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où s'élèvent les villages des fellahs, ou cultivateurs. Les terrains sont très-divisés, mais pas une seule haie, aueun aibre de haut jet, Sans la fécondité du sol, ce serait d’une monotonie désespérante,
A chaque instant, on rencontre des canaux qui conduisent les eaux du Nil jusqu'aux extrémités de cette vaste plaine. 1] y en a une multitude innombrable qui se joignent, se croisent et se divisent pour distribuer partout leurs eaux fécondantes. Les bords du chemin de fer sont généralement des canaux. L'eau cireule souvent au milieu des cultures sans s’'absorber ; le terrain #9. pas spongieux comme dans nos contrées. Pour le dessécher, il suffit de fermer les ouvertures des canaux avec un peu de terre, et le soleil si ardent se charge du reste. L'évaporation se fait vite. Après les inondations, l’irrigation est encore indispensable. Là où le terrain est trop élevé pour que l’eau puisse couler d'elle-même et arroser, deux hommes ou deux enfants attachent un vase au deux extrémités d'un bâton soutenu au milien par une perche enfoncée en terre, plongent les vases tour à tour dans l'eau, et les renversent dans un conduit qui forme un ruisseau, et ce ruisseau s’en va au loin distribuer seseaux, C’est assurément un moyen simple et primitif.
Aüïlleurs, on à déja profité des découvertes de la science, Ce n’est pas encore une machine à vapeur, mais c’est quelque chose de moins dispendieux et tout à fait approprié aux besoins de la culture, C’est une roue avec engrenage, qui fait monter l'eau et la renverse. Un âne, un bœuf où un chameau suftisent pour Ja mettre en mouvement,
Partout, dans les campagnes, on aperçoit ber"coup de fellahs. Ce ne sont pas de vrais propriétaires. Zls labourent,
ils sèment, ils récoltent, mais c'est en gr'uûe partie pour le vice-roi. On ne peut même leur donv:r le nom de fermiers. Ils se trouvent trop heureux quand on veut
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demandez : A qui cette maison plus élégante ? A qui ce champ si bien cultivé ? A qui ces beaux plants de C'est au
En Egypte, quand vous
cotonniers ? On vous répond invariablement :
khédive (vice-roi).
Cependant il faut rendre au khédive cette justice, que son gouvernement, quoique despotique, a encore quelque chose de paternel. Les vexations sont moins fréquentes ; les actes de cruauté, rares. L'Egypte semble sortir de la barbarie. Le gouvernement protèue les étrangers, entretient l’ordre et la sécurité, et la civilisation ferait de grands progres si la loi de Mahomet ne lui opposait une barrière infranchissable. 11 n’est donc pas étonnant que, dans de pareilles conditions, les pauvres fellahs, débris des anciens habitants de l'Egypte, restent encore sous la domination de maîtres avides,
Si ces populations, paisibles, dociles, laborieuses, pouvaient sans danger se soustraire à la dure servitude de lislamisme, elles ne tarderaient pas à se faire chrétiennes (1), et si la foi catholique dominait dans cette belle contrée, elle y apporterait, avec une douce liberté, une prospérité sans exemple.
Le Delta, où nous entrons, est bien le plus riche pays ‘u monde : que serait-ce, s’il était exploité par les bras intelligents de nos cultivateurs français ? La terre est si facile à remuer ; elle se dissout comme de la poussière. Une paire de bœufs traîne facilement une charrue ; plusieurs fois, nous avons aperçu un âne attelé à côté d’un bœuf où d’un cheval, et, chose plus étrange, à côté même d'un chameau, assemblage bizarre que la photographie devrait reproduire. C’est donc à peu de frais qu’on cultive; c’est toujours sans engrais, et cependant quelle luxuriante végétation ! Sans les ardeurs d’un soleil brûlant
(1) Beaucouy, de fellahs conservent encore des traces de christianisme,
4 LE PREERIN
on se croirait dans les plaines verdoyantes de la Normandie, au mois de juin, IÎci, vous voyez des blés magnifiques qui montrent déjà leurs épis, là des. césames, des maïs, des orges, des cotonniers, etc.
De temps en temps, sur un tertre, apparaissent quelques constructions basses, grisâtres, entourées de quelques arbres ; c’est un village arabe, dominé presque toujours per l’exécrable minaret. De loin, l’aspect est encore gracle: : mais quand on en approche, l'illusion s’évanouit. On se :ouve qu'une réunion de vraies tanières : pas de toit, uue misérable cheminée en terre, une porte basse pour pénétrer dans ces réduits où mangent et couchent sur des nattes tous les membres d’une nombreuse famille. Chose étonnante ! cette population couverte de haillons est active et vigoureuse. Les hommes ont des bras museuleux, la poitrine large et prononcée, la peau d’une couleur jaunâtre, assez semblable à la poussière dont i!s sont couverts. Les femmes travaillent aussi, sont moins généralement voilées et paraissent un pen moins esclaves. En un mot, les pauvres fellahs, quoique pressurés par le gouvernement, sont encore plus heureux que ceux qui errent dans les villes.
Nous avons traversé li première branche du Nil, celle de Rosette, et nous arrivons à Tantah, qui est située au milieu du Delta. Cette ville fait un grand commerce de céréales. Le blé, l'orage, l’avoine, le maïs, des trèfles ditférents des nôtres, et d’autres fourrages y abondent. Aussi. on aperçoit dans les champs une foule de bestiaux, bœufs, moutons, chèvres, chameaux, quelques chevaux et une multitude d’ânes incalculable. Nous passons la seconde branche du Nil, et nous approchons dun Caire.
En Egypte, les chemins de fer sont de lafges voies qu'on a su utiliser comme routes ordinaires. A côté des rails, il ya un espace suftisant pour les gens de pied, pour les
chevaux, les mulets, les ânes, les chameaux ; et, comme la :
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vue n’est bornée ni par des arbres, ni par des montagnes, chacun a soin de se ranger pour laisser passer les trains. De même, les gares n'ont pas de clôtures. Chacun entre sort, cireule comme il l'entend. En résulte-t-1l des accidents ? je l’ignore ; mais je pense qu’ils doivent être rares.