‹ Le peintre-graveur (volume 2)Chapitre 228 sur 285 · Chasse au lion · texte numérisé non relu

Chasse au lion

Un jeune prince chassant un lion. Il est à gauche, monté à cheval et accompagné d'une douzaine de cavaliers. Ils sont de front avec quatre chasseurs montés à cheval qui se voient au milieu de l'estampe, poursuivant le lion. Cet animal se fait remarquer à droite, à la lisière d'un bois.

11 a un chien sous ses pattes. Au-devant de ce même côté on voit deux bergers qui jouent paisiblement de leurs flûtes. Ils sont à genoux près de deux vaches, dont une est debout, l'autre se repose. En avant de cette dernière un homme nud est couché par terre. Au milieu du devant, parmi les trois garçons de chasse qui poursuivent le lion à pied, il y en a un qui relève un cavalier tombé de son cheval. Le fond offre un pays montueux, où l'on remarque

à gauche deux chaumières au. pied d'une montagne. Les lettres P P à rebours et jointes avec un paraphe qui teur donne l'air de deux RR, sont gravées au milieu du bas de la planche (Fig. 16. d).

Largeur: 5 p. 2 lig. Hauteur: 4 p. 4 lig.

2. Bacchanale ait Silène, Au milieu de ce morceau Silène est porté entre les bras de deux Faunes et d'un Satyre. On remarque à droite un homme, les pieds dans l'eau, s'efforçant de prendre sur sou dos une femme extrêmement .grosse. Eulre ce groupe et celui du Silène se voit un homme portant un autre homme sur le dos, A gauche sont deux faunes, dont l'un joue (le deux flageolets, l'autre tient un chalumeau. La marque (Fig. 16. c.) est vers la droite d'en bas, sur une souche.

Largeur: 8 pouces Hauteur: 5 p. 5 lig.

Ce morceau est une copie en contrepartie de N®. 20. des estampes d'André Muntegna. Elle est faite trait pour trait, et trèsbien gravé.e.

3 La puissance de F Amour.

T-el est le nom que l'on donne commu-

Tiément à un sujet emblématique qui pourroit bien avoir quelque autre signification, mais qu'il seroit toujours difficile d'expliquer. Nous nous contentons de donner ici le détail des figures qui le composent.

On remarque d'abord au milieu de l'estampe un jeune homme nud debout sur un piédestal. 11 tient de la main droite une torche et de l'autre le croissant, dans la concavité duquel on aperçoit la figure d'un homme à cheval qui va au galop; C'est à ce jeune homme qu'un vieillard à genoux sur un second piédestal, présente une petite idole qu'il tient de ses deux mains. .

Sur un troisième piédestal, en avant de celui du milieu, est un autre vieillard couché et, à ce qu'il paroît, endormi. Sur un quatrième piédestal qui est à droite, est assise une femme ayant un enfant entre les bras. A ses deux côtés sont debout deux autres mères, dont l'une porte son enfant sur les épaules, l'autre sur le bras gauche. On voit au-delà de celle-ci deux femmes, dont chacune porte un vase sur.

la tête. Sur un cinquième piédestal, à la gauche de l'estampe, sont debout à côté l'un de l'autre, un homme et une femme

nuds qui portent un grand vase. Sur le devant de ce même côté, un homme nud est assis sur un cheval, ayant un cheval de main auprès de lui. Sur le devant de la droite, une fille se baigne les pieds dans un petit ruisseau. Un peu plus vers le milieu, on remarque un jeune homme qui dort assis à terre, ayant la tête appuyée sur sa main gauche. Plusieurs autres figures encore sont disposées parmi celles que Ton vient de détailler. Une des plus singulières est un homme qui, au lieu de la jambe gauche, a un lévrier vivant. Cet homme est représenté endormi et couché à terre sur le devant de la droite. Le fond offre une espèce de temple ou d'amphithéâtre découvert et magnifiquement orné de colonnes de différentes formes, décorées et surmontées de bas-reliefs et de petites statues. Un grand nombre de femmes et d'enfans de tout âge, et qui portent des torches, Tenvironnent. Ce morceau est extrêmement remarquable par la variété des attitudes des figures nombreuses qui entrent dans sa composition, ainsi que par la correction, la précision et le gracieux qui régnent dans

