‹ Le Pèlerin de la Mecque: Son Hygiène, Ses MaladiesChapitre 26 sur 34 · ED RU PE MR NO D EE A OS » I · texte numérisé non relu

ED RU PE MR NO D EE A OS » I

Ces chiffres sont ceux qui figuraient dans les dépèches officielles. Ils ne donnent qu’une idée très approximative de la mortalité. Ils n’indiquent en réalité que le nombre de permis d’inhumer accordés

après la constatation.

On remarquera dans ce tableau une grande augmentation des décès au moment des fêtes.

Le deuxième jour de Mina il y eut 140 décès.

Parmi eux Rifast pacha, médecin militaire, général de division, chef de la grande caravane de Syrie et son Küïtaïa, intendant de la caravane.

Le o1 juillet, mourut aussi en revenant de La Mecque vers Djeddah, Ibrahimof, consul de Russie.

Que sont devenus nos pèlerins algériens pendant cette épidémie ?

Les premiers que je vis à Djeddah revenant de La Mecque étaient encore affolés par le nombre de malades et de morts qu'ils avaient vus autour d’eux pendant les fêtes. Quelques-uns avaient été malades ; tous revenaient très fatigués.

D’après M. le consul de Djeddabh, il est mort pis de 400 Algériens ou Tunisiens.

À bord, comme je l’ai dit, je n’ai constaté aucun cas, même douteux, de choléra. Nous avions cependant des pèlerins arrivant directement de La Mecque. Nous en avons embarqué, le 28 juillet, qui étaient partis de cette ville le 24 ou le 25, jours où il y avait encore 217 et 151 cas constatés officiellement; et qu'à Djeddah on comptait le 27, 30 décès et le 28, 13. J'avoue du reste que dans cette dernière ville, je n’ai jamais vu un seul cas de choléra; et cependant je descendais à terre tous les jours.

Sur aucun autre bateau passé à Camaran ou à Tor

on ne constata un seul cas.

Fra Dee

À notre second voyage à Yembo, aucun cas non plus.

Les pèlerins, environ 12 à 1500, séjournèrent à Yembo en attendant les chameaux de caravane et aucun cas ne fut signalé dans la ville. Ils revinrent de Médine, ils passèrent ainsi deux fois (aller et retour) près d’Youdeïda, où régnait, paraît-il, une épidémie très meurtrière de choléra, et ni pendant la route, ni au retour, aucun pèlerin ne présenta les symptômes de la maladie. Et cependant ni à La Mecque, ni à Djeddah même on n'avait pris des mesures contre les pèlerins. contaminés qui étaient mêlés à la foule, du moins à La Mecqué. Les désinfectants manquaient presque complètement. Comment donc aucun germe n'est-il sorti de La Mecque ou du moins de Djeddah avec les pèlerins? Voilà un fait indéniable, que je ne m'explique pas. Ce serait à se demander s’il y a vraiment eu une épidémie de choléra cette année.

À El-Tor, quelques cas douteux furent signalés au commencement du mois d'août. Le 7 septembre un Bédouin eut cette attaque pseudo-cholérique dont j'ai déjà parlé. Il paraît, m’a dit M. le D' Kaufman, que ce fut le cas le moins douteux de tous ceux qu’il a vus à Tor cette année. Or, ce cas fut reconnu pour ne pas être du choléra; on doit donc dire qu’en 1891 il n’y a pas eu de choléra au lazaret de El-Tor.

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