‹ Le peintre-graveur (volume 4)Chapitre 72 sur 90 · Lucrèce morte entre les bras de son père. Voyez N · texte numérisé non relu

Lucrèce morte entre les bras de son père. Voyez N

5. La figure allégorique de l'Océanus dans un écusson tenu par deux enfans. Dans les latéraux, Lucrèce et Judith. Voyez No. 123.

6. Sujets de la Bible. M. Rudolphe Weigel mentionne dans son Kunst-Cataiog, No. 17891, le Vieux Testament en allemand, imprimé en 1524 à Bâle par Ad. Pétri, 2 parties in-fol. et dans lequel se trouvent, entre autres gravures sur bois in-8. en largeur, quelques-unes avec le monogramme d'Ambroise Holbein; mais comme il ne les décrit point particulièrement, et que l'ouvrage n'est jamais venu à notre connaissance, nous devons nous contenter de faire mention de cette circonstance, en renvoyant à ce que nous avons déjà dit à ce sujet, dans l'oeuvre de Hans Holbein, sous le No. 135.

7. Les armoiries de l'empereur Charles V. Elles sont entourées du collier de TOrdre de la toison d'or. Une banderole volante contient l'inscription: Quy vouldra. Puis, à gauche, le monogramme Ai^ avec le millésime 1517. H. 3 p. 5 1. L. 4 p. — Celte gravure sur bois se trouve dans plusieurs livres imprimés par Pamphilius Gegenbach, à Bâle.

Urse Graf, Orfèvre et graveur en acier de Bâle. 425

Irse draf^ •rféfre et grafevr en acier de Bàle.

(Bartoch VII. p. 456.)

Nous avons déjà fait remarquer, en parlant du maître V0, dont la manière se rapproche de Técole de Schongauer, que Barlsch s'est trompé en confondant Fœuvre de cet artiste avec celui de Urse Graf de Bâle, qui travaillait dans le premier quart du XVï*. siècle, et qui s'est uniquement servi des monogrammes ci-dessus composés d'un V et d'un G. entrelacés.^) On doit par conséquent séparer dans le catalogue de Bartsch les pièces qui appartiennent à ces deux maîtres, ce que nous avons déjà fait en ce qui concerne le premier. Bartsch ne semble pas avoir connu des gravures au burin ou à l'eau forte d'Urse Graf; il nous a été donné d'en trouver 13, qui portent les dates de 1512 à 1523. Nous avons pu également augmenter de beaucoup le catalogue de ces gravures sur bois et sur métal, bien que nous ne puissons encore le considérer comme complet, puisque Graf a dessiné pour les éditeurs de Bâle et probablement aussi de Strasbourg, des encadrements qu'il n'a point signés de son monogramme et que par conséquent nous ne pouvons déterminer d'une manière positive. M. Dr. Dronke, dans le Kunstblatt de 1823, p. 349, mentionne un Alphabet d'initiales avec des fîgureis fmement gravées, de 9 1. en carré, qu'il croit pouvoir attribuer à notre artiste et dont h N est marquée ^^ mais comme ce signe non -seulement s'éloigne beaucoup des monogrammes indiqués ci-dessus, mais qu'il est composé des initiales V. G., nous ne pouvons nous ranger à l'opinion que Urse Graf en soit l'auteur. *

97) On prend souvent le poignard sgouté au troisième monogramme pour un couteau de graveur sur bois, bien que la forme de ce dernier instrument soit tout à fait différente. Gomme preuve que l'instrument dont il s'agit ici est véritablement un poignard, nous indiquerons un petit Amour, sur une bordure, qui porte suspendue à son cou une arme absolument semblable. Nicolas Manuel Deutsch a souvent ajouté ce poignard à son monogramme et comme on trouve dans la collection de ses dessins à B&le plusieurs lansquenets qui se servent de cette arme dans le combat, on pourrait en déduire qu'il ait voulu signifier par là qu'il avait été luimême lansquenet, ou que du moins il avait fait son service militaire sous Fran pois I.

426 École du haut Rhin du XVI'' siècle.

Gravures au burin.

1. Tobie. Il est assis sur la rive d'un fleuve, tandis que l'Ange lui montre un gros poisson qui nage devant lui. Dans le fond du paysage, on voit un moulin. La signature est au bas. Pièce ronde de 2 p. 5 1. de diamètre. — Bâle.

2. L'homme de douleurs. Il est assis sur un banc, les mains étendues devant lui sur ses jambes. Sa tête couronnée d'épines est entourée de rayons et il tient un fouet de la main droite. Sur une pierre à la droite, au bas, la date 1523 accompagnée du monogramme. H. 3 p. 6 1. L. 2 p. 8 1. — Oxford.

3. St. Christophe. Il traverse l'eau pour chercher l'enfant Jésus assis sur l'autre rive. Derrière lui, dans le lointain, l'ermite avec la lanterne. Au bas, le monogramme à rebours. Pièce ronde de

2 p. 4 1. de diamètre. — Bàle.

4. Même sujet II marche vers la gauche portant l'enfant Jésus, qui donne sa bénédiction et qui se tient à une mèche des cheveux du Saint. A gauche, on voit, en partie, l'ermite avec la lanterne. Sur une tablette suspendue à un arbre, au premier plan, le monogramme à rebours. Pièce ronde de 2 p. 7 1. de diamètre. — Bâie.

5. Un enfant nu. 11 est debout sur une boule, coiffé d'un chapeau à plumes, un poignard à la ceinture et s'appuie de la gauche sur une branche sèche, d'où pend une tablette avec le millésime 1513, à rebours. Le monogramme se trouve sur la boule. Pièce ovale avec une bordure de trois traits. H. 2 p. 2 1, L. 1 p. 5 L — Bâle.

6. Le soldat assis. De la main droite élevée il tient une lance et pose la gauche sur une épée placée en travers sur ses genoux. Derrière lui, à gauche, un ti^onc d'arbre; à droite, un paysage avec fleuve, un pont et une ville. Le monogramme est au haut avec la date de 1515. H. 3 p. 9 1. L. 2 p. 9V2 1. — Oxford.

7. Le vieillard subjugué. Une femme nue coiffée d'un grand chapeau à plumes chevauche sur un vieillard à longue barbe. Elle tient la bride et brandit un fouet. Dans le mur d'enceinte, il y a un trou où s'est posé un oiseau. A la droite du bas, la date de 1519 et le monogramme. Pièce magistralement traitée à l'eau forte. H. 3 p.

3 1. L. 3 p. — Bàle.

Urse GFaf, Orfèvre et graveur en acier de Bâle. 427

Gravures de poignard.

8. Huit enfans jouent dans des rinceaux de feuillage. Celui d'en haut, à droite, est armé d'une épée et d'un poignard; en bas à droite, la marque. Largeur en haut 1 p. 1 1., en bas 111. — à Bâle.

9. Une femme nue. Elle se trouve au milieu, montrant un assez gros ventre et se tourne vers la droite. Elle est debout sur un rinceau terminé par une grenade et tient l'extrémité d'une banderole à enroulements. Sans marque. H. 8 p. Largeur du haut 3 p., du bas 8 1. — à Bâle.

10. Une femme nue. Elle est vue debout, sur une grosse pomme avec une tige feuillée et tient une banderole avec la marque du maître. H. 7 p. Largeur du haut 1 p. 8 1., du bas 6 1. — Bâle.

11. L'Amour. Il est en haut de l'estampe et tient une tablette avec*le monogramme du maître. Au milieu, un écusson contient le millésime 1512 à rebours. H. 6 p. 2 1. L. en haut 11 1., en bas 6 1. — à Bâle.

