‹ Le peintre-graveur (volume 4)Chapitre 24 sur 90 · Ira · texte numérisé non relu

Ira

Brulliot croit toutes ces figures gravées d'après M. Van Veen ou F. Floris, mais ce n'est qu'une conjecture.

Peter Bays dUnvers. 1578.

(BartschlX. p. 86.)

Nous n'avons pas la moindre notice sur la vie de ce graveur au burin. Christiaan Kramm (dans son livre intitulé : De levens en Werken der HoUandsche en Vlaamsche Kunstschilders etc. Amsterdam 1859.

108 Graveurs néeriandais du XVP. siècle.

Vol. m. p. 766 et 775) présume que les gravures dans l'ouvrage intitulé: Humanee salutis raonumenta B. Aria Montani studio constructa etdecantata. Antverpiœ 1571, in-gr.-8°, sont exécutées par lui, en partie d'après les dessins de Pierre van der Borch, en les signant P. Huis.

Additions à Bartsch.

3. Le Christ en croix. La Vierge est debout à gauche et montre de la main droite un crâne sur le terrain. A droite. St. Jean les mains jointes. Dans le fond la ville de Jérusalem. Au bas, sur une tablette, P. H. H. 7 p. 6 1. L. 5 p. 9 1. Munich.

Brulliot, Dict. IL No. 2267, décrit une composition analogue, avec le soleil et la lune ajoutés et au-dessous, dans un ovale, deux vers latins: Hue amor et pietas etc., accompagnés de A. H. exe. H. 8 p. 9 1. L. 5 p. 8 1. C'est probablement un exemplaire plus complet que la pièce que nous venons de décrire.

Chr. Kramm mentionne encore un autre Christ en croix, aveo l'inscription : PETR VS HUIIS fecit. Hans Liefrink ex. H. 4 p. 2 1. L. 2 p. S L et croit que cette gravure appartient à notre maître.

IhF" 15T2.

Bartsch ( IX. p. 546 ) ne connaissait de ce maître que la femme adultère et le croit Allemand. Il existe pourtant de lui une sec(»Bde pièce avec une inscription hollandaise ce qui nous a décidé à le placer dans cette école;

Addition à Bartsch.

2. Allégorie. Au milieu est assis un vieillard nu (le Temps?) sur une tête de mort, le mains jointes et portant sur la tête un sablier. Vis-à-vis, à gauche, un griffon avec une épée. Cette composition est entourée d'une bordure d'arabesques. Une inscription hollandaise termine par: Mate. 10. La marque est au «dessous sur une pierre et au milieu le millésime 1572. H. 5 p. 2 1. L. 3 p. 7 1. (Brulliot, Dict. IIL Appendice No. 220.)

Lambert Suavius. 109

1. St. Pierre. Il est assis sur un siège et. presse une clé sur sa poitrine, tandis que Tautre clé est sur un livre devant lui. Sur une pierre: PETERI. Le monogramme est gravé sur Fappui de la fenêtre, par laquelle on aperçoit la pèche miraculeuse. Au bas, à droite, J. Hondivs exe. et l'inscription: Hoe va s t en steen etc. Pièce d'une faible exécution. H. 6 p. 3 L L. 4 p. 3 1. Copenhague.

Le maître qui s'est signé avec ce monogramme parait être différent de celui mentionné par Bartsch IX. p. 434 et doit appartenir à l'école néerlandaise puisque la pièce ci-dessous a été publiée par H. Cock d'Anvers.

1. St. Antoine. 11 est assis sur le devant, lisant dans un livre, avec le pourceau à sa gauche. Le fond est un riche paysage avec des édifices. A la gauche du bas on lit: h. cock. excud. et au milieu: Salue Antoni, puis le monogramme ci-dessus. H. 8 pi 51. L. 1 1 p. 101. Bamberg.

