Vivandier (le
Albert Flamen est un artiste remarquable, sur lequel cependant l'histoire ne nous a point laissé de notices. Strutt le croit originaire des Pays- bas, et le nomme peintre.
Les années 1659 et 1664 gravées sur les numéros 68 et 123 de ses estampes, montrent le tems vers lequel Flamen a vécu, comme l'adresse de van Merlen, marchand d'estampes de Paris, dont presque toutes les pièces de ce maître sont marquées, fait présumer que Paris a été sa demeure ordinaire.
Flamen a gravé toutes ses estampes d'après ses propres dessins. Il y a représenté des sujets ornés de figures, des paysages, des oiseaux et des poissons. Les premières, dont le nombre est cependant petit, sont très médiocres: Flamen dessinoit la figure avec peu de correction , et il n'avoit pas le talent de bien grouper. Ses
paysages sont un peu meilleurs , naais on y
blâme les formes des arbres , et les dégra-
dations de lumières et d'ombres. Il fut plus heureux dans le genre des oiseaux dont il exprimoit fort bien les différens caractères. Le genre, dans lequel Flamen avoit le plus de succès , étoit celui des poissons. Le nombre considérable de planches où ce maître a représenté les différentes espèces d'animaux aquatiques, est exécuté avec une vérité et une exactitude qui ne laissent plus rien à désirer. Aussi ce sont ces estampes qui ont été toujours les plus recherchées, et qui sont les plus rares de son oeuvre.
Albert Flamen étoit graveur à Teau- forte très exercé. Il mêloit la pointe sèche et le burin à son travail d'eau -forte qu'il exécutoit avec une pointe fine, nette et assez légère, et qui offre un ensemble très approchant de la manière de graver de W.
Hollar.
La difficulté de rencontrer une grande réunion de pièces de Flamen dans une même collection d'estampes, et le peu de notices que les auteurs de catalogues nous ont laissées sur les estampes de ce maître.
nous mettent hors d'état d'en déterminer le nombre avec exactitude. Cependant nous avons lieu de croire qu'il n'excède pas de beaucoup celui de cent cinquantedeux pièces que nous avons détaillées dans ce catalogue. Le plus grand doute qui nous reste à cet égard, se rapporte aux Emblèmes [Nr. 130 à 141 de ce catalogue] dont Jean Gaspar Fuefslin [Raisonnirendes Verzeichnifs der vornehmsten Kupferstecher, Zurich 1771] annonce 150 pièces, tandis que nous n'en avons jamais vu plus de douze. Cet auteur étant le seul qui parle de ces estampes , il ne nous reste aucun moyen propre , ou à confirmer sa donnée, ou à prouver qu'il a fait un zéro de trop, ou qu'il a appliqué par erreur aux emblèmes seuls le nombre de toutes les estampes de Flamen dont il peut avoir eu connoissance , ce que nous sommes toutefois très porté à croire.