‹ Le pèlerin de Sainte Anne (volume 2)Chapitre 25 sur 66 · LE CURÉ DE QUÉBEC · texte numérisé non relu

LE CURÉ DE QUÉBEC

Geneviève ne dormit guère après le songe extraordinaire qui visita ses esprits. Sa conscience se réveilla comme un lac secoué par une commotion souterraine. Les remords déchirèrent son âme; elle eut peur de mourir. Elle crut que ce rêve était un avertissement, et elle prit la résolution de ne pas le mépriser.' Comment, en effet, expliquer ces songes mystérieux qui visitent parfois notre sommeil, soulèvent à nos yeux le voile de l'avenir, et nous font vivre d'une double vie en quelque

sorte ; ou nous transportent en des lieux éloignés, pour nous montrer ce qui s'y passe, jetant comme un demi-jour sur des événements que rien ne pouvait faire prévoir, nous donnant comme une faculté d'être, à la fois, en plusieurs lieux ou dans plusieurs temps?

Geneviève fait le signe de la croix et se recommande sincèremejit a la sainte Yierge- Elle se trouve fortiliée.

Une idée vient à son esprit, une idée de salut, comme un phare qui luit tout à coup sur le rocher dangereux pour guider le navire qui vogue vers le naufrage. Elle se lève, revêt ses meilleurs habjts et descend dans la salle où se trouvent réunies plusieurs femmes. On lui fait une réception fort amicale. Elle se montre aime^ble. Le maitre d'école dormait encore.

Elle prétexte une raison pour sortir et se dirige vers l'église de la haute-ville. Elle entre résolument dans la sacristie, demande à parler au curé qui sort du confessionnal. Alors un trouble profond s'empare d'elle ; la honte et la confusion se peignent sur ses traits.

Pourtant quel homme fut jamais plus humble et plus compatissant que cet admirable curé?

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Il avait la naïveté de l'enfance avec l'expérience des années, la candeur de l'innocence avec la connaissance de tontes les misères humaines. Son regard doux et ferme attirait tous les cœurs et faisait tomber toutes les préventions. Sa voix était onctueuse et la charité coulait de ses lèvres comme une huile sainte. Prompt à pardonner, lent à punir, il aimait les pécheurs, comme Jésus-Christ les aimait, en détestant le péché. Il était véritablement un père au milieu de ses enfants, véritablement un pasteur au milieu de son troupeau. Comme son divin maître, il eut donné son sang pour ses brebis. Il leur donna une longue vie de prière et d'amour, de travail et de bonnes œuvres. Dès ici-bas sa vertu fut récompensée, et il porta longtemps la mitre sacrée des princes de l'Eglise.

Faisant un efîbrt suprême, G-eneviève avoue ses relations criminelles avec le maître d'école ; la conversation qu'elle a surprise, le rêve qu'elle a fait et tout ce qu'elle sait de la petite Marie-Louise. Le cuïé, fort ému, lui dit qu'elle doit remercier Dieu de ce qu'il fait poiir elle. L'enfant que dés méchants s'efforceht de perdre âérà sauvée, si elle le veut. Et en

sauvant cette petite fille, elle se délivre elle même des chaînes honteuses qui la captivent : Fuyez cet homme qui vous tient sous un joug infâme, continue-t-il, il ne vous aime point. Après vous, une autre. Quand vous aurez perdu les charmes qui le retiennent, il vous rejettera comme on rejette un instrument brisé : il vous méprisera, car il aura comiu votre faiblesse. Vous ne se;ez jamais heureuse dans le crime, parceque la vertu est le bien de Dieu. La vie passe vite et personne n'échappe à la mort. Quand vous mourrez vous serez dans le désespoir, parcequ'il ne sera plus temps de revenir à Dieu, La contrition n'est pas un simple acte de la volonté. On la demande à Dieu, on l'obtient par la prière et la méditation. Il faut que vous sauviez l'enfant ! il faut que vous vous sauviez vousmême !