12. Un homme armé de toutes pièces. Il est debout vers le haut, tourné à droite et tient suspendus à une lance un arc, des flèches et un bouclier. A ses pieds se trouve un écusson avec la marque du maître. Au bas, des arabesques. H. 8 p. 11 1. L. en haut 1 p. 2 L, en bas 6 1. — à Bâle.

13. Un listel avec quatre guerriers. Celui du milieu tient sa hallebarde dirigée contre un homme barbu qui se trouve au bas. Au-dessus de lui, le troisième guerrier tend la main vers le quatrième, dont on ne voit que le pied dans l'exemplaire de Bâle. Le reste manque. H. 3 p. 9 1. (?) Largeur du haut 1 p. 6 1. — à Bâle.

Gravures sur bois.

1. Jacob tue Amas a. Le monogramme se trouve à la gauche du bas. (Bartsch No. 1.)

2 — 84. La vie de Jésus-Christ. 83 compositions signées la plupart du monogramme de Urse Graf. H. 1 p. 7 à 8 1. L. 1 p. 3 1. Ces gravures sur bois mal exécutées furent employées pour l'ouvrage in-

428 École du haut Rhin du XVP siècle.

titulé: Christian Maier. Postilla Guillermi super Epistolas et Evangelia per totius anni circuiium etc. BasileaB 1511. On en trouve une édition postérieure de 1515. Toutes deux ont, sur le titre, une gravure sur bois avec le monogramme de Urse Graf. Dans le milieu, Jésus entouré des apôtres et du peuple s'avance , vers une femme avec un enfant. En haut, en bas et sur les côtés se trouvent les symboles des évangélistes; dans les coins, Daniel, St. Pierre, Jacques frère du sauveur et Sf. Paul, demi-figures. H. 4 p. 6 1. L. 3 p. 5 I.

Outre les 33 petites pièces, il s'en trouve encore 18 autres, qui ne sont que des reproductions des 83 bois. Les 16 compositions mentionnées par Bartsch sous le No. 4 comme pièces de TEvangile, appartiennent à la gérie que nous décrivons.

85 — 104. Vingt sujets de la passion de Jésus-Christ. (Bartsch No. 3.) H. 1 p. 7 à 8 1. L. t p. 3 I.

Ces petites gravures sur bois, d'une taille un peu raide, portent en partie le monogramme de Urse Graf, comme aussi la composition du Christ au jardin des Oliviers, qui montre également la marque M sur une pierre carrée, et qui indique le graveur sur bois. Nous trouvons ces gravures employées pour le livre intitulé: Passio Domini nostri Jesu Christi etc. p. fratrem Danielê Agricolâ etc. Basilese 1511 in-4^ et dans les éditions postérieures de 1512 et 1514 du même ouvrage. Le titre est orné de la même gravure sur bois que dans les Postilla ci-dessus. Eu tête de l'ouvrage est un „Directorium in dnice passionis articulos etc." avec une bordure, où Ton voit en'hautdeux petits génies, à côté d'un ornement ressemblant à un dauphin et au milieu une tablette avec le nom MARIA. Dans le listel inférieur se trouve une autre tablette avec le monogramme de Urise Graf, et le millésime de 1513 au milieu. H. 6 p. 3 1. L. 4 p. 6 1. Des éditions postérieures ou mieux des contrefaçons portent la date de 1 518. Nous voyons ces 20 pièces avec beaucoup d'autres, dont quelques-unes de Hans Schaeuflein, dans la Vie de Jésus-Christ mentionnée ci-dessus, et dans le livre intitulé: „Das Plenarium oder Ewâgely buoch, Summer vnd Winter teyl etc. gepredigt durch einen geis'tlichen ordensman etc. Gedruckt durch etc. Adam Pétri von Langendorff, burger zu Basel. 1514." in-fol.

105. Le Christ instruit ses disciples (Bartsch No.<5). Il est debout à droite et les envoie prêcher dans toutes les parties du monde. Au bas, le monogramme avec le rochoir. H. 7 p. L. 5 p. 9 1.

Urse Graf, Orfèvre et graveur en acier de Bâle. 429

Feuille de titre pour FHi^toire de la passion du maître \ (o* Bartsch No. 2.

106 — 113. L'oraison dominicale. Suite de 8 pièces gravées sur métal et dont 8 portent le monogramme de Urse Graf. Toutes ont au-dessus des inscriptions dans le dialecte suisse imprimées au moyen de caractères mobiles. H. 3 p. 3 I. L. 2 p. 5 1. La marge a 5 I. et Texemplaire de Bâle n'a point de texte, au revers. L'édition latine postérieure porte pour titre : Precatio Dominica in septem portiones distributa per D. . Erasmum RoderadamQ , avec la marque de libraire de Frobenius, deux mains soutenant un caducée, surmonté d'une colombe. R. Weignl, Kunst-Calalog No. 23444. 21131.

114. L'intercession. Devant Dieu le père sont agenouillés le Christ et Marie, qui intercèdent pour un homme que l'on voit en bas dans un paysage et pareillement à genoux. A droite, sur une pierre, se trouvent les armoiries de la ville de Bâle et le monogramme du maitre. En haut, sur le baldaquin du trône de Dieu le père, le millésime 1514. H. 5 p. 6 I. L. 4 p. 4 I. On en a un fac-similé dans les gravures sur Iwms de R. Weigel No. 14.

115. Pyrame et Thisbé. 11 est étendu sur le devant de l'estampe après être tombé sur son épée. Elle est debout devant lui se tordant les mains de désespoir. Dans le fond, à droite, derrière la fontaine, on aperçoit le lion. Au milieu du bas, on lit le nom de PYRAUfiVS sur un écriteau, et auprès, le monogramme du maitre. H. 1 1 p. 7 1. L. 8 p. 2 1. Fac-similé dans louvrage de R. Weigel. No. 41.

116. La famille du Satyre. La femme assise tient un enfant devant elle. A gauche, le Satyre debout soufQe dans une corne. A un tronc d'arbre sec pend une tablette avec le monogramme du maître dans lequel le jambage gauche du V représente un poignard, avec le millésime 1520 aux côtés. Le fond de cette gravure sur bois est noir et les contours sont en blanc et fort bien dessinés, le tout étant traité d'un style très-fantastique. H. 7 p. 4 1. L. 4 p. 3 1. — à Bâle.

Il parait que l'artiste lui-même a exécuté cette gravure dont le dessin a été taillé dans le bois même d'une manière caractéristique et avec beaucoup de liberté.

117. La Mort et les deux soldats avec une femme, de 1524 (Bartsch No. 16). On en trouve un fac-similé dans Ottley. (Collection of 129 etc.)

118 — 130. Les porte-bannières de la Suisse. 13 pièces,

430 École du haut Rhin du XVI* sièck.

chacune avec un porte» étendard, dont la bannière montre les armoiries d'un des cantons suivants: Zurich, Berne, Uri, Schwytz, Zug, Glarus, Bâle, Fribourg, Schafihouse, Appenzell, Saint Gall, Coire et Vaud. Quelques-unes de ces pièces portent la date de 1521, mais aucune le monogramme, quoiqu'il soit indubitable qu'elles appartiennent . à Urse Graf et qu'elles soient traitées de la même manière que la famille du Satyre (No. 116), c'est-à-dire que le fond soit noir et les contours et les lumières en blanc. H. 7 p. 4 1. L. 4 p. — à Baie.

