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autres l'ont trouvée bleue comme le ciel on blanche comme je lait: d'autres l’ont comparée au plomb ou à l'or fonda, quelquefois même à l'opale. Ces contradictions ne sont qu'apparentes. La position exceptionnelle de cette mer, une évaporation active et continue, le retlet des montagnes doivent produire d’eétranges effets de lumière. Les teintes doivent varier selon l’état de l'atmosphère, la haneur du soleil et le lieu d'observation.
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Lorsque je l'ai vue, elle me parut aussi claire que l'eau d’une fontaine limpide. J’y trempai le bout de mes doigts, et je les approchais de mes lèvres: je trouvai cette eau extrêmement salée et amère, âpre et nauséabonde, J'y lavai À nes mains à plusieurs reprises ; et, quelques instants aprés, elles devinrent rouges. Plusieurs de mes compagnons 8e
Qd) Un soulèvement considérable à eu lieu duns lu partie sud de la mer Morte. On y remarque méme des collines. Ce soulèvement est en rapport ave li dépression de Ja vallée du Jourdain ; dépression qui se prolonge, en dhninuant, bien au delà du luc de Tibériade, En exuminant | et eu raprrochunt divers textes de lu Genèse, où arrive à conclure que
tout &e bouleversement est le résultat de la catastiophe de Sodome,
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miront à l’eau jusqu'aux genoux; on peut le faire sans aueun dapger, on peut même y prendre un bain complet ; mais c’est une bonne et sage précaution de se laver ensuite dans de Peau douce.
Cette eau est d’une pesanteur telle qu'elle supporte le poids d'un corps humain et qu'on ne peut y plonger à une certaine profondeur; la résistance est trop forte ; le corps surpaue, Ce n'est pas à dire qu'on ne puisse SY noyer. [west jas raie que des Arabes aient cté tiouvés gisants sur ses bords. Le meilleur moyen d'y nager, éest de se tenir debout, en agitant un peu les mains, ou bien sur Île
dos ; on est moins exposé à avaler de cette euu exécrable,
L'exhême salure de Peau est sans doute la vraie cause de Palsence d'êtres vivants dans son sein. * Aucun poissoin, dit Facite, ne se meut dans ses eaux, atténn oiseau ne voltive à sa surface” Il est certain que, jusquà présent, on n'a pu constater la présence de jotssons dans cette mer, et que lorsque le Jourdain y en améène, ils meurent aussitôt. On a vu aussi quelquefois des canards et autres oiseaux naveurs en eflleurer la surface et même s’y plonger quelques instants, mais 1lest très-probable qu'ils ne pourraient V vivre, comme sur l'Océan où sur la Méditerranée.
Cette mer serait un séjour aussi faneste à l’homme qu'aux poissons et aux oiseaux, Dans ces derniers temps, de hurdis explorateurs ont voulu naviguer sur ce lac pour y taire des expériences, mais 1ls ont horriblement souftert, et la plupuut s'en sont retournés malades où sont morts peu de jours après. Le plus entreprenant et Le plus habile a été sans contredit M. Lynch Américain, quia voulu faire le tour de Ja mer More et qui a recueilli les plus préceuses découvertes,
“Aprés douze jours de navigation, dit-il, nous avions Joui de la meilleure santé; mtis il se présenta alors des symptômes qui m'inspirèrent des inquiétudes... A l'hor-
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rible aspect que cette mer nous offrit, lorsque nous la vimes pour la première fois, il nous semblait qu'on devait live, comme au-dessus de lÆnfer de Dante : “Que celui qui entre iei renonce à toute espérance, ?
“ Depuis ce temps, ces impressions craintives avaient été diminuées.… Mais en regardant mes compagnons endormis, où plutôt plongés dans un profond assoupissement, ce sentiment de terreur revint, IE v avait dans l’expression de leurs visages échauffés et enflés quelque chose de terrible, L'ange sinistre de Ja maladie semblait planer sur eux, Leur sommeil brûlant ct fiévreux était pour moi l'avant coureur de sa venue,
“ Les uns, avant le corps courhé, les bras pendants sur les rames abandonnées et les mains pelées par cette eau corrosive, dormaient profondément; les autres, ayant la tête penchée en arricre, les lèvres fendues et saignantes, avec des taches écarlates sur chaque joue, paraissaient, même pendant leur sommeil, aceablés de chaleur et d'épuisement ; tandis que d'autres encore, eur le visage desquels la Inmière de l’eau se réfléchissait, ressemblaient À des spectres ét sommeillaient avec nn tremblement nerveux de tous les membres... La solitude, la scène que j'avais sous les veux, mes pensées... c'en ctait trop: assis que j'étais dans cette nacelle qui se mouvait lentement, il me vint le sentiment que j'étais Caron conduisant, non pas les âmes, mais les corps «es morts et des l'Épr'ouvés, à travers je ne sais quel lac de lenter, ?
