‹ Le peintre-graveur illustré (volume 2)Chapitre 193 sur 214 · AFFICHES · texte numérisé non relu

AFFICHES

MOULIN-ROUGE (la goulue)

(H. im,7oo millim. L. im,2oo)

Ier Etat. Celui reproduit.

En outre de la lettre du H., 011 lit vers le B. : "I ous les soirs. Moulin Rouge. Les Mercredis et Samedis. BAL MASQUÉ.

Cette affiche en deux feuilles et qui, pour être complète, doit comprendre une bande contenant une partie de la lettre du haut, a été exposée à Reims en 1896 (h l’Exposition Internationale d'Affiches), puis reproduite a diverses reprises ; notons ici, parmi ces reproductions, celles du Courrier Français ( n° du 23 octobre 1S92), des Affiches illustrées , d’Ernest Maindron (1S93), des Maîtres de l'Affiche, pl. 122, y année (1898) et de Fantasia (t" avril 1915).

« La première (affiche), parue voici plus d’un an, célébrait le Moulin Rouge et la Goulue. Elle *. attirait l’œil (pour une affiche ce n’est pas qualité insignifiante) par ses couleurs vives, chaudes, par sa « ligne riche et ample, par une bien personnelle vision du fameux bal.

« Puis, à un examen plus approfondi, l’admiration se portait sur la force sûre et virile qui permit à « l'artiste de largement simplifier formes et tons.

" Quelques traits, de larges à-plats savamment disposés lui suffirent pour fixer ses personnages en * leur attitude propre et établir toute sa composition. Au premier plan, un danseur, ridicule, difforme : « avec quelle ironie amère Lautrec a tracé cette silhouette de pantin lugubre qui se rend grotesque pour v. amuser ses conte.mporains.

« Campée sur un pied dont les muscles se gonflent et se durcissent, la reine du lieu lève la jambe

« gauche, mécaniquement ; et l'on devine sa danse, cadencée par une énervante et râlante musique

" Bien que Lautrec n'ait qu’indiqué par une masse noire la foule pressée et bousculante entourant la dan- « seuse, ne reconnait-ont pas dans chacune de ces ombres chinoises un des tvpes parisiens mille fois ren- « contrés...

« Quel ad nirable symbole d'une époque qui hoquette, ce duo de pauvres bougres payes pour« faire la bète (Frantz Jourdain, la Plume , année 1893, p. 4S9).

Page 1