131. Un porte-étendard. Il s'avaxice vers la droite, coiffé d'une barrette richement ornée des plumes d'autruche et élève de droite à gauche un petit étendard dont on ne voit qu'une partie marquée du millésime 1527. Sans monogramme. La figure, sur fond blanc, est noire avec les contours et les lumières en deux. H. 7 p. 6 I. L. 4 p. 7 1. — Francfort s. M.

132. Un écrivain présente un ouvrage au pape. Celui-ci est assis à gauche sur un trùne et tient le livre, que lui donne un ecclésiastique. A droite, on voit plusieurs autres ecclésiastiques et docteurs debout qui expriment leur étonnement. Au bas se trouvent cinq petits médaillons dans des arabesques avec plusieurs sujets dont celui du milieu représente un prêtre disant la messe. Le monogramme est sur le baldaquin du trône. Dans l'arc du haut, on aperçoit sept petits anges. H. 8 p. 10 1. L. 7 1.

Sur le revers se trouvent les armoiries de Bâle avec un basilisque pour apport. On lit dans un petit écusson: BASILIAE 1511 et en bas, à droite, les lettres D. S. qui forment probablement la marque du graveur sur bois. — Coll. Albertine à Vienne. L'écusson manque quelquefois.

Ces armoiries se trouvent également sur le revers d'une gravure sur bois du Gratian où celui-ci est représenté assis et écrivant, tan- I dis qu'il regarde à droite, où se trouvent le pape, des cardinaux, des i évéques et plusieurs savants, qui lui présentent leurs livres. Dans la bordure se trouvent les figures des prophètes, des évangéUstes et des f pères de l'église. H. 8 p. 7 1. L. 7 p. 1

133. L'écusson au double aigle. Sur sa poitrine se trouvent ' les armoiries de l'Autriche; l'écusson a pour supports deux lions; à I droite une tablette avec le monogramme. H. 1 p. 9 1. L. 3 p. 10 1. | (Bartsch No. 17.) f

134. Arabesque avec le sacrifice d'Abraham. Cette | composition se trouve au bas, le monogramme est sur l'autel. H. 4 p. ^

Urse Graf, Orfèvre et graveur en acier de Bâle. 431

6 1. L. 3 p. Employé au centre du titre: ,,Paraphrasi8 in epistolas Pauli ad Timotheum etc. per Des. Erasmum Roterdamum S. 1. et a.

135. Arabesque avec deux bustes. H. 2 p. 21 L. 5 p. 4 L (Bartsch 12.)

136. Arabesque au génie sur un serpent. H. t p. 1 1. L. 6 p. 1 L (Bartsch 13.)

137. Bordure de titre. Deux génies an bas soutiennent un écusson avec les mots: 10. PROBE TYPIS EXCVDEBAT etc. En bas, à droite, le monogramme.» Les latéraux montrent des colonnes ornées; en haut, à gauche, une femme nue (Eve) tenant un serpent de la main gauche et montrant avec le doigt vers le bas, où, sur la colonne, se trouvent les lettres M VA. H. 10 p. L. 7 p. 4 1. £m^ ployée dans le livre intitulé: „Ludovici Cœlii Rhodigeni in antiquarum lectionem libres etc.^^

138. Bordure de titre. En haut, dans les coins, se trouvent deux médaillons avec des bustes d'homme et de femme. A gauche, le monogramme. Au bas, sur la plinthe, on lit à gauche ESIMI: à droite, A ^ M. Cette gravure sur bois in-fol. se voit dans des éditions de Andréas Pétri, à Bàle, pendant les années de 1515 et 1516.

139. Bordure de titre avec Adam et Eve. Les deux premiers parents se voient en haut, près de Tarbre de la science. Au milieu, un écusson avec le monogramme d'Adam Pétri. Aux deux côtés, à côté des colonnes, se trouvent un homme et une femme nus ; en bas, deux génies près d'un vase, avec le monogramme d'Urse Graf. Sur les colonnes, le millésime 15 — 16. H. 6 p. 7 1. L. p. 8 L Employée dans le livre intitulé: „De ratione syllabarum brevis isagoge etc. "

140. Bordure de titre. De chaque côté, une colonne, et tout près, un candélabre. On voit au-dessus de la colonne, à gauche, un homme nu; à droite, une femme également nue. En haut, un arc surbaissé, avec deux hommes agenouillés dans les coins. Dans l'arc même, un écusson avec deux petits Amours. Le monogramme se trouve en bas, à droite, au pied d'une des colonnes. Employée pour le livre intitulé: „Horale reductorium super totam bibli'am, fratris Pétri Berthorii Pictaviensis etc. Anno M.D.XVII," chez Adam Pétri; in-fol.

141. Bordure de titre. Au bas, cinq petits génies, dont trois tiennent un écusson vide, tandis que le quatrième, debout à droite, souffle dans une corne. Sur les listels aux côtés, à gauche, est assis

432 École du haut Rhin du XVr siècle.

un entaDt tenant un trophée d'armes, et aunlessous de lui se trouve une tablette avec le miUéskne 1523. En haut, deux génies assis dans des rinceaux. H. 4 p. 9 I. L. 3 p. 2 1. — Gravure sur métal traitée tout à fait dans le style de Urse Graf, mais sans monogramme. Employée dans la „Geographia Ptolomaei^^ de Sébastien Milnster. Bâle 1552.

142. Bordure de titre. En haut, la demi*figure de l'apôtre Saint Pierre, en bas, ceHe de St. Paul, et dans les quatre coins les symboles des évangélistes. Dans les latéraux, les quatre pères de Tégli^. Pièce non signée. H. 9 p. 1 L L. 6 p. 2 1.

On trouve souvent cette bordure dans les éditions de Henri Pétri de Bâle et entre autres dans la Geographia universalis et dans la Cosmographia de Sébastien Milnster; éditions de 1540 et 1574.

143. Bordure de titre avec le Christ et les Apôtres. Ces derniers sont agenouillés devant le Sauveur, et dans les quatre coins se trouvent les symboles des évangélistes. En haut, on voit Dieu le père avec le Saint Esprit. Au bas, le monogramme, avec le rochoir. Cette gravure sert de titre à la „Vie de Jésus-Christ^' de Jean Wichtlin, publiée en 1508 à Strasbourg par J. Knoblauch.

144. Bordure de titre avec la figure Humanitas. Elle est assise en haut sur un char traîné par quatre personnages, Virgile, Homère, Tullius (Cicero) et Demostbènes. Sur les latéraux, deux

ç figures, TOYKAIPOI T NKME2E. sur deux colonnes. La marque est

au milieu du bas. H. 10 p. L. 6 p. 6 1.

145. Bordure de titre avec quatres listels. À gauche et à droite, deux colonnes doubles ornées, sur la plus petite desquelles se trouvent, à gauche, un homme nu avec une épée ceinte à son côté, à droite, une femme également nue. Sur la plus grande des colonnes sont agenouillés deux hommes tenant un rinceau au-dessus d'un arc sur lequrl on voit deux petits Amours avec un écusson vide. A la droite du bas, au pied de la colonne, la marque. Employée dans les ouvrages de Jean Gerson publiés à Bâle en 1518. H. 7 p. 11. L. 6 p. 3 1.

Nicolas Manuel (surnommé Deutsch). 433

m ^KAD. r©

Nicolas lanvel (surnommé •««tsek).

(Bartsch VllI, 46S.)

