‹ Le peintre-graveur (volume 4)Chapitre 2 sur 90 · DU XVI». SIÈCLE · texte numérisé non relu

DU XVI». SIÈCLE

Graveurs néerlandais du XVI*. siècle.

Ivcas de leyde né 1494^ nort 1533.

(Bart8ch VIL p.339.)

Nous ne pouvons, à moins de répéter ce que nous avons déjà dit dans la partie historique de cet ouvrage surtout relativement au développement de Tart dans les Pays-Bas durant le XVP. siècle, ajouter quelque chose d'essentiel aux renseignements donnés par Bartsch sur cet artiste distingué; nous nous arrêterons seulement à quelques con-, sidérations sur la carrière du maître. Il est d'abord digne de remarque cpi'il ait commencé à manier le burin dans Tâge le plus tendre et dès sa quatorzième année avec une certaine adresse, comme nous le prouve son estsimpe de Sergius et Mahomet avec la date de 1508. Plusieurs autres pièces de lui, sans date, paraissent appartenir à la même époque et même avoir été exécutées auparavant. Elles portent toutes des hachures très-fines et serrées, et l'expression des létes et les mouvements ont beaucoup de vie et de vérité quoique le dessin n'en soit pas toujours très -correct. Il se montre déjà maître consommé dans sa grande estampe, avec la date de 1510, qui a pour sujet le Christ montré au peuple. Une partie de ses meilleures gravures paraît avoir été produite entre cette date et celle de 1520; à cette époque probablement, après avoir fait la connaissance d'Albert Durer, il fut induit à en exécuter quelques-unes à l'eau forte. Dès ses premiers essais son style semble incliner vers le naturalisme qu'il pousse quelque-

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fois jusqu'à la caricature dans certaines figures des hommes du peuple, mais qui révèlent néanmoins souvent un caractère gracieux, comme par exemple, dans la composition. d'Esther devant Assuérus de 1518. Plus tard il apparaît plus large dans son maniement du burin, le sentiment profond du caractère idéal disparaît complètement, tandis qu'il se montre admii*able et plein de vie dans la représentation des incidents de la vie ordinaire; nous citerons parmi les compositions de ce genre son chirurgien de 1524 et un joueur de violon de la même année. Plus tard, quand il voulut se faire Témule de Marc Antoine en imitant sa manière, comme dans l'Adam et Eve et le Mars et Vénus, tous deux de l'an 1530, il fait voir, d'une manière très -désagréable, un défaut de sentiment pour le beau idéal et les grâces du dessin. Et le maniement large du burin qui dans sa dernière période révèle le maître consommé ne compense nullement la manière gracieuse et sentie de ses premiers ouvrages ; mais c'est surtout sous ce dernier point de vue qu'il prend le premier rang parmi tous ses contemporains et qu'il n'a guère été surpassé depuis. C'est avec raison que Vasari vante son adresse à traiter le paysage dans lequel il réussit, jusqu'à un certain point, à indiquer la perspective aërienne, art que l'on doit dans l'origine aux Néerlandais, qui fut pratiqué par les Van Eyck et leur école quoiqu'il n'ait atteint que plus tard le plus haut degré d'excellence*

Lucas de Leyde a en outre contribué beaucoup au développement de la gravure sur bois par les dessins qu'il a exécutés dans un style répondant aux besoins de cette branche de l'art. En les comparant néanmoins à ceux d'Albert Durer, ils sont de beaucoup inférieurs à ces derniers, car l'artiste de Leyde ne possédait point la beauté et l'excellence du dessin, le grandiose et l'énergie dans la composition du maître de Nuremberg. Il n'est fait mention par aucun dés écrivains anciens que Lucas de Leyde ait gravé lui-même sur bois et cela est d'autant moins probable que, durant la courte période de sa vie, il a dû consacrer tout son temps, tous ses soins à l'exécution de ses tableaux qui sont tous d'un fini précieux et si nous tenons compte en outre de ses gravures nombreuses exécutées également avec la plus grande diligence, nous devrions nous émerveiller qu'il ait pu produire autant dans un aussi court espace de temps.

Lucas de Leyde. 5

Observations au Catalogue de Bartsch.

1. La création d'Eve. Le millésime qu'on y lit n'est pds celui de 1519 mais bien de 1529.

19 — 23. L'histoire de Joseph. Les épreuves plus récentes ont été tirées des planches fortement retouchées.

24. Le sujet de cette pièce n'est point celui de Jephté allant à la rencontre de son père, mais bien celui de l'entrevue d'Abigaïl et du roi David (Samuel L chap. 25.)

66. Le Christ au jardin des oliviers. Cette eau -forte paraît être une copie de la gravure No. 57 et n'a pas été exécutée par Lucas de Leyde.

74. Le mont du Calvaire. On en trouve un troisième état d'après la planche retouchée.

76. L'homme de douleurs. Notre maitre a peint celte composition de grandeur presque naturelle. Le tableau à l'huile se trouve dans la Tribune à Florence.

83. La Vierge assise sous un arbre. Oii en trouve une petite copie en sens inverse. A l'arbre pend une tablette avec les initiales C T. H. 1 p. 5 1. L. 2 p. 2 1.

114. St. Jérôme. Il existe de cette pièce une petite copie marquée i Y M qui n'appartient pas cependant à Israël van Meckenen. H. 3 p. 9 1. L. 5 p. 3 1. Paris.

124. La Madeleine sur des nuages. Bartsch (IX. 493.^ No. 1) mentionne une copie de cette pièce, en contrepartie, signée également I Y M. Une autre, dans le sens de l'original, est marquée du même millésime 1518, mais à rebours et n'a point la lettre L.