Ainsi parle M. Lynch, et ce tableau na rien d'encourageant pour les futurs navigateurs sur la mer Morte,
M. Lynch conelut toutes ses observations par ces paroles en faveur de Moïse: “ Après vingt-deux jours d'explorations précises, nous avons été, si je ne me trompe, unaniimement convaincus de la vérité des récits de lEcriture sur la destruction de cette plaine.” Et ailleurs il ajoute :
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“Nous croyons que tout ce qui se trouve dans la Bible au | a 4 . Fe . , , \ | 3 sujet de cette mer et du Jourdain a été complètement cons-
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un taté par nos observations, ?
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Nous quittons les rivages désolés de la mer Morte.
Nous avons hâte de reposer nos veux sur un spectacle
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un plus doux. Nous nous diriseons vers le Jourdain, en répésa” tant ce vers du poëte :
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l'es- O rives du Jourdain, 6 champs aimés des eieux !
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ner Mais, hélas ! la plaine que nous traversons, qui offrit moi ; aux [sraélites les prémices de la terre de Chanaan, est
aujourd’hui aride, inculte, presque sauvage,
au | Pleins de la pensée des prodiges opérés sur cette plage, ait nous marchions silencieux à travers ces vastes solitudes.
dut A chaque pas, je sentais s'augmenter ce désir ardent de ites, voir le Jourdain, qui me tourmentait depuis si longtemps. ent, J'étais à une petite distance de ce fleuve sacré, et rien n’anpui noncait encore sa présence, Enfin, j'apereus un rideau tiâle d'arbres de toute espèce, dont les cimes s’élevaient andes dessus d’un ravin qui serpentait comme un fleuve dans la ——. plaine ; un bruit léger se fit entendre: c'était le murmure vais des eaux.
que Je n'approche et je nr'écrie : “Voilà le Jourdain! c’est me bien le Jourdain qui coule mystériensement à moitié caché s les au milieu des jones!” Des saules, des acacias et d’autres 'ers arbres dont j'ignore le nom forment comme un dôme de
feuillaue au-dessus de ces ondes sacrées, qui se sont ouie vertes devant l'arche du Seigueur et qui ont coulé sur le front de Jésus-Christ.
Nous nous sommes dirigés vers le lieu où saint Jean préchait la pénitence et où Notre-Seigneur se présenta pour recevoir le baptême de ses mains. C’est aussi le lieu où
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ue le fleuve remonta vers sa source et livra passage aux Hétte : Il
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breux (1). Surce point la tradition est constante, et la simple inspection des lieux indique qu'il en doit être ainsi ; car ce gué est en face de Jéricho {2}, et sur lu rive opposée, est une vallée qui se prolonge vers les campagnes de Moab et par où la multitude pouvait facilement arriver sur les bords du fleuve ; tandis qu'à droite et à gauche sont de hautes montagnes,
C’est encore-en ce même lieu que le prophète Elie frappa les eanx de son manteau et passa à pied sec avec Elisée (3). David, poursuivi par son fiis Absalon, traversa le Jourdain (4); et Naaman le Syrien, par ordre d’Elisée, vint s'y baigner sept fois pour être guéri de sa lèpre (57. Aux premiers siècles du christianisme, des légions de pieux solitaires vinrent se fixer sur ses rives et plantèrent une grande croix au milieu du fleuve, à Pendroit où Notre-Seigneur recut le baptême,
Ce fleuve, quoique étroit, roule un volume d’eau assez considérable, Ilest presque partout profondément encaissé, A l'endroit où nous nous sommes arrêtés, il est plus large, et on y accède plus facilement, C’est bien là le lieu où la foule pouvait se réunir pour entendre les prédieations du saint Précurseur et recevoir son baptème. Je considérais avec attention ce fleuve sacré qui à été témoin de tant de prodiges, et il me semblait que ju voyais ses eaux se diviser; une partie remonter vers leur souree et Pautre s'écouler rapidement vers la mer Morte.
Sous ce beau ciel sans nuage, je voyais les cieux s'ouvrir, et j'entendais Dieu le Père proclamer la divinité de son Fils, aux yeux des spectateurs étonnés, Que de souvenirs religieux s’éveillent dans ces moinents trop courts ! que de douces émotions font battre le cœur ! J'ai voulu me baiener dans ces eaux sanctifiées et en emporter une bonne
(1) Josué, 111. 1. (2) Ib, 11, 25, (3) iv. Rois. 11, 1... 14, (4) IE Rois. Xv11, 22, (5) IV. Kcis, v. 10.
ne
provision, pour régénérer dans li patrie quelques-uns de ces enfants qui donnent de grandes espérances.
Le Jourdain est le seul fleuve de la Palestine, prend sa source au pied du grand Hermon, toujours couvert de neige. Il traverse le lac de Tibériade qu'il alimente, et il en sort pour aller se jeter dans la mer Vorte, après un parcours total d'environ quarante lieues. Depuis sa sortie du lac de Tibériade, son cours est tres-rapide, la différence de niveau entre le lac et la mer Morte étant de plus de deux cent trente-cinq mètres (près de sept cent quatre-vingts pieds). Sa plus grande profondeur est de cinq mètres (seize pied et demi), et sa largeur varie de cinquante à soixante-dix mètres (de cent soixante-einq pieds à deux cent trente-deux pieds)
Nous avons suivi quelque tempset un peu loin les bords de ce fleuve, et nous avons été frappés de la profondeur de son Hit, qui, depuis le passage des Hébreux, doit s'être creusé d’une manière extraordinaire; ce qui explique pourquoi les inondations sont devenues st rares.