Ce peintre, qui était probablement eu même temps graveur sur bois, naquit à Berne en 1484 et, selon toutes les probabilkés, était le ûls naturel d'un certain Manuel Alleman et de la fille également natureUe du secrétaire de la ville Dr. ThOring Frickart; cette fille se nommail Marguerite et devint plus tard la femme de Hans Vogt. A son entrée dans la vie, notre artiste se vit néanmoins obligé de changer son nom de famille Alleman en celui de Manuel, auquel il ajouta, par allusion au nom de son père, la désignation de Deutscb. £n 1509, il épousa Catherine Frisching, et nous remarquons parmi les signataires du contrat de mariage un certain Nicolas Dutzmann (oil Deutschman, autrement Alleman); cette circonstance indiquerait donc une proche parenté entre celui-ci et notre peintre. En 1511, il devint membre du grand Conseil des 200 à Berne, et nous le trouvons plus tard en 1528 dans le Consei) restreint, ce qui donna souvent lieu à ce qu'il fût employé dans des missions ayant pour but de pacifier les troubles occasionnés par l'introduction de la Réforme. Dans la collection de la ville de Bâle, on trouve de lui des dessins au crayon avec la date de 1511 et des portraits à Thuile avec celle de 1517. Mais le plus célèbre de ses ouvrages est sans contredit la Danse des Morts, qu'il peignit à fresque de 1515 à 1521 dans le cloître du monastère des Dominicains à Berne. La circonstance que l'on trouve des listels pour ornements de livres, de peu d'importance il est vrai , mais qui se trouvent signés de son monogramme , paraîtrait prouver qu'il a été aussi graveur sur bois. Et, comme il le dit lui-même dans un rapport au Conseil, sa profession de peintre ne pouvant le. nourrir, quoiqu'il fût un homme actif et de talent, il ïi'est pas improbable qu'il ait eu recours à la gravure sur bois pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. On doit néanmoins remarquer, à ce sujet, que le poignard qui se trouve à cdté de Finscription NICLAUS MANVEL VN BERN 1518, sur une copie de la peint.ure à fresque représentant Salomon entouré de ses femmes, qu'il exécuta sur la façade de sa maison dans la même ville, ne représente pas plus que ce n'est m. 28

434 Ëcole du haut Rhin du XVr siècle.

le cas pour Uise Graf, un canif de graveur, mais seulement un poignard, en signe de son service militaire, qu*il avait fait en Italie. Ceci appert encore de plusieurs de ses dessins dans la collection de Bâle, où les lansquenets portent un semblable poignard et où une Judith même en montre un pareil passé, dans sa ceinture.

On trouvera dans Texcellent ouvrage intitulé „Nicolaus Manuel, Vie et oeuvres d'un peintre, poète, guerrier, homme d*état, et réformateur du 16*. siècle," du Dr. G. Grttneisen, Stuttgart, 1837 in-8°, que notre artiste prit du service en France en 1522 et qu'il se trouva à l'assaut de Novare, où il fut blessé à la main gauche; que dans l'année suivante, néanmoins, il retourna à Berne et fut nommé bailli d'Erlach sur le lac de Biel, qu'il composa ensuite plusieurs poèmes et divers écrits, qui sont pour la plupart religieux ou politiques, mais aussi quelquefois satyriques, selon la coutume de l'époque. Menant une vie aussi accidentée que laborieuse, il n'atteignit que l'âge de 46 ans et mourut à Berne en 1530.

Dans les tendances de l'art, il s'approche beaucoup d'Urse Graf; dans ses compositions, il est plein de fantasie, quelquefois sur*» abondant; il donnait beaucoup de soin à l'exécution de ses tableaux et de ses dessins, mais il lui manquait le sens de la beauté. Ses orhements même sont pour la plupart rudement exécutés.

Bartsch ne connaissait de notre maître que dix gravures sur bois représentant les vierges sages et les vierges folles. Nous avons trouvé dans la Geographia Ptolomaei de Sébastien Mitnster quelques petits listels avec arabesques, d'un travail rude, mais qui «ont marqués de son monogramme. GrQneisen, dans l'ouvrage que nous avons cité ci-dessus, indique (page 195) plusieurs ouvrages de Manuel ornés de gravures sur bois qui, bien que non signées, doivent lui être attribuées. Ge sont les suivantes.

Gravures sur bois.

11. £in schon bewerts lied vonn der reynen unbeflecktenempfangnuss Marie, in d'we ys s Maria zart. Unnd darbey die wor histori von denn fier Ketzeren predigér ordens der observantz zu Bern inn Eydgenossen verbrannt kurtz noch der geschicht begriffen, mit vil hûbscbenn figuren.

Nicolas Manuel (surnommé Deutsch). 435

Un beau cantique sur la conception immaculée de la Vierge, suivant la mélodie „Maria zart.^' — Puis la vraie histoire des quatre hérétiques de Tordre des Prédicateurs à Berne, où ils ont été brûlés, relaté par apris, avec beaucoup de figures.

On voit trois différentes éditions de ce petit écrit Une d'elles, en dialecte suisse et probablement la plus ancienne, contient 17 compositions xylographiques dont la première, composée de deux bois réunis représentant la Vierge avec l'enfant Jésus et vis-à-vis les moines prêcheurs, orne le titre.

La seconde édition, en dialecte allemand, représente sur le titre : „rintroduction de Jezer dans le couvent des Prédicateurs" et au revers, en haut, la Vierge avec l'enfant Jésus dans une gloire, abaissant leurs regards vers une figure de femme couronnée. A gauche sont imprimés les vers qui dans la première édition sont divisés entre la page de titre et la dernière de l'opuscule. Ces deux éditions se trouvent dans la Bibliothèque de Munich, mais on rencontre plus souvent la troisième édition avec le titre suivant :j

Die war history von den vier kelzer prediger ordens zu Bern in der Ëydgenossenschaft verbrant.

£in schôn lied von der unbefleckten èmpfangknuss Marie.

£t au-dessous une grande gravure sur bois, qui représente l'accueil de Jezer dans le cloître. Les autres gravures des premières éditions manquent.

12. Ein Fassnachtsspyl so zu Bern vff des hernfassnacht in dem M.C.XXîI jare, von Burgersssônen offentlich gemacht ist, darin die warheit in scbimpfswyss vom Bapst und seiner priesterschafft gemeldet wQrt.

Item ein ander spyl, daselbs vff der alten fassnacht darnach gemacht, anzeigende grossen vnderscheid zwischendemBapstundChristumJesumunseremseligmacher.

(Un jeu de carneval, qui a été exécuté publiquement en M.D.XXU à Berne par les fils des bourgeois, figurant en raillerie la vérité sur le pape et son clergé.

Item un autre jeu dans la même ville à la „aUen Fassnacht", indiquant la grande différence entre le pape et Jésus Christ, notre sauveur.)

Cette édition, la plus, ancienne de celles qu'on a retrouvées au-

436 École du baut Rhin du XVI' siècle.

Jourd'hui, contient à la fin l'indication suivante: Gedruckt îm Meyen im iare M.D.XXIIII. Pet. in-8^

Entre ces deux pièces de théâtre se trouve une gravure où Ton voit deux paysans suisses, avec Tinscription : Rude Fogelnest, Cleywe pflug; tous deux avec des bordures distinctes, se tiennent Fun vis-àvis de l'autre.

L'édition qui' suit immédiatement la précédente, a in fine: Gedruckt im dritten tag Jenners im lar. M.DXXV. Sur le titre on voit une gravure sur bois représentant un Suisse portant suspendus plusieurs des écussons de la Confédération et qui tient dans la main droite une bourse et de l'autre un parchemin, entouré de quatre personnages en vêtements de bouffon, qui lui persuadent de faire allianceavec eux et de leur fournir une pension.