Lambert Suavius ^ de Liège. *^)

Cet artiste était un dessinateur et un graveur de beaucoup de talent qui florissait entre les années 1540 et 1559. Guicciardini dit

10) Pour avoir mal compris les passages de Vasari sur ce maître, sur Lambertufi Lombardus, surnommé Sutcrman, et sur le peintre d'Amsterdam, Sustris, qui, Bé en 1526, passa une partie de sa vie à Venise et mourut à Munich en 1599, il eo est résulté une certaine confusion relativement à ces artistes dans Thistoire de Tart. Il est certain que Vasari, comme il le dit lui-même, a connu l'ouvrage d^ Dom. Lampsonius intitulé: „Lamberti Lombard! apud Eburones pîctoris celeberrimi vita. Burgis Flandriœ. Ex officina Huberti Gollaii'^ 1565, in>8°, et qu'il a reçu de cet écrivain des communications par écrit sur les artistes néerlandais. Il a su très-

110 Graveurs néerlandais du XVl*. siècle.

même qu'il était b<xn architecte ce qui parait être confirmé par les belles compositions d'architecture dans ses estampes. Vasari, dans la vie de Marc Antoine, le nomme Lamberto Suave en ajoutant qu'il était excellent graveur et que s'il avait été aussi parfait dans le dessin qu'il s'^st montrée soigneux et diligent dans le maniement du burin, il aurait laissé des œuvres dignes d'admiration, comme nous le prouve une petite gravure d'un St. Paul écrivant et une plus grande de la résurrection de Lazare etc.

On ne connait presque rien des circonstances de sa vie, mais d'anciennes traditions le disent élève de Lambert Lombard dont il a imité le style de dessin ayant même gravé plusieurs compositions d'après lui et dont nous ne mentionnerons ici que la „ Charité" avec Ijb nom de Lambert Loin. inv. et au-dessous L. S. Il lui était même uni par des liens de parenté puisque Lambert Lombard avait épousé une sœur de Suavius. Son style de composition révèle ime étude s^pprofondie de l'antique et il nous a même donné une gravure du Colisée, ce qui semblerait indiquer qu'il s'est arrêté assez longtemps à Rome. H a dans sa manière quelque chose de particulier et de grandiose qui se rapproche de l'antique, cependant ses figures sont ordinairement très-sveltes et ses draperies très-légères. La taille chez

bi€n distinguer le célèbre architecte et peintre (élève d'Andréa del Sai'to) Lambert Lombard de Liège, de Lambert Suavius en disant du premier: „ma di tutti i sopradetli è staio maggiore Lamberto Lombardo di Liège, gran leUerato, giudizioso pittore e architetto eccellentissimo/' Il ne fait mention de Lambert Suavius que comme d'un excellent graveur, dans la vie de Marc- Antoine. Cependant dans d'autres passages il ne semble pas distinguer suffisamment des maîtres de Liège un Lambert d'Amsterdam et un Lambert van Ort d'Amerfort; à tout événement des écrivains postérieurs ont confondu toutes les données de Vasari à ce sujet et Sandrart ne fait de tous ces artistes qu'une seule et même personne. Gela est d'autant plus frappant que Guicciardini dans son livre intitulé: „Historia de' Paesi bassi," Firenze 1561 p. 99, parle distinctement de „Lamberto Lombardo di Liège homo degno litterato e di gran iudicio e non solo eccellente pittore ma anche grande architettoré," mais aussi p. 101 de „Lamberto Suavio di Liège buono architettore et intagliatore in rame." Ge qui aurait dû faire disparaître tous les doutes chez les écrivains postérieurs et ce qui néanmoins n'a pas toujours été le cas même chez les plus récens.

Il existe plusieurs gravures, dont quelques-unes des meilleures par Lamb.ert Suavius et qui seront décrites ci -après, d'après l'invention de Lambert Lombard. Jérôme Gock est néanmoins celui qui a le plus gravé d'après lui, mais la plupart de ces pièces, d'une exécution assez rude, ne portent que rarement la signature du graveur.

Lamberl Suavius, de Liège. . 111

lui est fine et soignée, dans les commencements assez maigre et même un peu raide. Celle de ses pièces qui est la mieux exécutée est l'estampe qui montre St. Pierre et St. Jean guérissant un perclus à l'entrée du temple et qui porte la date de 1553.

1. La résurrection de Lazare. A gauche, dans un carreau sépulcral, Lazare se lève d'un sarcophage à la voix du Christ. Les deux figures principales sont accompagnées de plusieurs autres parmi lesquelles un jeune homme détache les bandelettes qui entourent les pieds de Lazare. A droite une vue dans le lointain avec des ruines antiques où se voient dix personnes. Au haut, dans une tablette, on lit huit vers latins: „Huc ades et factum mittens recutita tenacem etc." Au bas l'inscription: Lambertus Suavius 1544. H. 7 p. 6 1. L. 11 p. 9 1.

