‹ Le peintre-graveur illustréChapitre 33 sur 41 · VICTOR HUGO, DE FACE · texte numérisé non relu

VICTOR HUGO, DE FACE

iUim. L. 175)

(Cat. Roger Max, 11° 7 — 3 états décrits).

Etat. Avant de nombreux travaux, et avant que la base du crâne de la tête du Victor Hugo en croquis, n'ait été gravée. Probablement unique. Etat reproduit. Collection de M. Albert Pontremoli. Etat reproduit très réduit dans : auguste rodin, Statuaire, par Léon Maillard.

— Le croquis de Victor Husro modelé par de nouveaux travaux, notamment derrière la tète. Sans autre différence matérielle. Très rare. Etat reproduit. British Muséum, Collections de M"'" la C'" de Béarn, MM; Alf. Beurdeley (épr. de Pochet), Max Biach, Gottfried Eissler, Loys Delteil, Marcel Guérin, B°° A'itta.

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\/y État. Avec de nouveaux travaux sur le masque principal, et avec les initiales A. R., sous le vêtement à gauche. Peu commun. État reproduit. Collection de MM. F. Bracquemond, J. Doucet, R. Marx, E. Moreau-Nélaton. Dans la collection de M. Roger Marx, une maculature d"épreuve pour la coupure du cuivre, porte en marge : bon à tirer :;o cpr. 1J4 col. en deux fous suivant modèle avant de couper le cuivre, pais 60 ijS col. cuivre coupé Hollande jaune.

1/4' — Sans différence dans les travaux; mais le cuivre diminué, ne mesure plus que 159 millim. de L., au lieu de 175. Etat publié dans Tédition de luxe de la Gazette des Beaux-Arts (mars 1889),

j^ éiai.

5» État. Avec la lettre. On lit au M. : victor hugo. Etude à la pointe sèehe par M. A. Rodiii. — Galette des Beaux-Arts. — iDip. A. Clément, Paris. Etat publié dans la Galette des Beaux-Arts (mars 1889). M. G. Bourcard, dans : A Travers Cinq Siècles de Gravures, indique à tort que l'état publié dans la Galette, est sans le croqiieton ; celui-ci n'a jamais été effacé.

État. La lettre est effacée ; un petit amour se dirigeant à gauche et dont nous donnons ci-contre une reproduction, est gravé dans le^bas à gauche, en guise de remarque. Cette petite remarque exécutée en 1900, est

cataloguée à part, par M. Roger Marx qui l'a mentionnée sous le n° 12 de son essai de catalogue de l'œuvre gravé de Rodin. Il a été tiré quelques épreuves de la remarque seule.

— Avec une nouvelle lettre. On lit alors : Rodin se. — victor HUGO. Etat tiré sur un galvano et publié dans « Les Pointes sèches de Rodin », par Roger Marx, 1902 (tiré à 100 exemplaires).

Le Victor Hugo de face, est porté sur le catalogue des Estampes et Livres édités par la Gaiette des Beaux-Arts, (année 1904) au prix de 10 francs (épreuves avec la lettre).

VENTES : Champfleury (1891), avec le n» 7 de notre cat., épreuve avec dédicace, 202 fr., G. Pochet (1902), 2» état, 275 fr. ; Anonyme, mars 1905, y état, 400 fr. et 195 fr. ; 4" état, 105 fr. ; Anonyme, mai 1905 (C" Mathéus), y état, 240 fr. ; P. Leroi (1907), 3' état, 440 fr. ; Anonyme, 29 janvier 1908, 2» état, 850 fr. ; Anonyme, 29 mai 1908, 2» état, avec le 2" état du n° 6, 1.501 fr.; Anonyme, i" février 1910, 3' état, 250 fr.; Anonyme, 4 novembre 1910, 1' état, 1.200 fr.; 3" état, 400 fr.

Le Victor Hugo, de face, a été reproduit en 2" et 3° états, dans le n" de mars 1903 du « Studio », et en 2° état, dans l'exposition de Hauts-reliefs pour une Décoration d'Architecture et pointes sèches par Rodin, au Musée du Luxembourg (Février-Mars 1905).

Il existe quelques épreuves truquées du Victor Hugo de face, dans lesquelles les initiales A. R., n'ont pas été encrées, non plus que la lettre du bas ; ces épreuves sont à rejeter, d'autant plus qu'elles sont tirées sur le cuivre déjà usé.