Une troisième édition, avec le titre un peu changé, porte in fine indication „Anno 15.29. Jar.^^ Sous le titre se trouvent les armoiries de Berne tenues par deux ovwi. On voit également une mauvaise petite gravure sur bois devant la seconde pièce représentant deux paysans suisses qui s'entretiennent ensemble.

Une quatrième édition, sans date, mais en dialecte allemand, semble aussi appartenir. à 1529 et porte sur le titre les armoiries de Berne soutenues par deux ours, dont celui de gauche tient une épée.

Une cinquième édition se termine comme suit: „Erstlich getrttckt zu Bern by Matthia Apiario in 1540 jar." C'est donc la première imprimée à^ Berne.

Nicolaus Manuel parait avoir fourni les dessins des bois pour les deux premières éditions, quoique sa marque ne s'y trouve point. On trouvera des détails plus précis sur ces divers ouvrages dans l'ouvrage mentionné de Grilneisen, p. 204 — 208.

13. Eia hUpsch new lied und verantwortung des Sturmes halb beschâchen zu Pigpopa, ïn der wyss wie das Passier lied. Ceci est le titre d'une feuille volante petit in-8°, sans lieu ni date, qui se trouve dans la bibliothèque de Zurich. La vignette montre un Suisse avec épée et lance. Le texte contient la réponse d'un Suisse à un lansquenet allemand, qui reproche aux confédérés l'impétuosité qui leur fut si fatale à la bataille de la Bicocca, et cherche aussi à se venger des moqueries que l'on avait coutume d'adresser aux lansquenets* V. Grùheisen p. 214.

Nicolas Manuel a composé encore plusieurs autres écrits et poèmes d'un caractère satyrique, politique et religieux, et doit avoir même

Hans Rudolphe Manuel Deulsch. 437

publié plusieurs feuilles volantes de ce genre, après les avoir ornées de quelques compositions gravées sur bois; il semble néanmoins qu'aucune de ces pièces ne soit parvenue jusqu'à nous, tandis que les premières, dont Grûneisen parle encore plus amplement que nous ne Favons fait^ ou ne contiennent point des gravures sur bois, ou en contiennent qui ont été exécutées après la mort du maître el par conséquent n'ont rien de commun avec son style ou sa manière.

R m- PèD HR MANVEL D.

Hans Rudfrfphe Hanuel Beutsch.

(Bartsch IX. 324.)

II était fils de Nicolas Manuel, naquit en 1 525 à Erlach , et fut, comme son père, peintre, dessinateur et poète. Il apprit la peinture en 1544 chez le maître Maximin à Bâle, mais il est douteux qu'il ait été en même temps graveur sur bois, puisque plusieurs des gravures marquées de son monogramme portent en même temps les signatures de divers graveurs sur bois. Nous trouvons également quelquefois accompagnant son monogramme, comme c'est le cas pour Urse Graf et Nicolas Manuel, le petit poignard, qui ne doit pas certainement indiquer le graveur sur bois; c'est ce qu'on voit entre autres sur les dessins de deux hérauts d'armes, de l'an 1^40, dans la collection de Bâle. Nous trouvons dans l'ouvrage de Grtineisen „Nicolas Manuel etc." p. 286 quelques détails sur ses pièces, et nous apprenons, par la chronique manuscrite de Jean Haller, que notre maître formait, en 1560, partie du grand Conseil à Berne, qu'il obtint, en 1562, le bailliage de Morsen, et qu'il mourut en 1571. Le chroniqueur remarque à son sujet: „bonne tête et merveilleux artiste, mais malheureusement fort travaillé par la goutte."

Gravures sur bois. >

Additions à Bartsch.

30. Occupations dans le travail des Mines. 260 gravures sur bois dans l'ouvrage intitulé: „Georgii Âgricola de re melallica libri XII etc. Basileae 1556.57. 61. Froben*'. In-foJ. Plusieurs de ces pièces sont marquées de la signature de H. R. Manuel. Les plus grandes pièces mesurent 8 p. 9 1. en hauteur, 5 p. 2 1. en largeur; les plus petites H. 5 p. et 5 p. 3 1. L. 5 p. (Voyez Heller, Additions à Bartsch et R. Weigel, Kunstcatalog No. 17013''. 18410. .21922.)

31. Les portraits des empereurs; depuis Jules César jusqu'à Charles V. 118 médaillons avec les têtes vues la plupart de proûi et entourées du nom de l'empereur. Dans le médaillon entouré d'ornements on trouve, entre deux demi-colonnes et près des piédestaux à gauche, la marque R <=«=» W de Rudolphe Wyssenbach graveur sur bois de Zurich, qui publia, en 1549, un alphabet de grosses lettres ornées sur une seule feuille (Voyez Becker, Deutsches Kunstblatt 1853 p. 319). A droite, à côté d'une plume, la marque de H. R. Manuel Deutsch. Au-dessus de chaque portrait se trouve encore une fois le nom de l'empereur. On lit sur le premier: EFFIGIES CAI JVLII CAESARIS PRIMI IMPERATORIS, et sur le dernier: EFFIGIES CAROLI V XXXIX GERMANORVM IMPERATORIS. H. 16 p. 2 1. L. 12 p.

Il faut pourtant remarquer que la bordure seule, d'après un dessin de H. R. Manuel Deutsch, a été gravée • par R. Wyssenbach. Les tètes des empereurs, imprimées à part, diffèrent du style des deux maîtres dans le dessin et l'exécution et sont assez maigres et rudes de taille.

Le titre de l'ouvrage porte une gravure sur bois marquée du monogramme de Christophe Sch weilzer, graveur sur bois de Zurich, monogramme qui est composé d'un C et d'un S (Voyez Bartsch IX. p. 412 et Becker, Deutsches Kunstblatt 1853 p. 318). Ce sont des rinceaux de fleurs et de fruits avec des génies, dont deux en bas portent la vignette de l'imprimeur André Gessner de Zurich, qui entourent le titre suivant:

Imperatorum romanorum omnium orientalium et occidenlalium verissimae imagines etc. Descriptiones ex thesauro Jacobi Stradse etc. Gr. in-fol.

32. Un guerrier. Il est vu de profil tourné à droite, porte un

Le maître H. C. 439

grand chapeau à plumes, une chaîne suspendue sur la poitrine, et pose la main gauche sur le pommeau de son épée. A la gauche du bas se trouve le millésime 1547 avec le monogramme ^^7' et à droite, sur une tablette, inscription HR. MANVEL D. En haut, à gauche, des vers allemands commençant ainsi: 6i$ mit tDtlkommen «tuîrtr tofit etc. H. 14 p. 9 1. L. 11 p. 1 I. (?) — Berlin.

33. Un guerrier. Pendant de la pièce précédente. Il est vu de face, la tête tournée à gauche, et porte un chapeau orné de plumes. De la main gauche, il tient un verre, et son épée est posée en travers sur le corps. A la droite du bas, une tablette avec les lettres: HRMD, près d'une plume; ensuite le monogramme R W 1547 du graveur Rud. Wyssenbach, à côté d*un couteau de graveur. Au-dessus, à droite, on lit: i^ord) tnetn SdjtDCS^er td) mil lrtr$ sagt etc. H. 15 p. 2 I. L. 10 p. 1 1.