— Je le veux, répond Geneviève.

— Je vous trouverai un refuge à toutes deux. Je connais une famille qui vous accueillera et où vous vivrez dans la paix et la vertu. Il n'y a point d'enfant dans cette famille. Il a plu à Dieu de refuser ce bonheur à ma sœur bienaimée Le Seigneur qui voit tout est infini-

ment sage dans ses œuvres. Sortez aujourd'hui même de la maison où vous êtes ; prenez la petite avec vous, allez à l'Hôtel-Dieu, je vous préviendrai. Je vais écrire à ma sœur ; j'aurai la réponse de suite, et vendredi soir, je l'espère, vous partirez. Vous commencerez une vie nouvelle, une vie de vertus et de félicité. La mère qui veille sur son enfant du haut du ciel, veillera aussi sur vous : elle vous l'a promis.

La Drolet venait d'arriver de la campagne.

Eacetteet Pamélal'attendaientchez elle. En femme coupable elle sourit au projet de ses amis. Elle calcula d'avance ce que la beauté de l'entant pouvait lui rapporter : C'est un appât séduisant, disait-elle, et cela se vend à prix d'or. Me me parlez pas de celles que les plaisirs ont couronnées de leurs épines. Amenez-moi cette petite et je la dresserai bien.

Le frère et la sœur sortirent enchantés. La femme publique avait libéralement payé sa jeune victime. En revenant, le maître d'école disait : C'est un bon coup ! Elle n'en sortira jamais. Elle ne songera guère à retrouver une famille qui rougirait d'elle, et des amis •qui la repousseraient.

2?2 LE PBLERIlJf PJB SAINTE ANNE.

—Oui, répondait sa sœur, et les fillettes qui arrivent ici à douze ou treize ans n'en sortent point, si ce n'est pour aller au cimetière.

— Eusèbe va jubiler à cette nouvelle. Je l'attends vendredi.

— Tu lui as écrit ?

—Oui.

En parlant ainsi ils entrèrent.

— Habille-la, dit le maître d'école, et la conduisons avant que Geneviève ne rentre.

— C'est l'aflaire d'une minute : elle n'a qu'une robe à revêtir.

— Farceur de n;iuet qui voulait m'ôter cette enfant! grommela le maître d'école. ...11 sera

fin s'il la rattrappe !, Et lui, je le pincerai

bien ! Il aura bien son tour!

Il fut interrompu dans son monologue par un cri de sa sœur !

—Qu'as-tu donc ? lui demande-t-il. Paméla sort tout excitée de sa chambre.

— La petite est partie

— Que dis- tu ? partie ? la petite est partie ?... ce n'est pas possible.

LE PÈLERjLN DE S^^INTE ANNE. 223

Et il entre dans la chambre, fouille partout : plus personne, plus rien !

— Comment cela peut-il se faire ? Adée l

Adée c'était la servante. Elle répond :

— Quoi ? monsieur ?

— Est-il venu quelqu'un ici ?

— Non, monsieur, c'est à dire oui.

— Non ! oui ! es-tu folle ? Parle ou ne parle pas! Est-il venu quelqu'un?

— Mademoiselle chose , que vous avez

amenée hier soir.

— Geneviève ?

— Oui, monsieur, elle est entrée tout à l'heure.

— Et elle est partie avec l'enfant ?

— Je n'en sais rien.

—Comment ? tu n'en sais rien, reprend Kacette qui ne peut revenir de sa surprise.

— J'étais dans la cour quand elle est sortie — si elle est sortie— je ne me défiais pas d'elle, moi.

Racette pense: Elles sont peut-être en haut: on se désole pour rien. Il appelle; per-

sonne ne répond. Il monte, parcourt chaque appartement, visite la cave et le grenier : Parties ! exclame-t-il avec désespoir, elles sont pr.rties !

