FH
La seule pièce que nous connaissions de ce maître semble indiquer qu'il vivait vers le premier tiers du XVP. Siècle et qu'il appartenait à l'école romaine de cette époque. Il se pourrait faire néanmoins qu'il fût Allemand.
132 Ecole Romaine de Marc Anloine.
V. La Vierge. Elle est assise, vue de face et tient sur le genou droit l'enfant Jésus nu. Celui-ci a dans la main droite une pomme et lève les yeux vers sa mère. Dans le fond, à gauche, une ville avec des montagnes; à droite, une ruine ressemblant au Colisée. A la droite du bas, sur une pierre, les initiales F. H. H. 7 p. L. 5 p. 3 1. Paris.
yO^O^V^I^AEW''^
La pièce d'une belle exécution que nous connaissons de ce maître, rappelle l'école de Marc Antoine. A en juger par le mot VEN ajouté à sa signature, il devait être originaire de Venise.
1. L'Homme sensuel tourmenté par sespassions. Sur une butte est assis, couché à demi, un jeune homme avec l'expression d'une vive douleur causée par un serpent autour de son bras gauche et qui le pique, tandis qu'une panthère qu'il tient par la queue et qu'il cherche à éloigner de lui, le mord au côté. Derrière la butte, un autre jeune homme s'enfuit épouvanté. A gauche, sur les nuages, l'Amour décoche une flèche au patient. A la droite, un arbre s'élève jusqu'à toucher la bordure et près du pied gauche de la figure, la signature ci-dessus. A gauche, sur un grand cartouche, un sonnet décrivant les peines de l'amant délaissé et commençant:
Non di Laocoonte il duro esempio, etc.
Plus bas, adroite: ANT, SAL. EXC. 1542. H. 15p. 51. L.9 p. 5 1. Francfort s/M.
On a voulu expliquer ce monogramme par le nom controuvé d'Esemius Adami. Nous ne connaissons du maître qu'un petit nombre de copies d'après Marc Antoine et Albert Durer et qui sont traitées d'une manière un peu rude.
Maîtres inconnus. 133
1. Le Satyre et sa femme. 11 est debout au milieu et décoche une flèche. A gauche, sa femme assise donne à manger à une biche couchée. A la gauche du bas, le premier des monogrammes ci-dessus. Cette composition est une imitation de la gravure d'Albert Durer représentant Apollon et Diane (B. No. 68). H. 4 p. 6 1. L. 4 p. Paris. Munich.
2. La grande Fortune. Copie en contre -partie de la gravure de Durer, B. No. 77, et signée du second des monogrammes cidessus. Pièce de même dimension que Toriginal. H. 12 p. 5 I. L. 8 p. 6 I.
3. Le Satyre se défendant à propos d'une Nymphe. Un Satyre saisit du bras gauche une nymphe agenouillée et pare d'un bâton les coups d'un jeune homme à droite. Dans le fond, une forêt. Copie de la pièce de Marc Antoine (B. No. 279) avec le troisième des monogrammes ci -dessus. De la même grandeur que l'original. H. 4 p. 4 1. L. 3 p.
ï.y.IN.
Ces initiales ont été expliquées par Titianus Vecellius invenit et se trouvent sur une gravure représentant plusieurs crânes humains rangés sans ordre les uns à côté des autres. La gravure est traitée d'une manière très- large, mais le dessin est faible, ce qui, en tenant compte également de la nature du sujet, nous fait douter qu'elle puisse avoir été faite d'après le Titien.
1. Divers crânes humains. Ils sont en grand nombre, vus sans ordre sous différents aspects, et remplissent toute la feuille. A la gauche
du bas, les intiales ci-dessus, suivies de -^I^Ïk^ exe. 1563. H. 4 p. 7 1. L. 12 p. 6 1.
2. Divers crânes d'animaux, ils sont au nombre de douze, vus sous diflérents aspects et rangés sans ordre. Pièce non signée, mais du même graveur que la précédente et de mêmes dimensions. (Cat. Drugulin, No. 2140.)
