‹ Le peintre Louis David, 1748-1825Chapitre 156 sur 328 · NAPOLEON, EMPEREUR DES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

NAPOLEON, EMPEREUR DES FRANÇAIS

» Nous avons nommé et nommons Monsieur David notre premier Peintre.

» NAPOLÉON

Ce litre était la consécration des grands trav

Il devait peindre /e Sucre de l' nisation de Leurs Majestés à

aux que son souverain lui avait demandés.

Mmpereur et le Covronnement de l'Imptratrice, l Zntro- Notre-Dame, la Distribution des Aigles au Champ-de-Mars, et l'arrivée de V Empereur et de l'Znpératrice à V Hotel de Vitte de Paris.

Une semblable mission motivait le titre que l'E

impereur venait de conférer à l'artiste ipaux faits de son règne.

Celui-ci, éclairé par son altercation avec M. de Ségur

qu'il avait trouvé digne de retracer les prince

sur les difficultés qu’il rencontrerait près des Personnages composant la cour impériale, accepta cette haute distinction qui lui permettait, en effet, de conserver une attitude respectueuse m

ais ferme, vis-à-vis des dignitaires avec lesquels il allait entrer en r.

apport pour l'exécution de ses ouvrages.

C'était peut-être un des côtés les plus délicats de la tâche qu'il all

ait entreprendre, que la nécessité de

mettre d'accord tous les amours-propres, d'entendre toutes ces petites

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discussions d’étiquette qui sont d'autant plus difficiles à régler qu'elles sont plus futiles. Souvent, pendant l'exécution du Sucre, le peintre exhala sa mauvaise humeur contre les courtisans qui ne voulaient que la première place, et qui auraient volontiers demandé qu'on sacrifiàt à leur vanité, le Pape et l'Empereur, sans compter leur inexactitude à

venir poser dans l'atelier. Nous comprenons que plus d'une fois, soit en les attendant,

soit après leur départ, David se soit laissé aller, dans son impatience, à s’écrier qu'on ne saurait jamais combien d'ennuis il avait éprouvés dans ce tableau de commande, où il devait placer les personnages d'après un programme officiel.

Nous pouvons citer comme exemple, l'ambassadeur de la Sublime-Porte, près duquel

oles de sa religion en se lais

la diplomatie dut intervenir pour qu'il violât les rès sant peindre

dans le tableau du Sucre.

Une autre difficulté qui se présenta tout d'abord, fut de trouver un local assez vaste

pour l'exécution de ces tableaux, qui devaient avoir neuf mètres et demi de long sur six de hauteur.

Les ateliers de David, et mème ceux connus dans Paris, étaient trop petits pour de tels ouvrages. D'ailleurs, le Louvre, où à la rigueur on aurait pu trouver la place, était en ce moment définivement évacué par les artistes, et même par l’Institut. Cette décision de rendre entièrement aux beaux-arts ce magnifique et immense palais, avait été prise par le premier Consul dès 1802. Malgré plusieurs avis successifs donnés aux artistes d’avoir à quitter les logements qu’ils occupaient dans ce bâtiment, grâce à ses relations avec Napoléon et à la complaisance de l'architecte Brenier, David avait obtenu un plus long délai, mais enfin il lui fallut se prémunir d’une nouvelle installation.

Cette évacuation du Louvre mit fin à l'exposition des Sabines. Elle n’était plus alors fréquentée que par les étrangers qui ne pouvaient quitter Paris sans avoir vu le principal ouvrage du premier peintre de l'Europe. En quittant le Louvre, il recommanda à l'architecte le tableau d’Apparicio, qui était exposé dans la salle des Subines. Cet artiste était un des jeunes peintres que le marquis de Musquez, ambassadeur d'Espagne, avait fait entrer dans l'atelier de David, avec la protection et les encouragements de son souverain.

David remerciait ainsi M. Brenier :

« Ce 2 prairial an XII.

» David souhaite bien le bonjour à M. Brenier, et lui représente qu'il a oublié de lui parler d'un tableau de M. Apparicio, Espagnol, qui est dans le lieu de l'exposition du tableau des Sadènes, et qui représente Athalie el le jeune Joas. I lui appartient, 11 m'avait prié de le mettre en dépôt chez moi. Ainsi quand il se présentera pour le reprendre, vous pourrez le lui rendre comme lui appartenant.

» Vous voyez que je vous ai tenu parole. J'ai quitté le Louvre avant l’époque même que je vous ai fixée. Je ne devais pas abuser de la délicatesse que vous avez mise dans vos procédés avec moi, et c’est ce que j'ai fait.

» Recevez les témoign: de ma reconnaissance.

» Mes amitiés à nos amis Fontaine et Percier. »

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