Geneviève sortit de l'église forte et consolée. Elle retourna en tremblant dans cette maison de malédiction où elle avait passé la nuit. Le maître d'école et sa sœur étaient sortis. La servante dit : Ils sont allés chez la Drolet pour lui demander de prendre une jeune fille chez elle. Geneviève entra dans la chambre de mademoiselle Racette. Le lit était défait. L'enfant dormait encore, bien qu'il fut près de midi. Geneviève l'éveilla, la revêtit de sa robe, et l'emmena pieds nus et sans chapeau. La pauvre orpheline n'avait jamais eu de souliers, et son chapeau de paille était resté dans le bois. La servante alla dans la cour verser une cuvette d'eau. Geneviève et Marie-Louise sortirent. Geneviève tremblait. La petite lui demanda : — Vas-tu me conduire chez mon oncle ?

Elle la conduisit à l'Hôtel-Dieu.

XXYl

LES DEUX CALECHES

Le maître d'école chercha Geneviève et la petite Marie-Louise, pendant trois jours, et ne put découvrir le lieu, de leur retraite. Il ne pouvait s'expliquer une fuite aussi prompte et si peu préméditée. 11 se perdait en conjectures : Serait-ce le muet? pensait-il, serait-ce G-eneviève ? Il se rendit à l'auberge de ï Oiseau de proie, où flânaient toujours quelques uns de ses nouveaux compagnons. Il leur fit part de sa mésaventure : tous jurèrent de l'aider dans ses recherches. Et en efTet, ils se répandirent dans la ville, comme des bêtes fauves, rôdant, flairant partout, s'attardant aux coins des rues pour épier les gens et questionnant tout le monde. Mais leurs peines furent inutiles ; ils travaillèrent en pure perte. Une retraite sûre autant que sacrée donnait aux fugitives son efficace protection contreleurs ennemis. Le vendredi arriva. Racette

qui avait mandé son beau-frère de descendre à Québec, craignait maintenant de le voir venir. Son triomphe s'était changé en une défaite humiliante. 11 était morne, irascible, et se serait donné au diable pour le plaisir de se venger de Greneviève et de perdre l'enfant.

L'aprèsdinée du vendredi s'écoula et le beau-frère ne vint point.

— Le bateau doit être arrivé maintenant, pensait-il ; si Eusèbe était descendu, je l'aurais vu déjà. Il n'est pas venu, tant mieux ! je vais me rendre au marché, pour m'en convaincre.

Et il partit. Une pensée lui vint : Si je passais par le palais ? il y a peut-être quelque berge de Lotbinière : je les visiterai de crainte que les diablesses n'y soient cachées.

11 se dirigea vers le palais. 11 n'y avait là qu'un bateau de Lotbinière et un autre, de St. Jean Deschaillons ; mais les fugitives n'étaient point à bord. Racette, déçu de nouveau, prit la rue St. Paul et chemina lentement, comme un homme qui ne sait où il doit aller. L Angélus sonnait. Pendant que les âmes pieuses faisaient monter vers le ciel, avec les flots d'harmonie de l'airain sacré, leur humble

prière, lui, le misérable, il blasphémait le saint nom du Seigneur. Tout à coup, comme il passait vis-à-vis la côte des Chiens, il vit venir une calèche. Le soufflet en était relevé comme aux jours de pluie, et le cheval trottait dru sous les coups de fouet. La voiture passa comme une flèche, mais il put voir, de ses yeux de lynx, une femme et une enfant assises toutes deux en arrière, et il entendit un cri léger. La foudre l'eut frappé qu'il ne se fut pas arrêté plus subitement.

— Les malheureuses! hurle-t-il ! les infâmes ! Et il s'élance à la poursuite de la calèche :

-F-Arrêtez-les ! crie-t-il, arrêtez-les !

Les gens se détournent pour voir et ne comprennent pas ce qu'il veut dire. Il rencontre un cha,rretier, monte dans la voiture :

—Vite! Ms. crever ton cheval s'il le faut......