Nous sommes particulièrement heureux de pouvoir montrer aux lecteurs de la Galette, une des « œuvres maîtresses de cette petite exposition (i). Ce n'est rien sans doute pour l'artiste qui l'a exécuté « — un des plus grands — des plus originaux de notre époque ; on le saura demain quand seront « publiquement exposés les importants travaux de sculpture auxquels il donne la dernière main, — ce ■s: n'est rien, et pourtant l'on est frappé de l'extraordinaire intensité de vie physique et de vie morale, de « pensée, qui éclate dans ce masque de Victor Hugo tracé sur le cuivre nu en quelques traits de pointe. « M. Rodin ne nous pardonnerait pas de lui prodiguer les louanges à propos d'une œuvre qu'il a créée en « se jouant; nous dirons cependant que dans ce croquis nous sentons la griffe d'un maître. Quant au « portrait nous n'en connaissons pas qui rende plus fidèlement, plus complètement le modèle. Victor Hugo « est là tout entier, l'homme et le poète. A côté de cette étude M. Rodin en exposait une seconde où les « traits du poète sont retracés de trois-quarts, œuvre également précieuse qui complète la première et

« précise l'image. L'une et l'autre seront vivement recherchées des amateurs et des bibliophiles quand

« il sera trop tard pour les avoir ». (Galette des Beaux-Arts, mars 1889).

'tivre existe (mais complètement usé).

(i) Exposition des Peintres Graveurs Français.

Le Vidor Hugo, âe face, a été non seulement reproduit par la simili-gravure, mais également par un procédé quasi-trompeur : l'héliogravure. Il existe pour le moins, deux de ces reproductions, et en dépit des difficultés qui se présentent, nous allons en tenter quand même une analyse. Ne suffît-il d'ailleurs pas d'attirer l'attention des amateurs sur ces reproductions, pour les mettre en garde contre elles? La confusion s'augmente, ajouterons-nous, pour la première des deux reproductions que nous allons signaler, de la signature manuscrite consentie par Auguste Rodin, mal conseillé en la circonstance, au bas de quelques épreuves.

La première de ces reproductions mesure à l'empreinte du cuivre 223 millim. de H. sur 158 de L. ; les dimensions approchent singulièrement comme on le voit, de celles du cuivre original. Mais l'aspect de cette reproduction est alors tout autre : le trait, maigre et interrompu — comme le ferait une plume qui aurait inégalement attaqué le papier — est sans aucun relief, ni puissance : tout parait plat, incolore et sans liaison : c'est absolument le contraire dans la planche originale, même dans les épreuves postérieures. Un œil un tant soit peu exercé en sentira l'entière différence qui ne saurait s'analyser avec plus de précision, ni dans d'autres termes.

Signalons encore un trait échappé qui figure dans cette héliogravure et se trouve à une distance de 46 millim., du bord latéral droit et à 11 millim. du bas du cuivre. Enfin comme d'usage, cette reproduction ne porte naturellement pas de lettre, en dehors des initiales A. R. Les exemplaires que nous en avons rencontré sont généralement tirés sur un papier grisâtre imitant le papier de la Chine, quelquefois sur papier du Japon.

La seconde reproduction à laquelle nous faisons allusion, mesurant 225 millim. de H. sur lôade L., se peut reconnaître à une vingtaine de points noirs qu'on voit dans le coin de droite et n'existant pas sur le cuivre original. Vers le bas de cette reproduction, qui ne porte aucune légende, figure une grande rayure transversale et presque horizontale, à l'endroit où logiquement devrait figurer la lettre, étant donné l'époque où ont été tirées les dites épreuves; celles en effet, auxquelles nous faisons allusion portent en filigrane dans le papier le nom de l'imprimeur, précédé de sa lettre prénominale : a., porcabeuf. Or, la lettre ayant été gravée comme on le sait, sur le cuivre original, dès l'année 1S89, pour sa publication dans la Ga:[ette des Beaux-Arts, et M. Alfred Porcabeuf n'ayant commencé à user d'un ^-à^iev filigrane à son nom qu'à dater du mois de juillet 1901, il appert de ce fait matériel indiscutable que les épreuves sans aucunes lettres tirées sur le papier que nous venons de désigner, appartiennent bien à une reproduction postérieure d'une douzaine d'années au tirage avec la lettre du cuivre de Rodin.

Il a été tiré, cela va sans dire, un assez grand nombre d'épreuves de ces deux falsifications; on les rencontre donc facilement.

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