le desseiu. Les ombres y étant presque généralement produites par ce que l'on peut \oir de plus délicat en travail de la pointe sèche, donnent à cette estampe lair d'un dessein fait à la plume et lavé à Tencre de la Chine du plus grand fini. Au milieu d'en bas sont les lettres PP entrelacées d'un paraphe (Fig. 16. a.).

Largeur: 8 p. 6 Itg. Hauteur: 6 p 7 lig.

On a de ce morceau deux épreuves très-différentes.

La Première est très-délicatement gravée. Des deux lettres PP on ne voit que les parties supérieures (Fig. 16. b.), les jambes de ces lettres et le paraphe qui les joint, sont effacées.

La Seconde, est tirée de la planche, après qu'elle a été retouchée au maillet par quelque orfèvre peu habile qui a gâté la planche, d'autant plus qu'il n'a pas terminé tout le sujet; car la figure du jeune homme <|Mi tient le croissant, celle du vieillard à genoux qui lui présente une idole, cinq figures du devant de la droite, et l'archîteeture du fond de ce même côté sont restés dans l'état, où fut réduite la planche, lorsqu'il entreprit de la retoucher; c'est-

à-dire que toutes ces figures désignées sont très - foiblement exprimées , la planche ayant été trop usée. II y a à remarquer, que dans cette épreuve les deux lettres PP et le paraphe qui les joint, sont l)ien exprimées.

On a de ce morceau une copie mal gravée par /. Hop/er en contre-partie de l'estampe originale. ^

Appendice.

L'abbé Lutni (Tome I. p. 83 ) et Tabbé Zani (Materiali etc p. 129)- parlent dune estampe de ce maître que nous n'avons jamais eu l'occasion de voir, mais que nous ne croyons pas pouvoir passer sorus silence.

EUe représente le corps mort de Jésus- Christ àié de la croix ; composition de quinze figures principales. L'estampe est marquée en bas des deux letti'es PP liées par leurs jambes dans une espèce de noeud.

EUe porte 7 pouces, 6 lignes de hauteur, sur 6 p. 2 lig. de largeur.

1 el est le nom que Ton donne ordinairement à l'auteur de deux estampes qui portent pour marque une ratière, et les deux syllabes NA DAT. Celles-ci sont expliquées par quelques auteurs comme les initiales des mots Nafalis Dali, cependant l'histoire des artistes ne parle point d'un artiste de ce nom. Il est vraisemblable que les syllabes NA DAT et la ratière forment ensemble un rébus, mais il est difficile d'en deviner le sens.

La bibliothèque impériale de Vienne possède une première épreuve des deux armées, N®. 2 de ce catalogue, sur laquelle est écrit à la plume par une main très-ancienne: Rota DE ravena. 1512. Ces mots Roita de Ravenna, désignent sans doute ou le nom du graveur ou celui du dessinateur, d'après lequel ce morceau a été exécuté Le rat, RATO semble y avoir allusion.

Ce qui est très-remarquable, c'est l'année 1512 écrite par cette même ancienne main; elle prouve que cette estampe est plus ancienne que celle gravée par Augustin Vénitien. Il est vrai que la seconde épreuve porte Tannée 1530, mais cette nouvelle date n'a été ajoutée dans la planche qu'après coup, et lorsqu'elle a été déjà très-usée, comme le prouve le mauvais état des épreuves qui portent cette date de 1530.

On ne connoît pas plus la signification des lettres TN gravées sur une pierre dans la même estampe.

ou

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