—Où?

— Rejoins la calèche qui vient de passer ! — Ce n'est point aisé !

— Malédiction ! vas-tu partir ? Fouette ! marche ! file ! en avant !

Le cocher ne se le fait plus répéter. Le fouet laboure les flancs du cheval qui bondit et s'é-

lance sur la route. Les roues de la calèche tournent comme deux scies rondes. Pourse garer de cet attelage rapide les autres voitures cèdent tout le chemin. Les deux calèches passent devant le palais et s'engagent dans la rue St. Joseph, qu'elles suivent jusqu'à la rue du Pont. Alors, tournant à droite, elles prennent celle-ci pour gagner la campagne.

Quand la calèche qui emportait Geneviève et Marie-Louise passa la barrière du pont Dorchester, l'autre n'était plus qu'à quelques perches en arrière.

— Fermez la barrière! crie le premier cocher au gardien, fermez vite ! nous sommes poursuivis.

Le gardien ferme la barrière. K-acette qui vient de dire à son charretier : Passe tout droit si la barrière est ouverte, pousse un juron en voyant le gardien la refermer. Mais le retard n'est pas long, et la rapidité du cheval qui se sauve n'est égalée que par la rapidité de celui qui le poursuit. Les fers résonnent fort sur le chemin durci. Déjà des flocons d'écume se forment sous les harnais, et les chevaux exhalent, de leurs naseaux di-

latés, un souffle brûlant. Le trot ne suffit plus et les Toitures se mettent au galop. La petite Marie-Louise tout effrayée tient G-eneviève par le bras et se serre contre elle. G-eneviève, pâle et interdite, se croit déjà entre les mains du maître d'école sans pitié ; elle pense au rêve de la nuit précédente. Son amant d-'hier, à ses yeux si séduisant et si beau, s'est changé en un monstre affreux. Elle invoque la mère de Marie-Louise et lui dit encore : Sauvez-nous !

sauvez-nous ! Elle est tirée de cet état de

stupeur par la voix du cocher qui s'écrie : 11 faut arrêter : je n'ai pas envie de faire crever ma bête Cette parole est comme un poignard qui fouille le cœur de la pauvre fille.

— N'arrêtez pas, dit-elle, n'arrêtez pas!

— Mais ils nous rejoignent! ils approchent !

Il se penche pour regarder en arrière : Ils vont passer et nous barrer le chemin, continuet-il. Vous ne connaissez pas de maison où vous seriez en sûreté ?

— Je ne connais personne ici, je suis étran- .gère.

Au même instant ses yeux: aperçoivent le

clocher de l'église de Beauport qui porte haut, dans l'air, la croix de .1 ésus. Le clocher fait toujours naître une pensée consolante, un rayon d'espoir ! C'est le drapeau qui rallie les troupes éparses ; c'est le phare qui annonce l'entrée du port tranquille ; c'est le doigt de la religion qui nous montre le ciel.

— L'église ! s'écrie Greneviève, rendez-vous à l'église.

— L'égHse est encore loin, répond le charretier en secouant la tête.

Et le cheval court toujours ; et le fouet tombe, comme un serpent tordu, sur le dos do l'animal tout blanc d'écume. Le maître d'école encourage son cocher : Fouette ! arrive ! rattrape-les ! le,s voici ! on les les gagne ! on les tient! Tu seras joliment récompensé, mon garçon. Fais crever ta bête s'il le faut, je t'en promets une meilleure.

— L'animal est bon, réplique le cocher. Si j'étais sûr d'aller en paradis comme je suis sûr de les rejoindre !

Eacette sourit et songe à la douce vengeance qu'il va exercer. L'église approche ; le clocher monte vite dans les nues. Les de'ix chevaux

courent côte à côte, tête contre tête, et les roues, à chaque moment, sont sur le point de se broyer dans un choc terrible. Penché en avant, Racette regarde G-eneviève d'un air moqueur.