Ulrich Hegner, dans sa Monographie sur Hans Holbein (p. 64), attribue ce monogramme à Hans Galatin, dont on trouve souvent en Suisse des dessins au crayon, qui ressemblent beaucoup S ceux de Holbein. On voit encore de lui des gravures sur bois dans des ouvrages qui parurent à Berne durant la première moitié du XVP. siècle. A l'opinion qui donne ce monogramme à Hans Gdatin, on pourrait opposer qu'il est orné de H C et non de H G, comme l'exigerait le nom de ce maître. BruUiot (Dict. I. No. 1223) n'explique point ce monogramme et dit seulement, que le maître a fait plusieurs dessins pour les imprimeurs de Colmar et de Berne, qui, gravés sur bois, parurent dans les livres de 1540 à 1545. A en juger d'après la seule gravure sur bois qui nous soit connue de ce maître, il appartenait à l'école du haut Rhin en suivant les tendances de celle de Hans Baldung Grun, sans se montrer néanmoins pour cela un artiste distingué.

440 École du haut Rhin du \W siècle.

Gravure sur bois.

La Nativité. La vierge et St. Joseph sont agenouillés auprès de l'enfant Jésus couché par terre. Sur une colline à droite , l'Annonciation aux bergers. Le monogramme est à la gauche du bas. H. 3 p. 9 1. L. 4 p. 8 1.

Cette gravure se trouve dans le livre intitulé: „Evangelien und Episteln des neuwen Testaments etc. durch Ambrosius Kenipffen zu Freiburg in Pryssgau. Colmar, Bartholomeus Gruninger 1543. In-fol.

àiT

(Bartsch VII. p. 452.)

La première de ces marques se trouve sous la gravure sur bois d'un Saint Etienne entre deux Saints, gravure que Bartsch décrit une première fois sous le No. 1 du monogramme qui nous occupe, et une autre fois sous la rubrique d'Albert Durer No. 109. Mais comme dans les premières épreuves, on trouve encore l'indication 151^ "^ qui est cgnnue comme celle d'un graveur sur bois de l'an 1516 (Voyez BruUiot, Dict. L No. 3160 et IIL app. No. 352); il en ressort, que ce premier monogramme appartient à un dessinateur sur lequel nous n'avons encore aucune donnée certaine.

On doit néanmoins attribuer les deux marques IF et H. F. à un seul et même graveur sur bois dont les œuvres se trouvent dans les livres qui, de 1516 à 1519, ont été imprimés à Strasbourg par Jean Gruninger ou à Bâle chez André Cratander. Heller se trompe cependant quand il donne ces signatures sur des gravures comme celles de Hans Frank, qui travailla à Augsbourg au Triomphe de Maximihen L par Burgmair, puisque celui-ci était un artiste beaucoup plus adroit que celui dont il est question ici. L'opinion de BruIIiot (Dict. L No. 1881), qui appelle notre maître Hans Furtenbach, est plus probable. Nous avons déjà mentionné ce graveur dans la description des pièces d'après Ambroise Holbein à l'occasion de la pièce de l'Hercule gaulois de 1514. Bartsch décrit six gravures sur bois de notre graveur de 1516, qui se trouvent dans le livre intitulé : „Die Brosamlein Doct. Keiserpergs etc.

Le maître H. F. 441

Strassburg 1517 bel Johana Gruninger. In -folio. Nous pouvons y ajouter les suivantes, qui, en conamençant par le No. 8, se trouvent dans le même livre.

Additions à Bartscb.

Gravures sur bois.

8. La tentation de Jésus. Sur le premier plan, à gauche, se trouve le Christ qui repousse le démon lui offrant des pierres pour les changer en pain. Dans le fond, on voit Satan debout auprès de Jésus, sur le pinacle du temple, et encore à droite sur la cime d'uu rocher; sur une des nombreuses pierres gisant sur le terrain ^e trouve la signature H. F. H. 6 p. 10 L L. 5 p. 1 L

9. Le marchand qui fait un serment II est debout à droite près d'une table avec des livres et jure devant un homme et sa femme, dont il reçoit de Targent,. Dans le fond, une autre femme, qui regarde d'un air moqueur. La signature et la date de 1516 se trouvent sur la colonne à'gauch^ H. 3 p. 8 1. L. 5 p. 3- 1.

10. Le vendeur de poissons. Un monsieur marchande un brochet à un pécheur, près duquel on voit un autre homme et derrière lui un jeune matelot; à gauche, une servante. Sur le devant, on voit courir un crabe. Sans signature et de la même dimension que la pièce précédente.

11. Le banquier de jeu ambulant. Il se trouve près d'une table de jeu avec trois hommes, dont l'un jette les dés» Sans marque et même dimension.

12. Le diable en marchand de cartes, de dés etc. Il est debout derrière son étalage et souffle dans un fifre. A gauche, un autre jeune homme qui en fait autant; à droite, deux hommes, dont l'un tient un dé. Pièce non signée et de la même dimension que les précédentes.

Dans le même hvre des sermons de Kaisersberg, on trouve en-core trois gravures sur bois, qui appartiennent indubitablement an même dessinateur, mais qui, dans la taille, sont traitées d'une manière plus riche que les autres, et qui, par conséquent, doivent avoir été exécutées par un autre graveur sur bois. Ce sont les suivantes:

442 École du haut Rhin du XVI' siècle.

13. Le docteur Keyserperg. Il est assis à droite devant son bureau, tandis que le frère Johannes Paulin recueille dans un panier les feuilles écrites qui se trouvent sous la table. A droite, un domestique qui sort. Sans signature et même dimension que plus haut.

14. La fontaine de Tamour divin. D'une même source s'écoulent trois ruisseaux marqués: „Liebe, Geduld, Wahrheit" Près de la source est assise une jeune fille avec un agneau couché près d'elle. Sans marque et de la même dimension que la précédente.

15. Utensiles domestiques et instruments de Musique. Us pendent ou sont posés sur une table et par terre. Au-dessus, imprimée en caractères mobiles, l'inscription: „Hie angez5gt zu feilem

N Kauff als zu Franckfurl ist ein mesz. zu Zurtsach ist ein marckt vnder dem hymmel; in den Sttete ist der tUffels marck an manche ort, ein gimpelmarckt ist zu Strassburg". Avec l'inscription H. 4 p. 5 I. L. 4 p. 9 1. Cette gravure sert de *titre à un Sermon „Des six marchés."

Uj^^ M 1522.

(Bartsch Vil. p. 522.)

Dans le catalogue des gravures au burin du maître néerlandais N. H. (Bartsch VIL p. 548), nous avons déjà fait remarquer que la gravure sur bois décrite par Bartsch p. 552 sous le No. 1 , représentant un combat dans une forêt, diffère beaucoup, dans la, manière, de cette gravure au burin, et qu'elle devait appartenir à un maître de l'école du haut Rhin. Cette opinion est encore confirmée par la circonstance que Hans Ltltzelburger avait gravé à Bâle ce même sujet sur bois, circonstance inconnue à Bartsch, puisqu'il n'en connaissait qu'un exemplaire incomplet. Nous décrivons donc ici cette pièce en entier en y ajoutant deux autres feuilles qui appartiennent probablement au même maître.

Le maître N H. 1522. 443

Gravures sur bois.

1. La séparation des Apôtres. Ils se voient dans un paysage et sont partagés en divers groupes. Au milieu du bas, on lit; DIVISIO APOSTOLORVM. A gauche, sur une pierre, on trouve la signature !NH au-dessus la date de 1522. H. 12 p. 8 1. L. 18 p. 8 1. (Brulliot Dict. I No. 2439). La taille est différente et moins bonne que celle de Ltitzelburger dans la pièce suivante.

2. Combat dans une forêt. Des paysans armés de fourches, de fléaux et de divers autres instruments, combattent contre une troupe d'hommes nus qui sont armés de sabres et de rondaches. Le fond offre une forêt de pins. A la gauche d'en bas se trouve une tablette avec les lettres N. H. écrites à rebours. H. 5 p. 9 1. L. 10 p. 11 1.

