La Nativité. (B. 16.) H. 13 p. 11 1. L. 10 p
Cette composition est tout à fait dans le style du Francia, auquel semblerait appartenir le dessin pour cette gravure.
9. Le Massacre des Innocents, sans le chicot. (B. 20.) H. 10 p. 3 L L. 15 p. 10 1.
Cette gravure est une des meilleures du maître et, par la conduite du burin, la pureté et l'exactitude du contour, la vivacité de l'expression, surtout dans les têtes, dépasse de beaucoup en mérite la pièce au chicot que Bartsch (No. 18) attribue à Marc Antoine et qu'il préfère de beaucoup à la pièce qui nous occupe et qu'il décrit sous le No. 20. Si l'on se donne néanmoins la peine de comparer les deux estampes, on trouvera dans celle au chicot une plus grande raideur dans les contours, jointe à une entente moins bonne du dessin, avec moins de vérité et de vie dans l'expression des têtes. La manière, en ce qui touche à la conduite du burin, est très-différente de celle de Marc Antoine, la taille dans les parties d'ombres est plus nette, plus fine et plus serrée et on y trouve souvent les hachures horizontales quelquefois employées par George Pencz et que nous avons déjà observées dans les Triomphes du Pétrarque de ce maître et dans sa Prison d'après Jules Romain, pièce ordinairement attribuée à Giorgio Ghisi.
On doit observer, de plus, à ce sujet que les premières épreuves de la pièce au chicot ne portent point le monogramme de Marc Antoine qui n'y fut ajouté que plus tard. Si Bartsch la considère, malgré tout cela, comme le chef- d'oeuvre de la gravure sur cuivre et comme une des plus belles de Marc Antoine, nous ne pouvons voir dans cette oninion que l'écho de celle de Longhi dans sa „Calcogra-
Marc Antoine Raimondi. 13
fia", quand il dit que „le burin de Pencz est plus ferme et plus net que celui de son maître Marc Antoine."
Bartsch croit que la pièce No. 20 a été gravée par Marco da Ravenna, et cette opinion est d'autant plus remarquable qu'il n'a pas dû échapper à un oeil aussi exercé et aussi sûr que le sien que l'on ne retrouve, dans aucune des estampes de ce graveur, l'excellence de travail que l'on admire dans cette pièce. Il semble avoir été conduit à croire que la pièce au chicot est celle que Vasari attribue à Marc Antoine par un passage de l'oraison funèbre prononcée par Vincenzo Carrari sur la tombe du peintre Luca Lunghi de Ravenne, et dans laquelle il dit que „Marco Dente de Ravenne a, d'une main de maître, gravé le Massacre des Innocents d'après Raphaël" et à penser en même temps que la pièce No. 20 doit être de ce dernier maître.
Du reste, Zani considère cette dernière pièce comme appartenant décidément à Marc Antoine, et s'il donne la gravure au chicot à Marco da Ravenna, c'est là une erreur que les considérations que nous avons enregistrées plus haut nous dispensent de réfuter.
Bartsch a décrit les premières épreuves de cette pièce. Les secondes, de la planche quelque peu retouchée, portent sous le pied droit du soldat l'adresse An t. S al. exe.
Les troisièmes épreuves portent, outre la signature d'Ant. Sala* manca, l'adresse, suivante:
In Roma presso Matteo de Rossi in Piazza Navona.
Les quatrièmes épreuves portent, au lieu de l'adresse de Matteo, celle de Giov. Bat. de Rossi in Piazza Navona.
Enfin les dernières épreuves, où l'on ne retrouve guère plus que les contours, ont, avec l'adresse de Salamanca, celle de „In Roma presso Carlo Losi 17 73. En 1806, Carlo del Maino acheta la planche.
10. Jésus à table chez Simon le pharisien. (B. 28.) H. 8 p. 6 1. L. 12 p. 10 1.
La composition de cette pièce est généralement attribuée à Raphaël, mais elle ne repond point entièrement au style grandiose du maître, mais rappelle plutôt la manière du Garofalo.
E. Copie du Vénitien Domenico Zenoi ou Zenoni. (Brulliot Dict. IL No. 669.)