Nous avons pris sur ses bords, à Pombre des arbres qu’il fait croître, un frugal repas, L'eau du Jourdain en était le principal assaisonnement, Quoique un peu blanchâtre, elle est vraiment délicieuse, et lextrème chaleur que nous avions à subir nous la faisait trouver meilleure encore. Heureusement, nous avions de Pombrage, Sous un soleil ardent, rien de plus agréable que ces fourrés épais qui donnent une douce fraîcheur. Les bords du Jourdain sont un véritable Eden où règne un printemps presque éternel; toujours de la verdure dans ses bosquets ; toujours des oiseaux qui chantent, et, parmi eux, le rossignol fait entendre sa voix mélodieuse comme en France et en Italie. (Nous ajouterons, comme aussi en notre beau Canada).
Après notre repas, nous sommes descendus de nouveau dans le fleuve, et uous avons recueilli de jolis petits coquil-
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lages dont on fait des chapelets. Nous avons aussi coupé des roseaux que nous n'avons pu emporter, Ces roseaux atteignent une grande hauteur et garnissent le rivage avec la lisière des beaux arbres dont j'ai parlé.
J'ai quitté trop tôt ces rives tant désirées ; j'avais de la peine à m'en séparer, Enfin, il a fallu dire adieu au Jourdain que je ne reverrai jamais. Nous nous diviseons vers Jéricho. Chemin faisant, nous rencontrons une dame anglaise ou américaine, qui avait trouvé le moyen de voyager à son aise et avec une sorte de luxe dans un pays où il n’y a aucune voiture.
Voiei à peu près quel était son attelage : deux longues perches, reliées entre elles à distance convenable, sontenaient une sorte de bilduquin qui servait de tente et mettait la voyageuse à l'abri des rayons du soleil, si ardents dans cette plaine. Une chaise ou fauteuil, vaste et établi dans de bonnes conditions, était suspendu à une traverse placée au milieu. Pour transporter tout cet attirail, quatre mulets conduits par quatre moukres étaient attach's aux extrémités des perches. Les moukres réglaient leur pas ; et l’illustre Anglaise, nonchalamment assise, les pieds bien appuyés, les coudres sontenus par des coussins, s'avancait uravement, un livre à la main, étudiant sans doute les contrées qu’elle parcourait. Elle pouvait, au besoin, se livrer aux douceurs du sommeil.
On voit que, si nos voisins d'outre-mer aiment à voyager, ils veulent que le confortable les suive partout ; et c'est bien là un des traits les plus saillants du caractère britan-
nique, Pour nous, pauvres pèlerins, nons contentant d’une vulyaire monture, nous bravons les ardeurs du soleil; nous traversons cette plaine sablonneuse, où lon rencontre encore, Mais moins souvent que sur les bords de la mer Morte, des taches blanches, produites par des mutières salines, qui viennent s'incruster sur la surface de la terre.
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Cette plaine était autrefois couverte de riches moissons, et elle ne tarderait pas à recouvrer sa fertilité ancienne, si elle était cultivée, A chaque instant, on retrouve quelques débris du passé, qui atteste qu’une population nombreuse vivait autrefois sur cette plage désolée,
Nous passons à côté de Galgala (1), où Josué dressa un autel avec douze pierres prises dans lit du Jourdain. Sainte Paule, au 1ve siècle, les vit encore ; saint Arculphe, au vile, les trouva conservées dans une église bâtie en ce lieu. Aujourd'hui, on n’y voit plus que des ruines.
Nous arrivons à Jéricho (2). Je n'attendais à trouver au moins une ombre de ville; c’est à peine un village. Un débris de tour où vont coucher quelques Arabes, quelques misérables huttes brûlées l’année dernière par un incendie, quelques cultures, de rares habitants, à l'aspect sauvage, qui errent à travers ces ruines : voilà tout ce qui reste de Jéricho, de cette ville si célèbre qu’il fallut un miracle pour faire tomber ses murailles à Papproche des Israélites.
Quand Josué fut maître de Jéricho, il la détruisit de fond en comble (3, parce que le Seigneur l'avait vouée à lanathème, et il prononca cette imprécation : “ Mandit soit celui qui se lévera et rebâtira cette ville; que son premierné meure lorsqu'il en jettera les fondements, et qu’il perde le dernier de ses enfants lorsqu'il en placera les portes.” Cette malédiction s'aecomplit à Ha lettre sous le règne d'Achab,
Hiel, de Béthel, entreprit de rebitir Jéricho, et il perdit Abirun son fils aîné quand il en jeta les fondements, et Ségub lorsqu'il en posa les portes (4), Ce fut surtout à Hérode que Jéricho dut ses embellissements ; il y fit bâtir un palais, vu hippodrome, un amphithéâtre et d'autres
(l) Josue, IV, 26: (2\ Ibid. ae De Nr
CO ELRIPNITOIS EX 140)
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