En bas, dans le coin à gauche, on lit sur une tablette: HANNS LEVCZELBVRGER FVRMSCHNIDER 1.5.2.2. Vis-à-vis, à droite, se trouve une autre tablette avec un alphabet de 23 initiales en caractères romains et au bas, sur trois colonnes, 34 vers rimes imprimés en caractères mobiles:

atn 3n$el t)ai^t Utopion ©ic Ugl nit ferr von itlocian

Après avoir loué les peintres grecs, on passe aux louanges du créateur sur son trône:

Der aile gaben tailt gar schone

Mit rechter Masz wer es begerte

Des maalens seind nit vil gelerrte

Darumb man billich loben soU

Den, der sein kunst beweiset wol

Als diser auch ain maister was

Doch ist jm lieber das wein glasz

Das braucht er fur ain langen Spiesz

Er ihûc jms nach, den das werdriesz.

Ces vers se trouvent sur l'exemplaire du cabinet de Dresde. Le Dr. Nagler fait remarquer avec raison que les premiers vers font allusion à rUtopia de Thomas Morus et à l'Eloge de la folie (Moriae encomium) d'Erasme et que la conclusion se rapporte à H. Holbein, en ajoutant que la marque H. N. pourrait indiquer la première et la dernière lettre

444 École du haut Rhin du XVP siècle.

(le son nom de famille, sur la gravure certainement exécutée par Hans Lutzelburger. Mais cette idée est tellement contraire aux usages de Tépoque, que nous devons hésiter à l'accepter, malgré toutes les apparences qu'elle peut avoir eues à sa faveur. Du reste, celte signature doit se lire N. H. et non H. N. ce qui s'oppose encore davantage à celte hypothèse.

3. Enfants avec des rinceaux de fleurs. Des rinceaux avec deux anges et cinq enfants, dont Tun joue du tambour et l'autre du fifre. Sur une tablette, on voit le monogramme Ni. Lé dessin de cette gravure est tout à fait dans le style de Holbein. — à Bâle (Dr. Nagler, Kilnstler-Lexicon VIII. p. 110).

KM

Bartsch (vol. Vil. p. 545) décrit une gravure au burin avec le monogramme ^ accompagné d'un poignard, gravure qui est traitée dans le style de l'école du haut Flhin , et qui doit appartenir au maître des gravures sur bois décrites plus haut.

1. La Sainte Vierge. Elle est debout sur le croissant, tenant de la main gauche un sceptre, et sur le bras droit l'enfant Jésus, qui de sa main gauche porte à sa bouche un grain de la grappe de raisin qu'il a sur ses genoux. Toute la figure de la Vierge est entourée de rayons. Le chiffre du graveur se voit en bas, à droite. H. 5 p. 1 1. L. 4 p. 7 1. — Dresde. Oxford.

Le poignard au-dessous de ce monogramme rappelle un indice du môme genre sous les signatures de Urse Graf et de Nicolaus Manuel Deutsch. Cela signifie qu'ils avaient servi comme lansquenets à l'élranger.

Hans LUtzelburger ou Leutzelburger, surnommé Franck. 445

H. H. L. FVR.

■ans Ifitidbwger o« leiitielbiirger^ sKroomé Franck.

Peintre et graveur.

C'est une conimunicatioD de C. de Meckel de Bâie à M. de Murr (Journal XVI. p. Il), qui a attiré pour la première fois Tattention sur ce prince de tous les graveurs sur bois. Nous n'avons aucunes données certaines sur les circonstances de sa vie, et il est encore douteux si BâIe, où il a demeuré, est aussi le lieu de sa naissance. M. Nagler croit devoir opiner «qu'il est natif du Luxembourg, comme son nom de Lutzelburger pourrait le donner à penser (Compag. f. e. Expositio fratris Bernardi de Lutzenburgo in Symb. Atbanasii. Cologne 1512 4^) ainsi que la forme bas-allemand du mot Furmschnider qui accompagne sa signature. Du reste, il devait se trouver encore très-jeune à Bâle, si la notice dans l'appendice du livre de la corporation des métiers et des arts „Zum HimmeP' à Bâle, où on lit que ))^0jB au9 t^attie; frank Irtr moUtt^^ 1513, se rapporte à lui. Il alla donc, selon l'usage, après avoir fîni son apprentissage, faire „le tour d'Allemagne^^ et si nous admettons que cet événement doit avoir eu lieu avant sa vingtième année, nous trouverons l'an 1495 pour celui de sa naissance.

Il parait s'être arrêté quelque temps, de 1516 à 1519, à Augsbourg, et y avait exécuté, sous la direction de Jost de Negker, quelques gravures pour le triomphe de l'empereur Maximilien L, puisque le nom de Hans Franck se trouve écrit à l'encre au dos de plusieurs des bois de cet ouvrage (Voyez Bartsch P.-G. VII. p. 236).

Il nous est prouvé qu'il était déjà établi en 1522 à Bâle, et qu'il y exerçait son art de graveur, par une couple de gravures sur bois au moyen desquelles il cherchait à se faire connaître aux imprimeurs. La première, comme nous l'avons dit ci-dessus, porte l'inscription : H:AuniQ^ Cutjtlbutgtr formfdjnlîïcr jjt nantit frandi, et l'autre, du Combat dans un bois, à côté du monogramme du maître N. H., l'indication HANNS LEVCZELBVRGER FVRMSCHNEIDER 1.5.2.2. Où trouve son monogramme IL sur la composition de la Duchesse dans la Danse des Morts de Holbein, et la marque H. L. FVR (Hans Lutzelburger formschneider) sur la bordure du titre avec le baptême du Christ d'après Holbein, pour le nouveau Testament publié en 1523 chez Th. WolIT, de Bâle.

Dans notre catalogue de l'œuvre de Holbein, nous avons vu le

nombre considérable de gravures sur bois exécutées par Lutzelburger, principalement sur les dessins de ce maître, pour les libraires de Bâle et Froschauer de Zurich, et, en 1530, la Danse des M^rts et quelques pièces de l'ancien Testament pour les frères Trechsel de Lyon. Nous avons mentionné aussi comment ces derniers, dans la préface à la première édition de la Danse des Morts, en 1538, expriment leur regret que l'auteur de ces ouvrages ïti mort avant que tous les dessins eussent été gravés sur les bois ei qu'ils ne trouvassent personne qui pût le rivaliser en adresse. Mais puisque Holbein se trouvait à Bâle précisément durant le mois de septembre 1538, et qu'il vécut longtemps après, les frères Trechsel ne pouvaient avoir en vue que le graveur sur bois Lùtzelburger. Cependant, nous trouvons - une circonstance qui pourrait nous faire croire que Lùtzelburger pouvait vers ce tempslà s'être rendu en Angleterre, puisque nous trouvons dans le poème de John Leland sur la naissance du prince Edouard de Galles, fils de Henri VIIL, publié en 1543, quelques gravures sur bois d'après des dessins de Holbein exécutées dans la manière incomparable de Hans Ltitzelburger et d'une telle manière, que nous n'hésiterons point à les lui attribuer. Cependant il serait hasardé de vouloir avancer là-dessus quelque chose de plus qu'une simple opinion, et nous devons laisser à des recherches ultérieures le soin de constater le contraire ou de confirmer cette hypothèse.

