‹ Le peintre-graveur (volume 3)Chapitre 192 sur 325 · ABRAHAM H 0 N D I U S · texte numérisé non relu

ABRAHAM H 0 N D I U S

Les biographes d'Abraham Hondius attribuent à cet artiste le talent rare d'exceller dans presque tous les genres de peinture. Suivant eux il peignit les sujets de l'histoire , les chasses , les combats d'animaux et le paysage avec un égal succès. Ils font de grands éloges de ses incendies et de ses pièces de nuit, éclairées par la lueur des flambeaux, et ils conviennent que le genre où il excelloiLcependant le plus , étoit celui des animaux.

En examinant ces données, on ne peut presque pas douter qu'il n'ait existé deux artistes du même nom, dont les ouvrages ont été confondus et attribués à un seul.

Sans pouvoir approfondir quel a été le peintre de ce nom qui a peint les sujets d'histoire et les pièces de nuit, non plus que s'il est le même à qui on attribue presque généralement le tableau, d'après lequel W. Akersloot a gravé en 1624 l'es-

tampe qui représente Jésus- Christ saisi par les Juifs dans le jardin des olives , à la lueur de flambeaux; nous croyons pouvoir soutenir qn^ Abraham Hondius, de Foeuvre duquel nous donnons ici la description, est très dififérent, et qu'il est le même dont parle Pilkington, lorsqu'il le considère comme le seul qui ait peint des animaux.

Suivant cet auteur, notre peintre naquit à Rotterdam en 1638. ,, Sa manière, dit-il, ,,éloit hardie et facile, et, si Ton excepte ,,Rubens et Snyders, peu de maîtres ont „peint les animaux dans un stile plus „grand et avec plus d'esprit. 11 y a beau- „coup de feu dans ses compositions, mais ,,son coloris est souvent extravagant, com- ,,me son dessin est incorrect. En général, ,, son pinceau étoit âpre, et il se plaisoit „dans l'éclat de ses teintes; cependant ,, quelques -uns de ses petits tableaux sont ,, terminés avec netteté. Il y a une grande ,, inégalité dans les ouvrages de Hondius à ,, l'égard de leur mérite; les uns sont in- ,, Animent supérieurs aux autres à tous „égards, mais il n'y a guère de maître dont ,,les tableaux soient si aisés à connoître ,,par de certaines particularités dans la

„touche, et par le goût du dessin et des „ couleurs.** Ce peintre a travaillé à Londres où il mourut en 1691 , âgé de cinquante-trois ans.

Il y a peu d'estampes qui soient aussi difficiles à trouver que celles que cet artiste nous a laissées: on ne doit donc pas être surpris de ce qu'on ne les trouve citées dans presque aucun catalogue de vente. Le petit nombre d'auteurs qui semblent avoir eu des notices sur leur existence, n'en parlent que d'une manière vague, sans déterminer leur nombre; mais ils s'accordent presque tous à en faire de grands éloges.

Nous présentons ici le détail de neuf pièces, c'est à dire de toutes celles que nous avons pu trouver après les recherches les plus assidues et les plus heureuses. On y admire l'expression vraie et naturelle dans les animaux, et la variété étonnante de leurs attitudes et de leurs mouvemens. Ces estampes ont été gravées d'une pointe vite, mais spirituelle. Les ombres effilent un travail serré et maigre, résultat de la pointe trop fine dont Hùndim s'est servi exclusivement dans toutes

les parties de ses planches, et parce qu'il ne Fa point mêlée avec du burin. Il n'y a que la laie enragée [Nr. 9.] où il ait employé cet instrument, pour réparer plusieurs endroits manques à Topération de Feau-forte.

ŒUVRE

D'ABRAHAM HONDIUS.

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