2. La mise au tombeau. Dans une grotte sépulcrale deux hommes tiennent le corps du Sauveur prêt à le placer dans un sarcophage. Un jeune homme et quatre femmes entourent ce groupe en pleurant. En haut, à droite, une tablette avec l'inscription: An ignoratis fratres quod quicûq^ baptisati sumus in Christo Jesu etc. et à la gauche du bas: L. SVAVIVS inventor. 1548. H. 6 p. 6 1. L. 7 p. 6 1.

3. Même sujet, traité d'une manière différente et signé: Svavius. inv. Petit-in-8°. Catalogue Sternberg Vol. IlL No. 250.

4. Les apôtres Pierre et Jean guérissent un perclus sous le portique du temple. Le perclus, assis, présente à St. Pierre la main dont il veut la guérison. Douze autres figures les entourent parmi lesquelles on distingue deux docteurs de la loi en conversation ayant près d'eux un chien. Mêlées à la riche architecture de l'édifice, se trouvent plusieurs autres figures d'hommes et de femmes. Au haut, dans une tablette sortant des nuages, se trouve la dédicace de l'estampe à la veuve du roi de Hongrie, Marie d'Autriche, ensuite sur deux autres au milieu du premier plan des inscriptions: Haud equidem mirû si. q. c6Q numina terris etc. Enfin on lit dans le coin droit du bas, près du millésime 1553, la signature: INVEN- TORE AC C^LATORE SVAVIO. H. 11 p. 3 1. L. 16 p. 7 1.

5 — 17. Le Christ et les douze apôtres. Figures debout, vêtues à l'antique et en partie marquées de numéros. H. 7 p. 3 1. L. 3 p. 5 1. Pièces très-finement gravées.

5. Jésus Christ. Il est vu de face, entouré de nuages. Deux petits anges tiennent au bas le socle, sur lequel il est posé.

112 Graveurs néerlandais du XVr. siècle.

Ce socle porte une inscription hébraïque et deux autres4nscriptions, grecque et laline, se lisent dans la partie supérieure. Au bas, à droite, sur une Ublette la signature: SVAVIVS LEOD. INVE. ET TIPOGR. ' Des épreuves postérieures portent la date de 1548-

6. St. Pierre. Il tient un livre et s'appuie contre un piédestal qui porte une clé; devant lui, sur un autre piédestal, on volt une statue sans tête. A la gauche du bas, sur une tablette: SVA- VIVS NIVEN. II.

7. St. Jacques le majeur. Il est debout devant une niche, et s'appuie sur un bourdon de pèlerin. Au bas, à droite: L. SVAVIVS INVËÏOR.

8. St. Simon. 11 est vu lisant dans un livre qu'il tient devant lui sur une base. Sur celle-ci se trouve un écusson avec une scie et auprès le No. 4. A droite la date de 1545 et sur une tablette: L. SVAVIVS ÏNVNE.

9. St. Barthélemi. Il s'appuie sur une voûte et tient de la gauche un couteau. Signée L. SVAVIVS INVE et No. 5.

10. St. Jacques le mineur. Il est tourné à gauche, dans des ruines et tient une équerre. Au bas: L. SVAVIVS INVE".

11. S t. M a 1 1 h i e u. Il se tient près d'un amphithéâtre détruit, et lit dans un livre. Sur le devant, à gauche, et sur une pierre: SVAVIVS IN. 1547 et auprès le No. 7.

12. St. Philippe. U est au milieu de ruines et lève le pan de son vêtement pour se couvrir la tète. SVAVIVS INV. A droite le No. 8.

13. St. Jean. U est vu de profil, tourné à gauche, devant un chapiteau corinthien où l'aigle est perché et il écrit dans un livre. Au bas, à gauche, près du torse d'une petite statue: SVAVIVS INVEN. — 9.

14. St. Thomas. Il est debout sous un arc ruiné, sur le- ' quel, en bas à droite, on voit un écusson chargé d'une épée. (Indiquant plus-tôt St. Paul.) L'apôtre porte un livre de la main droite et un papier de la gauche. A la droite du bas: SVAVIVS INVE. 10.

15. St. André. Il s'appuie du bras droit sur une poutre sortant du mur ; derrière lui la croix qui porte son nom. A droite du bas: L. SVAVIVS, au milieu le chiffre 11.

