‹ Le peintre-graveur illustré; XIXe et XXe sièclesChapitre 89 sur 148 · LE BUISSON, d'après J. RUISDAEL · texte numérisé non relu

LE BUISSON, d'après J. RUISDAEL

Etat.

(Cat. F. Henriet, n" 73 — 3 états décrits).

i,r Etat. Avant la lettre, à l'état d'eau-forte pure, avec la signature à la pointe, sous le T. C. à D. : Dciubigny. « Etat très curieux par l'esprit du travail et la fermeté du dessin ». (F. Henriet.) Très rare. Bibliothèque Nationale, Bibliothèque publique de New-York. État reproduit.

2' — La planche est remordue dans son ensemble, plus spécialement le ciel dont les valeurs ne sont pas très raccordées. Sans nouveaux travaux. Dans cet état, le dos du chien du premier plan qui était blanc dans le précédent, est ici couvert de petits points ou piquots résultant d'un accident d'acide. Fort rare. Bibliothèque Nationale.

y — Avec de nouveaux travaux dans le ciel et avec des contre-tailles obliques de droite à gauche, sur l'église et les bâtiments qui l'entourent, dans le fond à gauche. Très rare.

ÏlA

S Etat.

4" Avec de nouveaux travaux dans le ciel qui en modifient l'esprit. Etat définitif. La signature à la

pointe : D.iubigny est enlevée. On lit alors, tracée à la pointe, sous le T. C. à G. : /. Kuisdael pinxit, et à D. : C. Daubigny sculp. 1851. Etat reproduit.

11 a été tiré de cet état — avant le tirage de la Chalcographie du Louvre — dix ou douze épreuves très soutenues, préférées — a écrit F. Henriet — par les amateurs aux épreuves plus froides et plus classiques de la Chalcographie.

5* — Avec la lettre. Outre les signatures signalées à l'état précédent, on lit en marge : LE BUISSON.

VENTES : Léon Gaucherel (1886), i"état, 1 1 fr. ; 2' ou 3' état, 29 fr. ; Geoffroy-Dechaume (1893), !" état 50 fr.; 2e ou y état, 25 fr. ; Anonyme, 2-3 avril 189^ (Emile J***), i« état, 1 fr. ; A. Lebrun (1899), 2« état, 39 fr. ; Anonyme, mai 1905 (ClB Mathéus), 1" état, avec une autre pièce, 165 fr.; 2e état, avec le n° 93 de notre cat., 12^ fr. ; A. Reurdeley, (1920), 2' état (épr. de Lebrun), 50 fr.

Cette eau-forte commandée à Daubigny sur les fonds de la liste civile impériale en 18^3, pour la Chalcographie du Louvre, a été exposée au Salon de 1857, sous le n° 3175, puis réexposée à l'Exposition Universelle de 1867.

« Le comte de Nieuwerkerke, directeur général des Musées, chargea Daubigny de traduire le Buis- « son, de Ruisdael, qu'aucun graveur n'avait encore abordé. Daubigny s'est très honorablement tiré de « cette tâche délicate. Il a rendu le chef-d'œuvre du maître de Harlem, non point en habile croiseur de '< tailles, mais en peintre qui interprète un autre peintre et qui va droit au sentiment du modèle. Il est « arrivé à la puissance d'effet de l'original et il en a exprimé en même temps l'austère mélancolie. A « l'exemple des maîtres des belles époques de la gravure, Daubigny a exécuté sa planche avec une grande « simplicité de moyens. Il n'a guère fait usage que de l'eau-forte et de la pointe sèche. Il s'est peu ou ' point servi du burin... Il a rigoureusement proscrit l'emploi des roulettes et autres travaux mécaniques. « Il y a suppléé par des bains énergiques et répétés ; son œuvre doit à ces hardiesses de morsures sa fran- « chise et sa vigueur, mais le dessin s'est jusqu'à un certain point alourdi et la planche y a perdu un peu « de l'esprit et de la finesse qui distinguent le « premier état > d'eau-forte pure si recherché des ama- « teurs. » (F. Henriet, C. Daubigny et son œuvre gravé, p. 61.)

Le cuivre existe (Chalcographie du Louvre).

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