‹ Le peintre-graveurChapitre 123 sur 154 · Deux Vases · texte numérisé non relu

Deux Vases

Nous ne saurions décider si ces pièces appartiennent réellement à notre maître et nous nous contenterons d'ajouter au Catalogue donné par Bartsch quelques gravures signées et qui sont restées inconnues à cet écrivain.

Additions à Bartsch.

38. Susanne au bain. Elle est surprise par les vieillards. Pièce signée ANT. F., à l'eau-forte et terminée à la pointe froide. Gr.in-fol. (Nagler, Monogr. No. 1032.)

39. La Pèche miraculeuse. Sur le devant, une foule d'hommes et de femmes. D'après Rapha^f. Pièce à l'eau-forte. Fol. en largeur. (R. Weigel, Kunst-Catalog No. 14358.)

40. Le Lavement des pieds. Grande composition. Gr.-infol. en largeur. (Nagler L p. 286, No.- 8.)

41. L'Enfant prodigue. Il est agenouillé près des pourceaux dans un paysage. Pièce signée. Gr.-in-fol. (R. Weigel, K.-C. No. 13031.)

198 L'EcoFe de Fontainebleau.

42. Melpomène. La Muse de la Tragédie tient, de la main gauche, un masque. Le monogramme est à la droite du bas. Gr.-8°. (Cat. Sternberg L 397-)

43. Banquet romain. La salle est ornée de colonnes et de guirlandes, et les convives sont placés autour d'une table. A gauche, des musiciens jouent près d'un riche candélabre. Sur un gradin à droite, le chiffre avec la date de 1543. La composition semble être de Jules Romain. H. 15 p. 10 1. L. 21 p. 9 1.

44. Guerrier romain dans une niche. Il est couronné de laurier et tient, de la main droite, le pan de son manteau. Pièce marquée du chiffre du maître. H. 9 p. 1 1. L. 4 p. 3 1.

45. Marche de troupes armées de boucliers. lis accompagnent un convoi de chevaux, de chariots et de soldats ; la marche est vers la droite. Sur le devant, un guerrier romain avec des fruits dans une corbeille et dont le cheval est conduit par un soldat. -Dans le lointain, des chariots avec des femmes et des enfants. Pièce non signée. H. 11 p. L. 16 p. 4 1. (Zanetti, Cabinet de Cicognara No. 1478.)

46. Grand cartouche. Dans le compartiment du milieu, on voit deux vaisseaux sur Teau et sur le rivage une ville. A droite et à l'horizon, une forteresse. Le chiffre est à la gauche du bas. H.

9 p. L. 14 p. 8 1. (Nagler L 286, No. 9,)

47. Autre grand cartouche avec compartiment vide au milieu. De chaque côté, une cariatide. Dans la bordure, à guise d'arabesque, on voit au bas des enfants avec des rinceaux de fruits et en haut, deux figures nues. Le chiffre est au milieu du bas. H.

10 p. 9 1. L. 15 p. 10 1. (Nagler L p. 286, No. 10.)

Donenieo del Barbiere de Florence.

(Bartsch XVI. 355.)

Comme Bartsch l'a déjà fait remarquer, cet artiste distingué de Florence n'était pas seulement peintre et sculpteur, mais il nous a laissé aussi d'excellentes gravures. Il avait suivi à Fontainebleau le

Domenico del Barbiere de Florence, 1991

maître Roux et ncTus trouvons dans les Livres de Comptes déjà cités les indications suivantes sur ses ouvrages:

1540 — 1550. „Dominique Florentin paintre (reçoit) 20 S. par jour" ou bien encore 20 livr. par mois.

1560 — 1561. „A Dominique Florentin, imager, la somme de 175 livres pour neuf figures de bois, en déessus de Pallas, Mercure et autres ; pour icelles estre applicquées en une salle de nouveau érigée de bois et lattes, au jardin de la Reyne, au château de Fontainebleau.'^

Puis de nouveau:

50 livres pour ses traviiux comme „tailleur d'images".

1561. „A Dominique Florentin, imager, la somme de 120 livres pour avoir fait un piedeslail ou soubassement, servant à trois figures de marbres, pour le tabernacle et sépulture du coeur du feu Roy Henry (II) et sous icelluy piedestail mettre et asseoir une plainte de pierre de marbre noir et au dessus un autre portant corniche, auss; avoir fait un vase de cire dedans lequel a esté mis le coeur d'icelluy defunct, reparé, nettoyé et poly le vase de cuivre qui a esié fait sur le modèle du dit vase de cire."

