‹ Le pèlerin de Sainte-Anne [microforme] (volume 2)Chapitre 44 sur 56 · AL · texte numérisé non relu

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curé monte, suivi de ses hôtes, l'escalier de sa galerie, Asselin s'arrête sur la première marche.

—Monte, monte Eusèbe, dit le curé.

—Merci! monsieur ie curé, merci! Je suis venu au devant de Joseph et de Marie-Louise, et je vais les emmener à la maison, s'ils veu-

lent bien y venir..…..s’ils veulent bien me par-

donner le mal que j'ai pu leur faire...

Le pèlerin se retourne vers lui, tendant sa main généreuse : Le bon Dieu m'a bien pardonné, pourquoi ne vous pardonnerais-je point ?

J'étais infiniment plus coupable envers lui que vous ne l’êtes envers moi.

Eusèbe serra la main de l'orphelin dans la sienne, et des pleurs mouillèront ses yeux rarement humides.

—C'est bien cela, repartit le prêtre attendri : c'est la parole, c’est l’action d’un vrai chrétien. Entrez, mes amis, entrez! Viens, Eusèbe, viens, Rien ne me fait plaisir comme d’être témoin d’une conduite aussi en rapport avec l’'Evangile de Notre Seigneur.

On entre. La foule satisfaite s'écoule bientot.

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Asselin ne conduisit pas les orphelins chez lui, æ soir-là. Le curé voulut les retenir au presbytère afin de les faire causer et d’apprendre, de leurs bouches, ce qu'ils étaient devenus après avoir laissé la maison de leur tuteur, jusqu’au moment où la protection divine s'€.

tait, à leur égard, si visiblement manifestée,

Madame Asselin était d’une humeur insupportable depuis une heure, depuis l’arrivée des orphelins dans la paroisse, et elle refusa durement de prêter à sa petite voisine, Noémie Bélanger, un fer à repasser. Il se trouve des femmes, et des hommes aussi, que lé dépit rend bêtes. Madame Bélanger soupçonna bien la cause de l’insolente bouderie de la mégère, quand Noémie, toute étonnée de ce refus inqualifiable, revint sans le fer à repasser.

La jeune fille, en apprenant la guérison de son ami le muet, n’a pu retenir une exclamation de joie. Elle s’est abandonnée aux délices d’une espérance infiniment douce aux âmes aimantes. Tout devient souriant et gai dans son cœur et autour d'elle. Elle éprouve une étrange émotion en songeant à la première entrevue avec Joseph, en cherchant à deviner les paroles qui les PRES tomberont de ces

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lèvres qu'elle.a vues, si fatalement muette, si souffrantes, même dans leur sourire. Le goleil se lève dans l'âme, de la vierge, et les, vapeurs qui,ont: voilé ses premiers rayons, se dissipent an, ,souflle de la brise. matinale......Mais. la nuit descend dans l'âme coupable de la femme d’Asselin, et les derniers reflets de la grâce s’éteignent dans les ténèbres profondes de la cupidité, Elle fait un froid accueil à .son mari :

— C'était bien la peine, ne d'aller essuyer la honta d'un refus... Penses-tu qu'ils vont revenir ici ?.,

Oui,ils, Le dort répond Ausèbe, et j'entends qu’ils soient bien reçus. Au reste, que veux-tu faire ? De quoi peuvent te servir maintenant ton ressentiment et ta haine ? Je comprends qu'on puisse ne pas les aimer, et que l'on. soit contrarié de leur retour; mais au moins, il faut savoir dissimuler

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La femme, ne sachant que répondre, tourne les:talons en faisant une grimace.

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prétexte de visitèr les javelles de blé qe la hart n'avaït pas encore liées en gerbes. Le chef dit, en entrant, qu'il allait partir pour Saint Jean, ne trouvant pas à Lotbinière de ferme à acheter, Racette s'offrit de le conduiré en voiture, si leur hôte n'avait pas besoin de ses chevaux pour serrer du grain.

—Je n'ai pas de serrée à faire, avait répondu Asselin ; tu peux prendre Carillon, et mener monsieur où il désire aller.

Le maître d'école et le chef des voleurs se dirigèrent, en calèche, vers Saint Jean. Ils revinrent la nuit sans être vus de personne, et le vieux brigand, armé du fusil d'Eusèbe s’en alla se cacher dans la cave à patates, sur le bord du ruisseau,

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