126. Le moine Sergius poignardé par Mahomet. Cette indication n'est pas exacte et Sotzmann en a trouvé, dans le fragment d'un vieux livre, l'explication suivante:

„Comment le serviteur de Mahomet perça un bermite durant l'ivresée (de son mattr-e). C'est pourquoi Mahomet défendit l'usage du vin."

„Pendant qu'il était ivre, son serviteur poignarda un bermite qu'il (Mahomet) aimait beaucoup et lui mit ^ans la main (de son maitre) pendant qu'il dormait dans l'ivresse son épée enfoncée dans le corps de l'hermite, afin qu'il crut l'avoir fait pendant son ivresse, ainsi que le serviteur le disait, car celui-ci n'était pas affectionné à l'hermite que Mahomet écoutait volontiers et qu'il visitait souvent, tandis qu'il (le servi-

6 Graveurs néerlandais , du XVP. siècle.

teur) était obligé souvent d'attendre (son maître) fort longtemps. Après cela il (Mahomet) défendit le vin.^^ On devrait donc intituler cette pièce Mahomet et le moine Sergius tué.

136. Virgile suspendu dans un panier. Bartsch répète à ce sujet l'assertion erronée de Vasari qui, après avoir loué cette gravure outre mesure, dit que Albert Diu'er en fut tellement frappé qu'il résolut de produire quelque chose d'analogue en donnant ainsi occasion à l'exécution de sa fameuse gravure „Ie cheval de la mort" (B. No. 98). Mais l'auteur aUemand aurait dû remarquer, avant de copier l'historien de l'art italien, que la pièce de Durer porte lé millésime de 1513 pendant que celle de Lucas a la date de 1525, c'est-à-dire qu'elle a été gravée douze ans après la première. Du reste, ces deux gravures se distinguent par une exécution absolument diverse et celle d'Albert Durer mérite la préférence à tous égards quoique celle de Lucas révèle un travail plus Ubre.

154. La femme avec un chien, de 1510. BruUiot mentionne dans son dictionnaire (Vol. IIL No. 1 500) une pièce de la même composition, mais en contrepartie et signée v^, 1 "103 (1503) et croit, par conséquent, qu'elle a été exécutée avant celle de Lucas de Leyde. Mais l'exemplaire de Berlin est marqué comme suit: |*}0I3, ce qui indiquerait 1513, et cette gravure, par conséquent, n'a pu servir d'original à notre maître, mais se trouverait être une copie postérieure de trois années.

155. Les musiciens. On en trouve une bonne copie dans le sens de l'original; on la distingue en ce que les pierres à droite n'ont point de contours arrêtés. Du reste, la gravure n'en est point aussi fine que celle de l'original et les têtes ont moins de vérité et de vie.

174. Portrait d'un jeune homme. D en existe une copie plus en petit marquée I V M, mais qui n'est point d'Israël van Meckenen. Elle porte en haut l'inscription: RESPICE FINEM. H. 4 p. 2 1. L. 2 p. 9 1.

Additions à Bartsch.

175. Le Christ et la Ste. Vierge, demi-figures. Jésus est à gauche, enveloppé d'un manteau, la couronne d'épines en tête et les mains croisées. La Vierge est à droite, les mains également croisées. Dans le fond de paysage on voit le Calvaire. En haut, dans le

Lucas de Leyde. 7

coin à droite, Tiaitiale L surmontée du miUésime 1522. H. 4 p. 10 LL. 4 p. Amsterdam.

176. Même sujet La composition est la même, mais atec un fond d'architecture. L'initiale L, sans millésime, se voit à droite derrière la Vierge. H. 3 p. 1 1. L. 5 p. 1 L Amsterdam.

177. Le baiser dans un bois. Une dame s'avance au milieu et tourne la tête vers un jeune homme auquel elle donne un baiser; celui-ci se trouve denière elle, à droite, et tient sa barrette de la main gauche. A gauche, une suivante porte sur la tête une cassette à joyaux. Dans le fond plusieurs arbres. Pièce non signée. H. 3 p. 10 1. L. 3 p. 1 1. Collection privée du roi de Saxe et Musée Britannique. (Voyez les Archives de Naumann L p. 193 où s'en trouve aussi un facsimile.)

Plèee attrlbaé à ImcMS de Leyde.

Le vieillard et la courtisane. Sur un banc, devant un grand lit, est assis un vieillard embrassant une jeune femme nue sur le sein de laquelle il porte la main. Elle fouille, de la main droite, dans la bourse du vieillard et donne de l'autre quelques pièces d'or à un jeune homme qui se voit à droite derrière les rideaux du lit. A gauche, près du lit, se tient un bouffon qui en riant fait avec les mains une oreille d'âne. A droite, la mort regarde par une fenêtre dans l'intérieur et tient un sablier. Sur le mur du fond un tableau avec l'histoire de Judith. Une petite feuille de papier courbée du côté droit et marquée de l'initiale. L se voit par terre. La composition et le dessin révèlent la manière du maître; il n'en est pas de même de la gravure qui paraît avoir été exécutée d'après un de ses dessins. H. 6 p. 9 1. L. 5 p. 1 1. Oxford.

Gravures sur bois.

Ottley dans son excellent ouvrage „An inquiry into the origin and early hist(»*y of engraving etc.'^ London 1816, p. 751» a déjà remarqué que plusieurs des gravures exécutées d'après les dessins de Lucas de Leyde et rapportées par Bartsch appartiennent à deux suites différentes de sujets représentant „Les tromperies des femmes et ia folie des hommes 'S Celles de plus grandes dimensions (15 p. 4 1. de hauteur sur 10 p. 9 — 10 1. de largeur) sont les suivantes:

8 Graveurs néerlandais du XVI®. siècle.

i. AdaD> et Eve mangent le fruit défendu. B. 1.

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