VIII. A SANTEUL
Publiée dans le Santé àilliana (sic), La Haye, 1707, et dans les éditions postérieures.
Je suis touché sensiblement, mon pauvre Santeul, de tout ce que vous me mandez, et je ne manquerois pas de vous aller voir, si vous ne me le défendiez. Mais rien ne m'édifie plus que la manière dimt vous prenez votre mal ; et croiez-moi, mon cher Monsieur, cela vaut mieux que la santé. Il faut souffrir, il faut faire pénitence pour
bien, que l'on trouvera un peu plus loin : Boubours s'excuse, daos l'une et dans l'autre, sur une retraite qu'il vient de faire, immédiadiatement suivie de la mort d'un de ses bons amis. Ajoutez que la querelle de Boileau avec les jésuites commençait h cette même époque (fin 1697).
être sauvé : je vas prier de tout mon cœur le grand saint Xavier pour vous, aûn qu'il vous obtienne la patience et la force dont vous avez besoin dans vos douleurs. Je suis à vous entièrement.
IX. A DOM FÉUBIEN, BÉNÉDICTIN [Inédite), Autographe communiqué par MM. Charavay.
à Paris, oe 28 de nov. 1697.
Mon révérend Père,
Ma retraite et la mort d'un de mes bons amis m*ont empesché de vous faire plus tost response. Je n*ay pas laissé de lire ce que vous m'avez fait l'honneur de m'envoyer et j'y ay reconnu d'abord que vous estiez fils de maistre (1), tant j'ay trouvé vostre stile bon, vos expressions nobles et pures, à des minucies près que je vous diray Tun de ces jours que j'iray à Saint-Denis. Je voudrois bien estre en état de voir tout l'ouvrage (2), mais après tout le temps que mes incommodités m'ont fait perdre, je n'en ay presque pas pour mes propres affaires, et d'ailleurs j'ay besoin de me ménager de peur des recheutes. Je suis de tout mon cœur, mon révérend Père,
Vostre très humble et très obéissant serviteur,
BoUHOURS.
(1) Son père était André Félibien, l'historiographe du Roi ; critique d'art distingué, et connu surtout par ses Entretiens sur la Vie et les Ouvrages des Peintres,
(2) Apparemment VHistoire de l'Abbaye de Saint-Denys, qui parut en 1706, avec priyilège en date de 1703.