Pèlerin (le) et le berger
I — 4. Paysages (différents) en hauteur. Suite de quatre estampes 5 — 8. Paysages (différents) en largeur. Suite de quatre estampes I. Pont (le) de pierres
JEAN MIELE.
Jean Mie le naquit en Flandres en 1599. Il eut pour premier maître Guérard Séghers dont il était un des meilleurs élèves, lorsqu'il prit le parti de faire un voyage à Rome. André Sacchi, ayant vu quelques copies faites d'après de bons tableaux par ce jeune artiste, le reçut dans son école, et employa son pinceau à ses propres ouvrages. Sorti de chez ce maître, il s'acquit la réputation d'habile peintre par différents ouvrages considérables qui lui furent confiés. Il obtint en 1648 une place à l'académie de Rome. Enfin Charles Emanuel Duc de Savoye l'appela à sa cour, le nomma son premier peintre, et le décora de l'ordre de S. Maurice. Il mourut en 1664.
Jean M i e 1 e s'est fait connaître d'une manière avantageuse dans le genre de l'histoire par différents grands tableaux de mérite, dont plusieurs églises de Rome sont ornées. Cependant il est encore plus connu par ses sujets grotesques, auxquels il tenait par un goût décidé qui ne le quitta jamais. Ses estampes qui décèlent cette prédilection, nous le montrent comme peintre de bambochades.
Nous n'en avons jamais pu trouver que neuf, mais nous n'osons soutenir qu'il n'en ait pas gravé davantage. Cependant les recherches que nous avons inutilement faites à cet égard, nous portent à croire que l'œuvre de cet artiste se réduit en effet à ce petit nombre, ou que du moins les pièces qui se seraient dérobées à nos perquisitions, ne peuvent l'excéder de beaucoup.
Quoique les caractères des animaux que l'on voit dans les pièces 1, 2 et 3, ne soient pas d'une vérité frappante, tout le reste de ces trois estampes montre un dessin ferme et une pointe légère et spirituelle. Une main plus ferme encore et même hardie, se fait remarquer dans les sujets
de batailles 4, 5 et 6, où toutes les figures, même les plus éloignées, ont de l'expression et sont tracées d'une manière piquante et à peu de frais. La diversité des attitudes de ces figures, et la sage disposition de leurs beaux groupes donnent à ces trois estampes un intérêt d'autant plus admirable qu'elles ne sont faites presque qu'au trait, et que Jean Miele, pour tout clair-obscur, si indispensable cependant dans des compositions riches en figures distribuées sur plusieurs plans, ne s'est servi que de quelques masses de demi-ombres très légères, dont l'habile emploi seul a pu produire l'effet désiré.
ŒUVRE
DE JEAN MIELE.