PairoBomiB. Crimes de l& Révolution, loc. cit
2. Taiicb. Origines de U France contemporaine, t. III, p. 213 et suiv.
suspendait l'exécution de son arrêté, sur l'invitation des hommes les plus intéressés à la chute du gouvernement. Il semblait que l'heure ne fût pas encore propice, la plupart des sections hésitant à se prononcer dans le sens de l'action. Et cependant l'effervescence était toujours grande dans Paris ; les soulèvements, les meurtres se multipliaient, mais sur des points limités ; car les observateurs y notaient ce contraste, si fréquent dans notre histoire municipale, de l'aspect animé et joyeux de presque toute la ville avec l'affligeant spectacle du désordre déchaîné dans un ou deux quartiers de la capitale. C'était un indice évident de l'hésitation des esprits.
Cependant, le 6 août, Robespierre soulevait des tempêtes, au club des Jacobins, en déclarant que tout se préparait pour la fuite du roi et qu'il fallait redoubler de surveillance.
Plus d'adresses, plus de pétitions, concluait Merlin, il faut que les Français s'appuient sur leurs armes, sur leurs canons et qu'ils fassent la loi.
C'est ainsi qu'un arrêté de la section des anciens Cordeliers, signé Danton, Momoro, Chaumette, exhortait les citoyens à s'armer pour sauver la Constitution en péril.
La veille, des monarchistes avaient répandu dans Paris des Père Duchesne sortis des presses royalistes l.
Le 8 août, l'Assemblée Législative refusait de mettre La Fayette en accusation : ce fut l'étincelle qui mit le feu aux poudres.
La section de Bonne-Nouvelle n'était restée, ni indifférente, ni inactive, au milieu de l'agitation insurrectionnelle. On retrouve, dans la fièvre qui l'anime, l'influence occulte, mais décisive, d'Hébert, parallèle à l'action avouée et prèssanté du Père Duchesne. Le 1** juillet, la section de Bonne- Nouvelle réclame de l'Assemblée Législative, qui le vota le lendemain, le licenciement de la garde nationale ; le même jour, elle félicite Pétion de sa conduite au 20 juin. Elle approuve, le 23 juillet, la dénonciation de La Fayette
1. Buchkz et Rodx. Histoire parlementaire de la Révolution française. Paris, 1835, t.XVI, p. 340.
par la section du Marché des Innocents. Le 25, elle se déclare en permanence, conformément au décret de la Législative, et, le 9 août, elle donne son adhésion à l'arrêté de la section des Quinze- Vingt s, qui, en guise de réponse à l'acquittement de La Fayette, reprend son appel à l'insurrection : c'est le tocsin, c'est la générale, c'est l'invitation à chaque section d'envoyer trois délégués à la Maison Commune.
Bonne-Nouvelle est sous les armes. Son président, Champertois, en dépit des officiers qui veulent enrayer le mouvement, envoie le bataillon de la section se réunir à celui de Saint-Jacques-l'Hôpital avec son artillerie. D'autre part, Hébert et Boulay reçoivent, suivant une formule consacrée, € des pouvoirs illimités pour ordonner tout ce qu'ils jugeront nécessaire au salut de la patrie ».
Françoise Goupil écrira à sa belle-sœur que son mari courut alors les plus grands dangers Hébert soutiendra, lui aussi, qu'il fut à deux doigts de sa perte, dans sa réplique à C. Desmoulins, qui lui reprochait d'avoir cherché par son opposition à faire avorter la révolution du 10 août. Il est vrai qu'il s'était effacé assez modestement, lorsqu'il avait rendu compte, à quarante-huit heures de distance, du coup de force que, dans la nuit du 9 au 10 août, sanctionnait le mandat impératif des sections parisiennes.
Leurs commissaires, écrit-il, < ont formé un point central à l'Hôtel de Ville. Le Conseil général de la Commune a été cassé pour son aristocratie ; le Conseil administratif conservé; M. le Maire et les autres officiers municipaux déchargés de la responsabilité que les nouveaux commissaires du peuple ont prise sur leurs têtes 1 ».
La préparation du « point central », pour nous servir du terme d'Hébert, avait été assez laborieuse. La plupart des sections n'avaient pas agi avec ensemble. En dehors des six, dont nous avons précédemment signalé l'initiative, les autres avaient procédé à la nomination de leurs délégués da us un désordre indescriptible. Celles-ci s'étaient vu arracher