Les Mantouans.
Bartsch désigne sous le nom générique des Ghisi ces graveurs unis dans une même école, celle de Jules Romain. Des recherches plus récentes ont établi néanmoins qu'un seul d'entre eux, George, portait ce nom. Sur les trois autres, c'est-à-dire Jean Baptiste et ses deux enfants Adam et Diane, il y a diverses opinions. Vasari range Jean Baptiste parmi les meilleurs élèves de Jules Romain à Mantoue, et il dit, dans sa vie de Girolamo da Carpi, qu'ayant visité Mantoue pour la seconde fois, en 1566, il y trouva les deux enfants de l'excellent graveur et sculpteur Jean Baptiste Mantouan, qui maniaient très-adroitement le burin et, ce qui était encore plus étonnant, une de ses filles nommée Diane qui gravait si bien que c'était une merveille. Vasari ne donne point leur nom de famille, encore moins Lomazzo quand, dans son Traité de la peinture, il parle avec éloge (p. 355) du graveur Jean Baptiste Mantouan.
Des écrivains récents le nomment Briziano, Britano, Brizza ou Brimino, enfin Bertano, et le confondent ainsi avec l'excellent architecte du même nom qui, en 1 546, après la mort de Jules Romain, succéda à celui-ci dans la direction des bâtisses et des travaux d'art que faisait exécuter le duc de Manfoue. Vasari, qui parle également de Bertano, ajoute qu'il était excellent dessinateur et qu'il fit plusieurs compositions qui furent ensuite exécutées par de bons peintres, entre autres par Domenico Brusasorci, qui en peignit quelques-unes à l'huile. Il avait, en outre, étudié le Vitruve et publié' un ouvrage dans lequel il donnait les règles pour tracer le chapiteau de l'ordre ionique. Cet ouvrage porte le titre suivant:
Gli oscuri e difficili passi dell' opéra di Vitruvio da Giov. Bat. Bertano. Mantua 1558. fol.
Les Manlouans, 135
Ce livre a un encadrement do titre et contient plusieurs gravures sur bois exécutées probablement d'après les dessins de l'auteur. Aucun des auteurs cités ne dit qu'il a gravé sur cuivre, mais George Gbisi a exécuté quelques pièces d'après ses dessins, entres autres le Jugement de Paris (B. 60) avec l'indication Baptista Bertano Mantuano inventor; leCimetière (B. 69) avec l'inscription : Jo. Baptista Britano Man to vanus in.; enfin l'Hercule vainqueur de l'Hydre (B. 44), avec les initiales I. B.B. INV. Ce sont ces gravures qui ont donné aux écrivains sur l'art occasion de donner à cette famille de graveurs le nom de Bertano.
Zani est le premier, qui, dans son Encyclopédie (I. 9, p. 384), a fait observer que le nom de cette famille de graveurs de Mantoue n'était point Bertano, mais bien Sculp.tor ou Sculptori, et il promet d'en fournir les preuves; mais comme l'ouvrage de Zani n'a jamais été terminé, ces preuves nous sont restées inconnues. Nous empruntons à ce sujet les détails suivants à Carlo d'Arco') et aux inscriptions sur les gravures de ces maîtres.
Parmi les signatures qui se trouvent sur les pièces de Jean Baptiste Mantouan, on rencontre les suivantes:
Sur la pièce de David, vainqueur de Goliatb (B. No. 6): 10. MANTVANVS. SCVLPTOR. MDXXXX.
Sur celle des Troyens repoussant les Grecs (B. 20): I. B. MANTVANVS. SCVLPTOR. 1538.
Au nombre des gravures d'Adam Mantouan, qui se servait, comme
on le sait, du monogramme J^ ^ on trouve celle de la Sainte famille avec des Saints (B. 6), signée:
Adarao Scultore Mantuano seul, sur la pièce réprésentant la Vierge entourée de Saints (B. 8):
Adam Sculptor Mantuanus excudebat.
enfin, sur le titre des figures d'après Michel-Ange :
ADAM SCVLPTOR MANTVANVS INCIDIT.
