit avec elle pour Amsterdam. Dégoûté bientôt de sa vieille épouse, il la quitta, sous le prétexte d'accompagner un de ses amis jusqu'au port du Texel, et il s'y embarqua effectivement pour Livourne. De retour à Rome, les beaux ouvrages qu'il y avait laissés, lui en procurant beaucoup de nouveaux, il recommença le même train de vie qu'il avait mené pendant son premier séjour. Quelque temps après il passa de Rome à Venise où il mourut presque à son arrivée, en 1678.
On a de cet excellent artiste cinquante deux estampes dont les unes représentent des sujets d'animaux, les autres des paysages: elles ont été gravées entre les années 1652 et 1660. Il est remarquable que les pièces marquées de la pretnière de ces dates, égalent parfaitement celles qui furent faites plus tard, non seulement pour la beauté du dessin, mais aussi pour la légèreté de la pointe, et l'on est étonné d'apprendre par ces mêmes estampes, à quel haut degré de perfection Du Jardin était déjà parvenu à l'âge de 17 ans.
Les cochons [Nr. 15 et 16] les chevaux, [Nr. 4] la vache dans le berger derrière l'arbre, [Nr. 23] l'âne dans la paysanne dans l'eau [Nr. 27] les mulets [Nr. 29] etc. sont autant de preuves de l'étude que du Jardin avait fait de ces animaux. Formes, attitudes, mouvements, tout les caractérise avec une vérité frappante. Ses moutons et ses chèvres décèlent le même génie, et ce
n'est que la critique la plus sévère qui puisse trouver dans quelques-uns de ces derniers animaux, un peu de manière. Du reste les eaux-fortes de cet artiste méritent sans contredit un des premiers rangs parmi les plus belles estampes qui aient été produites par des peintres; et s'il a été surpassé dans ses paysages, il ne l'a guère été dans ses sujets d'animaux où l'expression et la vérité des caractères et la conduite d'une pointe fine et spirituelle sont également admirables.
Nous avons décrit ces estampes suivant les numéros que l'éditeur y avait marquées; mais nous avons omis celle marquée du numéro 51, parce que cette estampe a été incontestablement dessinée, et gravée par Nie. Berchem, et non par Du Jardin. Elle est la même dont H. Win ter a donné la description dans son catalogue de l'œuvre de Berchem, sous le Nr. 6.
On a quatre différentes épreuves des estampes de C. Du Jardin. Les premières ne sont point numérotées, et les adresses de G. Falk et P. Schenk ne s'y trouvent pas.
Les secondes portent ces deux adresses et elles sont numérotées.
Les troisièmes sont celles, où les adresses de G. Falk et P. Schenk ont été effacées.
Les quatrièmes, et les plus mauvaises épreuves, sont celles parmi lesquelles les numéros 23, 24, 25, 26, 29, 30, 31, 32, 33 et 34 ont un pouce de moins de hauteur.
ŒUVRE
DE CARLE DU JARDIN