16. St. Judas Thadée. Il est tourné vers la droite devant une niche et tient une massue sous son manteau. L. SVAVIVS

Lambert Suavius, de Liège. 113

INVENT. Sans numéro et mesurant seulement 7 p. 7 1. de hauteur sur 3 p. 4 1. de largeur.

17. St. Math ia s. Il est près d'une colonne dans un somptueux édifice et regarde vers le haut ; il tient dans ses mains élevées une longue baguette. Pièce non signée. H. 7 p. 2 L L. 3 p. 2 1.

18. St. Pau L II est assis devant une niche, écrivant sur une tablette et tient de la gauche un encrier. Son épée est appuyée' à gauche; sur le siège à gauche on voit un livre. A la droite du bas une tablette avec l'inscription: „Quandiû sum gentium apostolus ministerin meO honorificabo. et au bas: SVAVÏVS INVEN. H. 6 p. 3 1. L. 4 p. 5 1. -Très-belle gravure.

19. Un apôtre. Il est debout dans une niche, tourné vers la gauche; la tète est vue de profil et il tient sous son manteau un livre qu'il indique de la gauche. Pièce non signée, mais dans la manière de Suavius quoiqu'elle ne soit pas d'une exécution aussi fine que les précédentes. H. 6 p. 1 L L. 3 p. '"

Nagler, dans son Dictionnaire des artistes, vol. XVII, p. 534, mentionne une série d'Apôtres et de Saints debout, avec leurs attributs, que Suavius aurait gravée d'après Lombard. . Us n'ont point de nom ou de signature; gr.-in-4°. D'après le format indiqué pour l'estampe ci-dessus No. 1 9 et qui est celui d'un petit-in-8^, elle ne pourrait appartenir à cette série et nous n'en avons eu aucune autre qui puisse y correspondre. Voyez également le Catalogue de Winckler, vol. III. No. 5605.

20. Jhesus Christus Salvator mundi. Tète vue de profil, signée: Suavius 1559. In-4°. (Nagler No. 1.)

21. La Vierge. Vue de profil, avec l'inscription: Ecce abhinc beatam me dicent etc. Sans signature. (Nagler No. 2.)

22. Ste. Marguerite. Signée: L. SVAVIVS. IN. In-12^ (Nagler No. 10.)

23 — 34. Les Sibylles; elles sont dans des niches. Suite de douze pièces dont quelques-unes sont marquées L. S., entre autres les Sibylles Persique et Libyque. H. 6 p. 11 1. L. 3 p. 1 1.

Le catalogue mentionné (VoL IIL No. 2506) décrit douze Sibylles avec leurs attributs dont la première est marquée: Lamb. Lombardus inv. puis L. S. Pelit-in-4'*. L'exemplaire que nous avons vu à Bâle n'a point cette indication et paraît être une épreuve d'artiste; le format est in-8°.

35. Les quatre vertus cardinales. La Justice, la Prudence, in. 8

114 Graveurs néerlandais du XVI*. siècle.

la Tempérance et la Force. Signées: L. SVAVIVS. In-8'. (Nag- 1er, Dict. No. 15, où il n'indique pas si c'est une suite de quatre pièces.)

36. La Charité chrétienne. Elle est assise sous une draperie dans un bâtiment antique. Huit enfants l'entourent; à droite une colonne sur son piédestal, et en bas, à gauche, Tinscription : Lambert lom. inue. et L. S. (Lambert Suavius, le graveur). Belle et fine gravure dans la manière des apôtres. H. 8 p. 10 I. L. 6 p. 10 1.

37. La Philosophie. Copie en contrepartie de la gravure de Marc Antoine d'après Raphaël (Bartsch No. 381). On en trouve des épreuves avec ou sans le nom de Lambert Suavius.

38. P&yché et Vénus. La première présente à la déesse étonnée le vase avec les eaux du Styx qu'elle a reçu de Proserpine. D'après la fresque de Raphaël à la Farnesina. Pièce signée: RAPHA. INVEN. puis La. H. 9 p. 6 1. L. 6 p. 3 1.

39. Vue d'une partie du Colisée de Rome. Signée: L. S. In-4*^. Cat. Sternberg No. 247 a.

40. Le palais des Césars à Ro4ne, avec l'inscription: Divus Augustus et Nero Claudius Imp. Rom. Au milieu du bas : 1553. Suavius. Médaillon de 3 p. 4 1. de diamètre. (Nagler XVII. p. 536. No. 20.)

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