‹ Le peintre-graveur (volume 3)Chapitre 242 sur 325 · Troupeau (le) de moutons · texte numérisé non relu

Troupeau (le) de moutons

Jean Glauber, originaire d'Allemagne, naquit à Utrecht en 1646. Destiné par son père à un état bien opposé, ce ne fut qu'à force de persévérance, qu'il obtint la permission d'apprendre à dessiner par amusement. Glauber fit connoissance avec des artistes qui lui donnèrent des conseils, mais à le bien prendre , son premier maître fut lui-même. Il savoit à peine dessiner quand il entra chez Nicolas Berghem, où il fit les progrès les plus rapides. La disposition heureuse de ses organes le portant toujours vers le beau, les ouvrages mêmes du grand Berghem n'eurent plus de charmes pour lui, dès qu'on lui eut montré des paysages d'Italie qu'il chercha bientôt partout, et qu'il copia et étudia pendant plusieurs années. Il ne put rester plus longtems en Hollande; son désir constant fut de voir Rome: il partit en 1671 avec son frère Jean Gottlieb , âgé de 1 7 ans,

et les deux frères van Dooren. Il resta un an à Paris chez Picart, peintre de fleurs, et deux ans à Lyon chez Adrien van der Cabel, Enfin il prit la route d'Italie. A peine fut-il six mois dans Rome qu'il fut connu et reçu dans la bande académique où on lui donna le nom de Polidor.

Glauber passa deux années à' Rome , un an à Padoue et deux à Venise. Il ne négligea pendant ce tems rien de ce qui poavoit contribuer à sa perfection. Cependant il lui vint envie de revoir sa patrie. Il s'embarqua pour Hambourg où il fut reçu avec distinction. Il quitta cette ville en 1684, pour aller à Amsterdam qu'il choisit pour sa demeure fixe. Ce fut depuis ce tems-là qu'on vit les paysages charmans de Jean Glauber, enrichis des figures élégantes de Lairesse. Glauber peignit alors des tableaux de cabinet, et leur nombre , quoique grand , ne put jamais suffire à l'avide curiosité des connoisseurs. Ce peintre atteignit Tâge de quatre-vingt ans. Il est mort en 1726.

,,0n ne peut, dit Descamps, rien ajou- ,,ter aux éloges que Lairesse donne aux ,, ouvrages de son associé. Nous le regar-

,dons comme un des meilleurs paysagistes ,de Hollande; sa manière lient de Técole , d'Italie; ses sites ont Tair d'être toujours ,pris aux environs de Rome, et quelquefois vers les Alpes; sa couleur est ex- ,cellente, chaude et vraie; ses tableaux ,sont d'un fini précieux, et ont, malgré ,cela, un air de facilité qui feroit presque , croire qu'ils ont coûté peu de peine.**

,, Quant à sa touche, elle n'a point de , manière, si ce n'est celle de la nature: ,il a pris le feuille de chaque espèce d'arbre ,qu'il a représenté; ses plans sont raison- ,nés, et la vapeur répandue dans l'air fait , sentir les distances.**

Les éloges que Descamps donne aux tableaux de Glauber , se trouvent confirmés par les estampes de ce maître, mais en partie seulement; car ces estampes, loin de briller par un effet pittoresque de clairobscur, n'offrent que des dessins légers, exécutés d'un travail large, et d'une pointe plutôt savant que spirituelle et légère.

Nous n'avons placé dans ce catalogue que les estampes oii Jean Glauber a représenté des paysages. Il en a gravé dix-neuf d'après ses propres dessins, six d'après ceux

de Gaspar Poussin, et une d'après Mola. Outre ces vingt-six pièces , on a de lui divers sujets historiques en trente planches de différente grandeur , gravées d'une pointe semblable à celle qu'il a employée dans ses paysages. Mais il est faux que Glauber ait jamais publié des estampes d'après Berghem, comme le prétend Basan, et comme plusieurs autres auteurs qui l'ont copié, l'ont avancé après lui.

PIÈCES GRAVÉES d'aPRÈS SES PROPRES

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