Le Sacrifice
Sacrifice dans le goût d'un bas-relief
antique. Vers la gauche, un jeune prêtre
placé près d'un autel, semble jeter dans
le feu du parfum qu'il prend d'une cas-
JÉRÔME MOZZETO. 2S1I
sette. Un autre prêtre, vu de profil, renverse aussi dans le feu une écuelle qu'il tient de la main droite. Au bas de Tautel sont trois enfans. Vers la droite est un grand nombre de figures, parmi lesquelles on remarque une jeune femme entre deux hommes, dont Tun porte une torche allumée, l'autre une corne d'abondance.
La marque Fig. 6. b. est gravée vers la gauche d'en bas.
Hauteur: 11 p. 4 lignes? Largeur: 7 p. 4 lignes?
8. Bataille, Plusieurs cavaliers armés de toutes pièces, combattant ensemble. On en remarque, vers la droite, quatre qui combattent à pied, et, au milieu, un guerrier qui tombe à reculons, se couvrant de son bouclier. Un autre soldat tombé, levant le bras droit, se voit sur le devant de la gauche. Au milieu d'en bas est gravé HIE- R0NIMU8, nom de baptême de Mozzelo, qui a gravé cette estampe.
Largeur: 15 p. 3 lignes? Hauteur: 10 poucea?
Plusieurs auteurs assignent à ce tnattre pour patrie la ville de Mantoue, pottr date de sa naissance Tannée 1451, et |>ODr celle de sa mort Tannée 1517. L'abbé Zani prouve, que Manfegna naquit à Padoue en 1431, et qu'il mourut à Mantoue le 16 Septembre 1506. (Materiali etc. p. I4l, 144 et 236.)
Sans nous étendre ici sur ce qui concerne la vie d'André Mantegna que plusieurs biographes ont décrite d'une manière très-circonstanciée, flous nous bornerons à dire, que de pâtre il devint disciple de Frcmcoiè Sqiiarcione, peintre de Padoue, et successivement son fils adoptif et son héritier; qoè Louis Gonzague duc de Mantoue le créa chevalier en 1468, et qu'il fut appelle à Rome en 1484 par le pape Innocent VIIL
C'est à tort que quelques auteurs nomment Manfegna l'inventeur de la gravure;
il y en a d'autres qui croient seulement qu'il a été le premier qui ait exercé cet art à Rome : ils se rapportent à Vasari qui dit: les ouvrages de Baldini étant venus à la connoissance de Mantegna à Rome, ce-lui-'Ci commença aussi à graver beaucoup de ses desseins. (Vasari. T. VII. p. 131.) En ce cas Mantegna n'auroit commencé à graver qu'après Tannée 1484, c'est-àdire trente-deux ans après la découverte de Maso Finiguerra, ce qui ne paroît pas vraisemblable à l'abbé Zani (p. 65) qui croit, qu'une découverte de ce genre doit avec raison avoir fixé l'attention et la eu-riosité générale, qu'elle n'aura pas tardé à se répandre dans toule lltalie, et que par conséquent - Mantegna aura sûrement oui-parlér de cette découverte, étant encore à Padoue sa patrie, d'autant plus que nous savons, qu'il ne passa à Mantoue qu'en 1 468, c'est-à-dire, 1 6 ans après que Maso Finiguerra eut gravé et imprimé la fameuse Paix de Tassomption.
Nous dirons à l'abbé Zani que, quelque juste que soit son raisonnement, il n'en est peut-être pas moins en erreur.
Nous avons, ce nous semble^ montré
clairement dans notre Essai sur la découverte de timpression des estampes^ que la découverte de Maso n'a point fixé l'attention générale, ainsi qu'on devroit le croire, et que le croit Tabbé Zani, et qu'elle a beaucoup tardé à se répandre, particulièrement en Italie. Il est donc trèsvraisemblable, que Manteyna n'en a eu connoissance qu'après 1484, et qu'ainsi Vasari qui à la vérité n'est pas toujours très-exact, peut l'avoir été cette fois-ci.
Ajoutons que Mantegna a gravé plusieurs planches du même triomphe de Jules César (N^ 11-14. de ce catalogue) qu'il a exécuté en peinture à Mantoue, c'est-àdire après 1 468. Est il vraisemblable, qu'il ait gravé d'avance à Padoue ce triomphe qu'il ne devoit exécuter en peinture qu'après coup à Mantoue? Ajoutons de plus que, ces planches du triomphe paroissant être les premières productions du burin de Manteyna, les autres estampes de ce maître ont été, suivant toute apparence, gravées, sinon après 1484, du moins pas avant 1468, et que par conséquent elles n'ont pas cette ancienneté que l'abbé Zani veut leur attribuer.
On a raison de faire les plus grands éloges des estampes de Mantegna^ en les appliquant au dessein savant que l'on y admire ; mais c'est un bouleversement d'idées que de prétendre que Mantegna a perfectionné la gravure, et qu'il l'a portée au plus haut degré. Ce maître a tracé les contours de ses figures d'une correction et d'une grâce admirables, mais la taille, dont il a exécuté les ombres, est sans le moindre goût: on y désire cette conduite de hachures si propre à exprimer les formes et les muscles, au lieu de laquelle il n'a employé qu'un assemblage de traits parallèles tout roides. Il n'y a ni burin délié, ni hachures croisées d'une manière convenable; il ny a par conséquent pas de perfection à l'égard de la taille.
Les estampes de Mantegna ayant été avec raison applaudies généralement pour la grande beauté du dessein qu'elles offrent, plusieurs graveurs de son temps, particulièrement Jean Antoine de Bresse et Jean Andréa, ne pouvant guère trouver de modèles plus dignes, en ont fait différentes copies, dont plusieurs sont très-
JIIL Fol P
fidèles. D'autres graveurs imitant sa manière de graver, ont produit des estampes qui, pour la taille, ne ressemblent pas mal à celles gravées par Manlegna même.
Par ces ressemblances plusieurs amateurs et même quelques auteurs ont été induits dans l'erreur de prendre pour répétitions gravées par le grand artiste même, les copies que d'autres avoient faites d'après ses pièces originales, et de lui attribuer nombre d estampes auxquelles il n'a pas eu la moindre part. En confondant ainsi les véritables pièces originales de notre artiste avec les copies et les piècesr approchant de son goût, ils firent monter à plus de quarante ou cinquante pièces l'oeuvre de Mantegna qui de fait ne contieitt que les vingt-trois pièces, dont nous donnons ici le détail.
ANDRE MANÏEGNA.
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