‹ Le peintre-graveur illustré (volume 2)Chapitre 212 sur 214 · LA PASSAGÈRE DU 54 ou PROMENADE EN YACHT · texte numérisé non relu

LA PASSAGÈRE DU 54 ou PROMENADE EN YACHT

(H. 590 millim. L. 397)

Ier Etat. Avant la lettre. Etat tiré à 100 épreuves en couleurs, numérotées et timbrées (non compris quelques épreuves d’essai et de passe et épreuves de la planche noire seule, état reproduit).

Avec la lettre. On lit : SALON DES CENT — 5/ rue Bonaparte , EXPOSITION INTERNA- TIONALE d’affiches . lmp. Bourgerie & C'\

VENTES G. :Pochet (1902), 2 épreuves, 47 fr. ; Anonyme, 6 mars 1907, en couleurs, 31 fr. ; 2 épr. de la pl. noire seule, 64 fr. ; G. Viau (1909), 50 fr. ; A. Ragault (1910). 2 épreuves, 35 fr. ; P*** (G. Petitdidier, 1913), 80 fr. ; Anonyme, 28 février 1914, 2 épr. (une de la pl. noire seule), 100 fr. ; Roger Marx (1914), 3 épr. (une de la pl. noire seule), 180 fr.

Le sujet de cette lithographie est inspiré d'un croquis exécuté par H. de Toulouse-Lautrec au cours d'une traversée qu’il fit de Bordeaux à Lisbonne, à bord du Chili, en compagnie d’un de ses meilleurs amis, M. Maurice Guibert. Elle a été ainsi appréciée dans la préface du catalogue de l’Exposition qui eut lieu h Toulouse (4-14 décembre 1907), dans les salons du Télégramme :

€ Une femme assise sur un coin de yacht, abritée du soleil par la toile grise de la tente, le buste érigé, les genoux recouverts d’un plaid, vêtue d’une chemisette claire, monochrome; le cou sanglé, le chignon jaune, lourd et bas, coiffé d’un minuscule canotier qui exagère la mode... Derrière la rampe ouvragée du bastingage, la mer bleue, d’un bleu sourd, vaguement laiteux, où quelques sinuosités blanches indiquent le mouvement des vagues... et le ciel pointillé du même bleu et de blanc à l’horizon... Un steamer vogue au loin, empanaché de fumée noire.

« Cela n'a pas de titre ; msis l’attitude hautaine de cette femme sur le décor simple, le profil de ce visage où l’œil marque une petite tâche d'un bleu dur, cette silhouette nue parle et synthétise le roman.

<r Oh ! pas de regard loin ! pas de songerie ailée vers le rivage qui disparaît où celui qui va naître, vers le vaisseau de là-bas qui charrie des attentes, des regrets, des vies humaines!... Cette femme tout près d’elle-mème, dressée dans son égoïsme orgueilleux, reine du yacht, dominatrice de celui qui le possède et le gouverne, dédaigneuse des paysages ; cette princesse, c'est la maîtresse grande dame, la maîtresse sans entrailles, mais d'élégance noble, d’orgueil et de luxe ».

Louis Lacroix.

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