1562 — 1566. „A Dominique Florentin, sculpteur, la somme de 200 liv., pour avoir besongné à la sépulture pour le coeur du feu Roy Henry."

1564 — 1565. „A Dominique Florentin, sculpteur, la somme de 100 liv., sur le model de terre, en forme de priant à genoux, repr<^sentant fefQgie au vif du feu Roy Henry, pour ledit model fondre en cuivre pour servir à la sépulture du dit feu seigneur."

1562. (Comptes des travaux de sculpture pour le monument de Henri H.) — „Au dit Germain Pillon, Jacquiau et Dominique Florentin, sur les ouvrages de sculpture par eux faits, 576 livres."

Additions à Bartsch.

10. La Sainte famille. Au milieu est assise la Vierge avec Tenfant Jésus. St. Joseph est à gauche, le petit St. Jean à droite. En haut, dans les ciels, quelques petits anges. Pièce signée D. F. H. 13 p. 6 1. L. 9 p. 10 I. (Heinecken, Dict. H. p. 163.)

11. La Madeleine pénitente. Elle est représentée jusqu'aux genoux, tournée vers la droite et tenant devant elle un livre ouvert

200 L'Ecole de Fontainebleau.

et une tête de mort. Fond de rochers. Au milieu du bas: Tic. inve. (Tiziano inventé); à droite, la signature D. F. H. 15 p. 10 1. L. 11 p. 4 1. (Gat. Malaspina IL p. 135.)

12. Gléopâtre. Elle est debout, près d'un sarcophage. Pièce signée D. F. (Brulliot, Dict. II. 587.)

Appendice.

Le Gat Malaspina (IL 135) mentionne encore une pièce avec dix hommes nus près d'un rocher, mais qui n'est point signée. Nous hésitons d'autant plus à attribuer cette estampe à notre maître que toutes les pièces que nous connaissons de lui portent invariablement sa signature.

HeolTroy Bmiioiistier.

(R. Dumesnill. p. 31.)

^ Get artiste, qui est rangé parmi les maîtres de l'Ecole de Fontainebleau, appartient à une famille nombreuse de peintres dont il parait cependant avoir été le plus ancien membre. Il est mentionné comme suit dans les livres de comptes de Fontainebleau:

1540. „A Gueffroy du Monstier, painlre, 20 S. par jour." et Mariette, dans une notice manuscrite empruntée à Sauvai, dit:

„Geotrroy Du Monstier, ayeul de Daniel, était peintre en miniature,, et je ne sais s'il ne peignait pas aussi sur verre. Lorsque maître Roux vint en France, il l'employa dans plusieurs de ses ouvrages, et Du Monstier devint un parfait imitateur de la manière austère et sauvage de ce peintre italien. Cela se voit sur divers morceaux qu'il a gravés à l'eau forte et dont je possède une suite assez complète, qui est fort curieuse; surtout pour un Français qui est bien aise de voir ce que la peinture et la gravure étoient en France lors de son enfance. Deux de ces pièces portent la date 1453 et 1547. Geoffroy eut une nombreuse lignée, et l'un de ses fils, nommé Gosme, fut, comme son père, peintre en miniature, et fut considéré du Roy qui en avait fait son

Geoffroy Dumouslier. 20 f

valet de chambre et qui, se confiant en sa prudence, Fenvoya en plusieurs cours, chargé de commissions importantes. C'est ce que j'ai lu dans un manuscrit de Sauvai. L'abbé de Villeloin dans son Paris, p. 11, nomme Geoffroy Dumoustier.^^

Dans l'ouvrage déjà cité du Comte de Laborde, nous trouvons les détails suivants sur cette famille d'artistes:

La plus ancienne mention que nous trouvions d^un membre de la famille Dumoustier est celle qui regarde un Ëstienne Du m oustier, qui travaillait depuis 1501 à Gaillon, où il faisait des tableaux dans le château pour le Cardinal d'Amboise. On le croit frère du GeoffroyDumoustier, de l'Ecole de Fontainebleau, dont nous avons déjà parlé. On ne sait point, du reste, dans quel degré les artistes, de la même famille, que nous allons citer se trouvaitent alliés à ces deux peintres plus anciens. Nous trouvons d'abord dans les livres de comptes de Fontainebleau un C are tin Dumoustier imager, avec un salaire de 12 S. par jour pour avoir nettoyé la figure de Cléopâtre (l'Ariane) fondue en bronze à Aome; ensuite un Maistre Jehan Dumoustier, qui, en 1540, paie à l'église de Ste. Geneviève 15 S. de rente pour une maison de la rue St. Victor à Paris, en lieu et place de la Veuve de feu Maistre Clément Dumoustier. Un second Ëstienne Dumoustier, peintre, se trouve en 1569 au service de la reine, avec un salaire de 400 livres par an et se trouve porté de 1575 à 1589 dans „rEstat des officiers domestiques du roy Henri III. ^^ Fils de Geoffroy était le peintre Cosme que nous voyons, en 1586, enregistré parmi les officiers de la reine, et avec lui Pierre Dumoustier l'atné, porté sur le rôle des officiers domestiques du Roi et de la reine Catherine de 1585 à 1599 et qui, le premier janvier de cette dernière année, reçoit „33 escus^S comme „vaUet de chambre.^^ Ce peintre mourut en 1603, du moins le voyons -nous cette année remplacé par Martin Freminet. Vers le même temps ou un peu plus tard vivait un autre Pierre Dumoustier, le jeune excellent dessinateur au crayon qui, en suivant les bonnes traditions de Jean Clouer, nous a laissé plusieurs portraits, signés de son nom avec la date de 1618. 11 se trouve de 1601 à 1610 parmi les „Officiers domestiques de la maison de MS. Loys Dauphin, fils du roi Henri IIL*^ Selon le Comte de Laborde, Pierre le jeune fut le père de Daniel Dumoustier, tandis que son cousin, un autre Pierre, travaillait principalement en Italie et à Rome, od le rencontra Tallemant des Réaux. Daniel Dumoustier était peintre au service du roi, dont il reçut depuis

202 L'Ecole de Fontainebleau.

1629 jusqu'en 1643 une pension de 400 livres par an. Dans ses premiers travaux faux crayons) il suivit pour les portraits la manière de son père, et dans celui de Marie de Médicis, signé „2 Juillet 1626^S il n'est point aussi plat, aussi pâle, quoique moins rose de ton que dans ses ouvrages plus récents, où il tomba dans le maniérisme et montra une rudesse qui était d'ailleurs dans son caractère. Nous trouvons sur un portrait de femme vue de protil, l'inscription suivante: „Françoise Heseque, faicte ce 8 de may 1629, commencée par mon fils atné, corrigée et finie par moy, D. Dumoustier, depuis ma femme en second mariage du 5 May 1630 et trespassée le 5 d'Octobre 1636."

Nous n'avons point de renseignement sur ce fils qui parait également avoir été peintre, mais nous savons qu'il y a eu un peintre, Louis Dumoustier qui était neveu de Daniel. Celui-ci mourut tout à coup en 1646 et laissa plusieurs livres et tableaux licencieux qui furent achetés et brûlés par ordre de la reine.

Pour en revenir aux travaux de Geoffroy Dumoustier, aucune de ses gravures ne porte .sa signature. Cependant il s'en trouve plusieurs marquées par De Marolles, ou par une main contemporaine, G. ou „Geoffroy Dumoustier" f. Une pièce de son oeuvre porte même la signature M*' (Maître) Geoffroy Dumoustier f. Sa manière de graver à l'eau-forte ressemble beaucoup à celle d'Antonio Fantuzzi, ce qui nous ferait croire qu'il s'est formé à l'école de cet élève du Parmesan. Bartsch décrit sous les Anonymes de l'Ecole de Fontainebleau quatre pièces (les Nos 8, 9, 31 et 100), sans nous dire qu'ils sont du même mattreou ajouter quelque indice sur le nom du graveur.

Robert-Dumesnil, dans son Peintre-Graveur français Vol. I. p. 31 — 44, décrit 22 estampes de Geoffroy Dumoustier; cependant ce n'est point là tout son oeuvre, puisque nous avons trouvé dans la Coll. de Paris deux autres pièces inconnues à l'écrivain français.

23. L'Adoration des bergers. Au milieu est couché l'enfant Jésus adoré par la Vierge et St. Joseph à genoux. Plus loin, à droite, on voit, sept bergers. H. 5 p. 5 1. L. 6 p. 10 1.

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