En dernier lieu, nous trouvons sur une gravure de Diane Mantouane
{le No. 51 de notre catalogue) le monogramme \Sj à rebours, avec la signature DIANA S. MANTVANA et sur le St. George (B. 21), l'inscription DIANA se. MANTVANA. On doit faire observer à ce sujet
1) Di cinque valenti incisori mantovani del secolo XVI. etc. Memorie di Garlo d'Arco. Manlova 1840. 8°.
136 Les Mantouans.
que le S du monogramme et de la signature aussi bien que le SC ne peuvent indiquer le mot sculpsit, puisque Diane se servait toujours, à cet effet, des indications F ou incidebat.
Ce nom de Sculptor répété ne pouvait se rapporter à la qualité de sculpteur que pouvait avoir Jean Baptiste, mais que n'avaient point ses enfants Adam et Diane, qui se sont exclusivement occupés de gravure. Si Ton veul prendre l'expression de sculptor comme ideiilique avec celle d'incisor, on pourrait répondre que Ton ne se servait jamais en Italie du premier mot comme synonyme du second»
Une autre preuve en faveur de l'opinion que Sculptore est bien le nom de famille de ces artistes nous est fournie par un passage des registres mortuaires de la ville de Mantoue, où Carlo d'Arco a trouvé la mention suivante :
Al 29 dicembre 1575. Ms. Gio. Batt. Sculptore nella C**
deir Unicorno morto di fibra inf. giorni 18 d'età d'anni 72.
Puis:
Al 5 Settembre 1542. Julia figliola de Jo. Bapta Sculptor
in C^^ Unicorno niorta di iebre et mal di corpo, inferma
giorni 8, di età an. 5.
Il faut admettre, à ce propos, que dans les registres nécrologiques d'une ville on a dû nécessairement inscrire le nom de famille, et comme nous ne trouvons ici que le nom de Sculptor qui puisse en tenir lieu, ou est justifié à conclure que l'opinion de Zani est fondée et que les graveurs Jean Baptiste, Adam et Diane, Mantouans, portaient réellement le nom de Sculptore.
IBM.
Cliovanni Battista Sculptore.
(Bartscli XV. 377.)
D'après ce que nous avons dit ci- dessus, on voit que notre maître, né en 1503, est mort à Mantoue en 1575. Formé à l'école de Jules Romain, il devint un excellent peintre et sculpteur et aida beaucouj> son maître dans les travaux d'ornements du palais du T. On bii
Giorgio Gliisi Manlovano. 137
attribue généralement les travaux en stuc qui font encore aujourdhui l'admiration des connaisseurs et qu'il exécuta d'après les dessins de Jules Romain. Mais il était lui-même un excellent compositeur, et quand Bartsch décrit plusieurs de ses gravures comme ay^int été exécutées d'après les dessins de Jules Romain, avec la manière duquel celle de Giov. Battista a naturellement beaucoup d'analogie, il oublie que cette indication n'a jamais été donnée sur les pièces du graveur Mantouan, comme il eût été le cas si elles avaient été exécutées d'après les compositions de Giulio, puisque toutes ces gravures portent les dates de 1536 à 1540.
Bartsch décrit 20 gravures de notre maître et dont quelques-unes seulement ne portent point de signature. La pièce suivante, également non signée, lui est généralement attribuée. A tout événement, elle est d'un des Mantouans.
Addition à Bartsch.
21. Le jeune homme voguant sur la mer. Il est debout, dans une pose très-mouvementée, à gauche, sur une grande conque et tient, de la main droite, une voile gonflée par le vent. A ses pieds, un jeune homme couché tient un sablier. Pièce non signée. H. 10 p. 9 1. L. 8 p. 4 1.
