Ibid,, ch. VII
temps de constater le bien considérable opéré par son
confrère auprès des sauvages Caraïbes.
L'imprudence de deux Français compromit une œuvre si
bien commencée, qui s'annonçait brillante. Sur un soupçon mal fondé, lun d'eux fît maltraiter et fouetter un sauvage ; l'autre, (( s'étant enivré, prit querelle avec un des principaux Caraïbes de l'île, et l'eût tué si son pistolet n'eût manqué » K II n'en fallut pas davantage pour exciter les sauvages à la révolte. Les deux missionnaires furent les premières victimes désignées.
Le 23 janvier 1654, à sept heures du matin, le P. *Vubergeon célébrait le saint sacrifice de la messe dans une petite chapelle de l'humble case de la mission, et le P. Gueimu, à genoux au pied de l'autel, se préparait à l'offrir, quand des sauvages s'approchent en silence, pénètrent dans l'oratoire, et assomment les' deux Pères à coups de massue'^. « Tous deux sont morts à la fleur de l'âge, dit le P. Pelleprat, lorsqu'ils semblaient être plus nécessaires au monde pour la conversion de ces peuples ; mais ils ne pouvaient mourir en un temps plus favorable, puisqu'ils ont été sacrifiés euxmêmes, lorsqu'ils offraient Jésus-Christ en sacrifice pour le salut de ces pauvres barbares ». Le P. Aubergeon était né à Ghinon en Touraine, et le P. Gueimu, à Casteljaloux, dans le Lot-et-Garonne.