— Arrête donc, ma belle ! Tu n'as pas coutume de te sauver ainsi ! Arrête donc ! nous

allons monter dans la même voiture !

Geneviève ne voit rien, n'entend rien

La petite Marie-Louise dit : Mon oncle ! c'est mon oncle ! on peut bien l'attendre.

La calèche qui emporte le maître d'école se trouve enfin devant l'autre.

—Bien ! maintenant, barre la route ! ordonne Racette.

Le cocher obéissant guide son cheval de

façon à gêner la fuite de l'autre Le

maître d'école se penche pour regarder le résultat de ce stratagème. Il n'y a plus rien ! L'autre voiture a décrit un demi-tour et s'est jetée dans le chemin qui conduit au presbytère. Geneviève et l'enfant n'ont que le temps de descendre et de se précipiter dans la maison, quand arrive le maître d'école. Il ne rit plus, mais la colère transforme son visage. Le curé,

surpris, demande ce qne signifie cette brusque visite.

— Sauvez-nous de cet homme ! dit Greneviève, hors d'elle-même. Et elle entraîne la petite au fond de la pièce, comme pour la cacher.

liacette réplique brutalement et avec audace : C'est ma femme ! c'est ma nièce que j'élève je les réclame ! Vous ne pouvez pas me les refuser

Le prêtre hésite : Qui êtes-vous ? demandet-il à Racette.

— Je suis Joseph Racette, de Lotbinière, maître d'école.

— Vous êtes sa femme ?

— Non, Monsieur le curé.

— La misérable ! fait Racette.

— Le curé s'adressant à la petite : Couiiais-tu cet homme ?

— Mon oncle, dit l'enfant en souriant.

-—L'innocence est admirable, observe le curé, et son témoignage porte la conviction dans les esprits.

Racette s'applaudit de son audace.

—L'enfant croit dire la vérité, reprend G-Lineviève, et moi je^la dis.

— Voyez-la ! repart le maître d'école, infidèle

et sans pitié, elle fuit le toit conjugal

Pourtant, je l'ai bien aimée, je l'ai traitée avec délicatesse et bonté !

— Menteur! reprend Greneviève Tu m'as

perdue, tu m'as rendue la plus misérable et la plus infâme des créatures, mais je ne suis pas

ta femme tu n'as pas voulu que je fusse ta

femme quand j'ai désiré l'être maintenant

je ne veux plus l'être ! jene le veux plus !....

Elle tire de son sein une lettre qu'elle donne au prêtre : Lisez.

— Ce n'est pas pour moi !

— N'importe ! cela ne fait rien, lisez, M. le curé.

E-acette est tenté d'arracher ce papier des mains du curé qui lit attentivement ; ses doigts crochus se déplient même dans ce dessein ; mais le curé, par mesure de prudence, s'est un peu retiré. Il lit jusqu'au dernier mot, replie la lettre et la rend à Greneviève, puis ouvrant la porte, il dit à E-acette d'un ton qui ne soutire pas de réplique : Sortez !

Le maître d'école sortit. Le feu jaillissait de ses prunelles, la rage^ faisait claquer ses dents

Quand il entra chez lui, il trouva son beaufrère Eusèbe en train de badiner avec des nymphes de la rue St. Joseph. Mademoiselle Paméla l'avait mis au courant de ce qui s'était passé depuis quelques jours. Eusèbe fut rudement désappointé. La rue St. Joseph n'avait pas mieux gardé sa victime que le bois du domaine. Cependant les fumées du rhum obscurcissaient un peu son jugement ; il ne songeait pas aux conséquences que pourrait avoir cette disparition, et se laissait enivrer par les jouissances de l'heure présente. Racette fut d'abord d'une humeur intraitable ; mais il se calma. L'espoir de retrouver tôt ou tard Geneviève et l'enfant, et de.se venger mieux quand on ne le soupçonnerait plus de haine, lui fit supporter sa noi"vvelle déception avec plus de patience.

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