Cliorgto Ghisi Hantovano.
(Bartsch XV. 377.)
Cet artiste appartenait à une famille qui, durant le XIV\ Siècle,
passa de Parme à Mantoue; il naquit en 1520 et mourut en 1582,
comme il résulte du registre mortuaire de Mantoue, où on lit:
„15. Dicembre 1582. Ms. Giorgio Ghisi nella C*» delT
Aquila e morto di febre et catarro infermo 8 giorni
d'anni 62."
138 Les Manlouans.
Il avait un frère, peintre, Théodore Ghisi qui, d'après la nécrologie de Mantoue, mourut le 9 Septembre 1 60 1 , à Tâge de 65 ans et qui, par conséquent, a dû naitre en 1526. Ils étaient tous deux élèves de Jules Romain qui, on le sait, après être entré, en 1524, au service du duc Frédéric de Mantoue, devint le chef d'une nombreuse union d'artistes qu'il dirigea jusqu'en 1546, date de sa mort.
Nous le trouvons, déjà à l'âge de 20 ans, étudiant à Rome les oeuvres des grands maîtres, puisqu'il y grava les Prophètes et les Sibylles d'après Michel-Ange. Il était non-seulement un excellent graveur sur cuivre, mais travaillait en môme temps le métal pour recevoir ces ornements en or et en argent que les Italiens nomment lavori d'azzimina ou di ta r si a et qui servaient pour décorer les armures, les masses d'armes, les épées, les gaines de poignard, etc. Cette circonstance résulte d'un passage de l'ouvrage déjà cité de Giov. Battista Bertano sur Vitruve, où l'auteur dit que s'étant porté à Rome sous le pontificat de Paul III (de 1534 à 1550) pour affaires d'architecture et autres, il y visita l'église de Saint Barthélémy in Insula en compagnie de Messere Giorgio de Mantoue, aussi bon graveur sur cuivre que sur métal et surtout pour les travaux ail' azzimina.^) Nous avons déjà dit qu'il avait gravé plusieurs pièces d'après les dessins de Bertano et observé que l'on doit à cette circonstance la fausse opinion que le graveur Giovan Battista Mantuano est la même personne que Bertano, nom que l'on a continué à donner également à ses enfants.
Quoique George Ghisi ait pour la plupart du temps gravé d'après les oeuvres d'autres maîtres il a cependant exécuté quelques pièces d'après ses propres dessins, entre autres la Trinité, avec la signature: G. MANT. IN. F. 1576. (Georgius Mantuanus invenit, fecit) (B. 14.) Cette composition nous donne la mesure du haut degré de développement qu'il avait acquis dans l'art, et l'exécution nous montre l'étude qu'il avait faite des travaux de Marc Antoine. A tout événement, l'excellence de ses gravures est d'autant plus évidente qu'il cherche davantage à se rapprocher de Marc Antoine. Dans ses derniers travaux, il chercha à donner un plus grand fini surtout en ce qui regarde le modèle de ses figures et employa à cet effet des points pour les demi -teintes; mais il ne s'y montre point artiste consommé
l) „Messer Giorgio Mantuano, uomo veramenle oggidi raro al modo per intagliar rami e lavorar ail' azamina di più varie sorte." (Zani, Enc. 1. 9, p. 384.)
Giorgio Gliisi Mantovano. 139
dans Tentente de TefTet qu'il outra quelquefois, ce qui doDue un peu de lourdeur à ces derniers travaux.
Nous ne pouvons rien ajouter au catalogue des 71 pièces que fiartsch lui attribue, et nous devons nous contenter d'ajouter quelques observations à la description que cet auteur fait de son oeuvre.
Remarques au Catalogue de Bartsch.
1. La Visitation. Les premières épreuves n'ont point d'adresse; les secondes portent celle d'An t. Lafrerj, les dernières celle de Carlo Losi 1773. H. Il p. 9 1. L. 18 p. 8 1.