‹ Le peintre-graveur illustré; XIXe et XXe sièclesChapitre 67 sur 148 · Les Cerfs au bord de l'eau · texte numérisé non relu

Les Cerfs au bord de l'eau

Les cuivres des planches de ces deux cahiers existent, et font partie du fond des planches de la Chalcographie du Louvre.

Faisant allusion aux eaux-fortes exposées par Daubigny aux salons de 1841 et de 1845, Frédéric Henriet écrit : « Déjà se formait pièce à pièce cette charmante collection (1), tant appréciée des amateurs, » qui à elle seule assurerait à l'artiste une réputation durable. La finesse et la légèreté du travail, la fraî- « cheur et le charme des motifs distinguent ces vives improvisations où le peintre et le coloriste se « révèlent à chaque trait. Ce sont pour la plupart des souvenirs du Dauphiné, du Morvan où des îles « Bezons : des eaux paresseuses qui dorment sous les nénuphars, à l'ombre de leurs rives boisées, des « bois silencieux, des sentiers solitaires où s'égarent les amoureux, de blondes et tièdes journées d'avril, « avec des joyeux concerts d'oiseaux dans les branches, des vergers au printemps, tout cela chatoyant, « soyeux, plein d'air, de brises et de rayons, coloré comme des peintures, imprévu comme des croquis. « Jamais ici l'outil du graveur ne prend le pas sur le sentiment du peintre. Daubigny n'a pas ses façons « particulières de rendre les eaux, les arbres ou les terrains. Il se détermine selon son inspiration du « moment, il évite ainsi la monotonie dans les travaux et ne se crée point d'habitudes. >

(1) Les deux cahiers.

« C'est dans cette première série qu'il faut chercher peut-être les pièces les plus exquises et les plus « savoureuses de l'œuvre gravé de Daubigny. »

« Rappelons — ajoute F. Henriet — que les premiers tirages des deux cahiers sortent de chez <r Beillet, quai de la Tournelle, dont l'imprimerie était à proximité du peintre; puis les planches passaient <r chez Delàtre, qui substituait son adresse à la première, pour de là, revenir encore chez Beillet, qui <r rétablissait ses nom et adresse. Entre temps, il a été tiré des épreuves sans lettre, sinon avant la lettre, < avec traces d'effaçages. Dans une des nombreuses pérégrinations de ces cuivres, il en a été habilement « tiré par Delatre quelques épreuves sur papier japonais dont le ton lumineux atténue la fatigue de la « planche et dissimule la lourdeur des noirs. *

Daubigny avait songé à réunir plusieurs de ses autres eaux-forles également en cahier; ce sont celles que Frédéric Henriet mentionne comme faisant partie du « Cahier de la deuxième série»; mais leur publication en cahier fut très irrégulière, et bien qu'une planche porte un n' u (le Bac de Bezons, la seule pièce chiffrée d'ailleurs), le biographe de Daubigny, cependant bien informé, n'indique dans son précieux ouvrage que neuf planches intercalées dans le cahiei de la 2» série. Ce sent les planches que nous cataloguons sous les nM 81 à 85, 88,90, 91 et 96 du présent livre et dont plusieurs eurent depuis une autre destination comme par exemple, le Marais aux Cigognes et la Plage de Villerville, rééditées dans la Galette des Beaux-Arts.

Nous avons fait tous nos efforts dans le but d'établir, d'une manière aussi claire et aussi précise que possible, la nomenclature des états des planches composant les deux cahiers(i) et publiées a huit ou neuf reprises ainsi qu'en témoignent les variantes de la couverture. Nous n'osons croire que nous avions aussi complètement réussi que nous le désirions; la classification des états de ces pièces se complique en effet, non seulement des tirages assez souvent définissables par des variantes probantes et indiscutables, il est vrai, mais aussi d'épreuves où, soit l'adresse, soit le nom de l'artiste, soit enfin le numéro d'ordre, n'ont pas été encrés; et ce, le plus souvent, avec intention, ce qui ajoute à la confusion et parfois à l'incertitude de l'antériorité des épreuves. Nous espérons toutefois avoir approché très près de la vérité, par la comparaison entre elles d'un grand nombres d'épreuves.

(1) N01 66 à 78 du catalogue.

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