‹ Le peintre graveurChapitre 186 sur 663 · Viande (la) disputée · texte numérisé non relu

Viande (la) disputée

ADRIEN VAN DE VELDE

Adrien van de Velde fut un de ces génies qui se manifestent de bonne heure, et se développent avec une rapidité qui ne connaît point d'obstacles. Dès son enfance, toujours le charbon à la main, van Velde barbouilla, de la cave au grenier, les murailles de la maison: mais ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est que sa passion à tracer toujours les mêmes objets, montrait, à n'en pas douter, ie genre dans lequel il excellerait. Il dessinait avec goût, et par préférence des chèvres, des moutons et des vaches. Wynants en fut étonné; il le prit dans son école, bien sûr de son succès. De si rares dispositions ne sont guère trompeuses. La femme de Wynants fut encore plus hardie dans ses conjectures; en voyant tous les dessins de van Velde, elle dit à son mari : vous croyez avoir un écolier, ce sera votre maître. La suite a vérifié sa prédiction. D'après les conseils de son maître, van Velde s'appliqua sans relâche à l'étude de la nature. Ses progrès furent des plus rapides, comme on en peut juger par les estampes N'"^^- 17, 18, 19, 20 et 21 qu'il fit à peine âgé de quatorze ans. Aidé par son rare génie, il devint bientôt un excellent peintre de paysages et d'animaux. Son assiduité et la facilité avec laquelle il travaillait, faisaient espérer qu'il enrichirait un jour tous les cabinets des superbes productions de son pinceau, lorsqu'une mort prématurée l'en^exa le 21 janvier 1672, à peine âgé de 33 ans.

Le nombre des estampes que van Velde a gravées, ne nous est pas exactement connu: mais en combinat les notices qu'on en trouve dans les catalogues de vente hollandais, on ne les fait pas monter au delà de vingt-deux pièces. Nous n'en avons jamais pu voir que vingt et une, lesquelles ont été gravées en trois différentes années, et où l'on reconnaît aussi trois manières différentes.

Les numéros 17, 18, 19, 20 et 21 sont exécutés d'une pointe fine et un peu maigre; les hachures sont très serrées, l'herbe dans le paysage est griffonnée, et le feuillé des arbres est négligé et sans goût. Ces cinq estampes qu'Adrien, comme nous l'avons marqué plus haut, a gravées à l'âge de quatorze ans, portent l'année 1653.

Les numéros 1 à 10 ont été gravés entre les années 1657 et 1659, lorsque notre artiste avait dix-huit à vingt ans. Nous voyons par ces morceaux, que van Velde avait déjà atteint une grande supériorité. On ne voit rien à mettre au-dessus pour la correction du dessin, la vérité des caractères des animaux, leurs attitudes, la justesse des muscles et la perfection soignée du plus petit détail. La pointe décèle la fermeté d'un maître exercé, elle est plus libre que dans les pièces de l'an 1653, et les traits moins serrés sont plus expressifs.

Les numéros 11 à 16 enfin portent l'année 1670. Adrien les avait gravés deux ans avant sa mort, lorsqu'il était dans sa plus grande force. Le dessin y est admirable, les hachures sont encore plus larges, et chaque trait porte caractère, les terrains et les herbes sont faits d'une pointe nourrie, à peu de frais et d'un goût excellent.

ŒUVRE

D'ADRIEN VAN DE VELDE

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