La fine intelligence du dessin et la taille pittoresque et hardie qui distinguent entre toutes les autres les gravures sur bois de Lùtzelburger, nous prouvent évidemment qu'il reçut une éducation d'artiste, comme c'était l'usage pour les peintres, éducation qui ne se trouve point chez les graveurs sur bois ei^ercés purement et simplement dans leur métier C'est pour cette raison que Topinion exprimée ci-dessus qu'il sortit comme peintre de Bàle pour commencer son tour d'Allemagne, trouve sa confirmation. Nous devons laisser indécis s'il a exécuté des gravures sur bois d'après ses propres compositions, puisque nous pouvons supposer, que les pièces marquées J»L ^^^6 et H. L., que nous avons décrites en parlant des maîtres du haut Rhin, appartiennent à Ltitzelburger. D'un autre côté, nous avons mentionné, d'après une notice d'Amorbach, que ces mêmes monogrammes pouvaient se rapporter au peintre Hans Leu de Zurich, auquel appartiennent ces dessins ait crayon et à la plume qui, marqués de IL 1519 à 1526, se trouvent dans plusieurs collections et dont nous avons déjà eu occasion de parler xlans l'œuvre de Holbein.

Hans Ltltzelburger ou Leulzelburger, surnommé Franck. 447

Bien qu'il soit encore absolument inconnu qu'à cette époque Ton ût usage de clichés d'après les gravures sur bois, cependant M. de Rumohr, qui paraît avoir eu en vue de diminuer ou ménie de contester la valeur artistique de Ltltzelburger, maintient qu'il s'est occupé principalement dans ce genre de travaux et croit le prouver eu disant que plusieurs des éditions de la Danse des Morts qui furent publiées hors de Lyon ne sont que des clichés de celles qui furent publiées dans cette ville. Mais, déjà, feu M. le directeur W. Schorn de Berlin, qui avait comparé toutes ces éditions, sans exception aucune, avec les éditions originales, a trouvé que les premières n'étaient que des copies des secondes, dont elles différaient en plusieurs points, peu importants du reste. On peut dire la même chose de quelques-unes des bordures de litres exécutées par Latzelburger pour Frobenius et d'autres imprimeurs de Bâle , de manière que cette supposition de ftumohr tombe d'elle-même.

Dans le catalogue de l'œuvre de Holbein et dq maître N. H., nous avons déjà indiqué les gravures qui appartiennent à Hans Latzelburger et^il serait superflu de les répéter ici; nous nous contentons de renvoyer à ce que nous avons déjà dit à ce sujet. A part les gravures en question, il n'est rien à notre connaissance qu'une pièce avec de^ initiales que Latzelburger a exécutées d'après les dessins de différens maîtres ; c'est la suivante:

Gravure sur bois.

1. Epreuve d'Initiales d'après les dessins de différens maîtres. Elles sont disposées en six rangées au-dessus l'une de l'autre, et les plus grosses des quatre premières rangées sont figurées. D'abord un alphabet avec des jeux d'enfants de 11 p. en carré, puis dix lettres grecques avec des sujets bibliques de la même grandeur. Ensuite un alphabet avec des ornements de 7 1. en carré sur deux rangées. Enfin, à gauche, un grand G, où l'on voit un homme qui contemple un cadavre coupé «n plusieurs morceaux, de 1 p. 3 1. en carré*, à droite un C avec un portrait d'homme. H. 1 p. 10 I. L. 1 p. 7 1. et au-dessus un jQTy orné. In- fol. en largeur. Dresde.

Quoiqu'il n'y ait aucune indication de graveur sur la pièce, indication qui aurait pu être enlevée, la bonté et le style de la taille prouvent qu'elle ne peut appartenir qu'à Latzelburger.

44S Ëcole du haut Rhin du XVP siècle.

(BruUiot Dict. I. No. 1765.)

Gravures sur bois.

Cet excellent artiste de Zurich faisait ordinairement suivre son monogramme du mot TIGURI et du millésime MDXLVI et où le trouve sur une demi-sphère portant Finscription VNIVERSALIS GOSMOGRA- PHIA, feuille qui, avec d'autres sans inscription, se voit dans l'ouvrage intitulé: „Rudimenta Cosmographica. Tiguri apud Froschoverum anno MDXLVI." 8^

On trouve le même monogramme sur une feuille de la Danse des Morts, en grande partie d'après Holbein, que Jobst de Negker publia eu ] 544 à Augsbourg. La gravure sur bois qui porte le monogramme en question représente l'avocat. Le travail y est beaucoup plus médiocre que dans la pièce de Thémisphère, de sorte que Ton n'y peut reconiiattre l'excellent graveur de cette dernière pièce.

R WJ.547.

Riidolph Wyssenbach,

(Bartsch IX. p. 168.)

Les deux premières marques forment la. signature dif dessinateur et graveur sur bois Rudolphe Wyssenbach dé Zurich , ce qui appert de ces^ravures sur bois où, à côté de son monogramme, se voit une plume, ^t auprès duquel on trouve. ordiqairement la marque formée de I et W. accompagnée d'un couteau de graveur. Notre artiste ajoute lui-même sur une gravure d'un alphabet indiquée par Becker composé de grandes lettres ornées: „Gedruckt zu Zurych by Rudolff Wyssenbach Formschneider 1549." Il a gravé également d'après des dessins de Hans Rudolph Manuel Deutsch, entre autres le guerrier No. 33 et ensuite la riche bordure du No. 119 des portraits des empereurs No. 31.

Rudolph Wyssenbacli. 449

Nous n'avons, du reste, aucun autre renseignement sur lui; nous savons seulement, en tenant compte des dates ajoutées à ses gravures, qu'il a exercé son art de 1545 à 1558.

Additions k Bartsch.

Gravures sur bois

1 — 10. Gravures et dessins d'Architecture. Bartsch décrit seulement dix de ces feuilles représentant des édifices somptueux dans le style de la renaissance, et il ignorait que sept autres se trouvaient dans l'ouvrage, publié plus tard, le „Saulenbuch," du célèbre mattre Hans Blum de Lor-sur-le-Main etc. etc. Zurich MDCLXII, sous le titre de : „Waarhafte Contrafacturen etlich ait und schOner Gebauen etc." On ne connait rien touchant l'invention de ces dessins „d'édifices somptueux", quoiqu'il ait été souvent dit qu'ils étaient de Hans Holbein le jeune, puisqu'en effet ils montrent une grande analogie de style avec les compositions de ce mattre. Il ne paraît j)as vraisemblable qu'ils puissent être des inventions du graveur Rudolph Wyssenbach lui-même, qui, dans ce cas, aurait dû acquérir quelque réputation comme architecte, et il est plus probable qu'il a gravé ces pièces d'après des dessins originaux. Nous donnons ici les pièces inconnues à Bartsch.

11. Vestibule avec cinq portes d'entrée, deux ailes en saillie et deux coupoles placées l'une derrière l'autre.

12. Edifice somptueux représentant un palais avec la façade à droite et deux étages. L'édifice du fond a six fenêtres. In-fol. en largeur.

13. Arc de triomphe avec trois ouvertures; au-dessus, cinq petites fenêtres.

14. Arc de triomphe composé de trois arches, uiie grande et deux petites. Au milieu, une attique avec un bas-relief de femmes sacrifiant et, aux côtés, des ornements avec des Amours assis sur des monstres.

15. Vestibule à colonnes avec trois portes; au-dessus, une coupole élevée avec lanterne.

16. Palais à trois étages avec des colonnes encastrées, sortant des trois quarts, 'd'ordre dorique en bas, d'ordre ionique au miheu et d'ordre composite au haut. A la gauche du bas se trouve le mo-

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