LA CHAUMIÈRE DU COLON
(H. 0,064 millim. L. 0,060)
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(Cat. Ph. Burty, n* 68 hit — 3 états décrits).
i" Etat. Avant le ciel, avant le filet d'encadrement du haut, et avant toute lettre. British Muséum (épr. de
la coll. Burty, datée au crayon : 7 mai 66), M. L. R. Garnier (épr. de la coll. S. Haden). a' Terminé, mais avant toute lettre. British Muséum (épr. de la coll. Burty).
3° Avec la lettre. L'état reproduit.
VENTE : A. Wasset (1S80), 3* état, 18 fr. ; >• état, ij fr.
Cmitre éHruil t
1856. / élat.
\" Etat. Avant toute lettre, avant le ciel et avant un grand nombre de travaux sur diverses parties de la
planche.
2' — Presque terminé ; l'un des deux médaillons a été effacé. 3' — Terminé ; le portrait qui avait été effacé, est regravé. Avant la lettre. 4" — Avec la lettre. L'état reproduit.
VENTES : ]. Niel (1873), i" état ? 78 fr. ; 4' état, 31 fr. ; Anonyme (avril 1902), 4" état, 19 fr. ; H. Giacomelli (1905), 4' état, 11 fr. ; Anonyme, mai 1905 (C" Mathéus), 32 fr. ; V. Bouvrain (1906), 4" état, 20 fr.
Au sujet de cette eau-forte, d'une dimension inaccoutumée, Meryon tint Burty au courant des péripéties de son travail ; nous retranscrivons ici les passages intéressants des lettres qu'il lui écrivit :
Comme il arrive nécessairement par suite de la nature même de l'instrument, ces différentes vues (il avait été fourni à Meryon cinq daguerréotypes pour graver ce panorama) ne pouvaient se raccorder que d'une manière très-imparfaite, la confusion et la non-verticalité des bords rendant la coïncidence impossible. De plus, l'opérateur, pour obtenir l'ensemble, avait été forcé de faire décrire un angle très-sensible h la lunette, d'où résultait une déviation considérable des grandes lignes de perspective, si bien que dans le centre surtout, il devenait obligatoire de remédier à cet inconvénient capital. Autre fait inhérent à l'épreuve daguerrienne, les parties profondes étaient de plus en plus diffuses à mesure qu'elles s'éloignaient du point de vue de l'objectif. Force me fut donc, avant de faire mon calque, de redresser chacun de ces dessins
Se rendre compte de l'aversion que j'éprouvais h mener à fin cette besogne longue, ardue et
ingrate, est chose facile si l'on veut se mettre à ma place. Il y avait de quoi rebuter l'homme le plus patient du monde ! Ce qu'il y avait de dur par dessus tout, c'était l'obligation de fixer attentivement tous ces objets, tantôt reproduits avec une précision étourdissante, tantôt, au contraire, diffus, quelquefois même ayant subi de telles déformations de lignes et de couleurs, qu'il devenait presqu'impossible d'en connaître la forme. C'est ainsi que je ne parvins à démêler une espèce de chapelle, ;i peu près au premier plan, à droite, qu'après l'avoir cherchée, le daguerréotype devant mes yeux, dans mes moments de répit, pendant une huitaine de jours au moins. Il y avait au centre surtout, comme un cahos, une fondrière causés par cette déviation de lignes dont j'ai parlé, qui donnait le vertige
ICISCO
(Cat. Pb. Butty, n» 93 — ) états dicrits) .
Le jour où je versai sur ma planche couverte la traîtresse liqueur (l'acide nitrique ou eau-forte),
par quelles émotions ne passai-je pas I Ce fut presque pour moi une question de vie on de mort 1 EnGn,
grâce à un destin propice, extraordinaire, il faut en convenir, le résultat parut dépasser mon attente
Cependant, un moment, je fus gravement inquiet La rouille avait empli les tailles, je ne pouvais plus
suivre l'effet du mordant I Un homme du métier que je consultai dut me donner un remède scabreux, que j-'eus le bon esprit d'appliquer convenablement, et je sauvai ma planche de ce pas diflicite
Pendant une bonne partie de l'opération, j'avais travaillé à l'aveuglette ne voyant pas ce qui
se passait sous le mordant, j'avais augmenté progressivement la dose d'acide nitrique jusqu'à une forte proportion. Quand j'enlevai le vernis, je vis avec un contentement extrême que la morsure était convenablement graduée
J'eus donc une première épreuve, dure, mais aussi complète que je l'aurais pu désirer
Dans le premier état que j'ai dû détruire, il y avait quelques particularités je ne les rapporterai pas ici Pour la terminer, je teintai, tant avec l'eau-forle d'abord qu'ensuite à la pointe sèche, toutes
les parties qui le demandaient, et fis aussi le ciel. En dernier iieu seulement, j'ajoutai les deux portraits qui figurent à droite et à gauche du cintre du cartouche.
fit
La vue panoramique de San-Francisco fut commandée à Meryon par deux banquiers, MM. J. B.
Bayerque et A. Pioche.
 l'époque où j'exécutais cette gravure, j'avais eu la pensée pour éviter cette solution de continuité qui existe au centre, d'y figurer le feu avec flammes et fumée, s'élevant dans le ciel, et des oiseaux de proie tourbillonnent au-dessus ; mais pressé comme je l'étais, je n'ai pu donner suite à cette idée (Mcryon.
mes observations).
Meryoïi ne voulut me fournir aucune espèce de renseignements sur les divers états de cette planche. Elle fut achetée à M. Niel, peu de temps avant sa mort, par Cadart, qui la proposa ensuite sans succès à la Calcographie du Louvre, pour i.ado fr., avec 35 épreuves tirées (Ph. Burty, notes manuscrites inédites).
L* cunrt existe : t? tffartieml i M. P. Keffel.