Chronique de Parti du 7 mai
LE PÈRE bUCHESNE
demande-t-elle à la Convention un décret qui détermine le contingent de Paris et celui des départements1. Quelle leçon pour la faible Gironde qui, déjà trois jours auparavant, avait laissé régler sans elle la question du maximum !
Ses adversaires, eux, s'organisaient avec une ténacité indomptable. Les Jacobins veulent lutter, à armes égales, contre une presse qui leur est notoirement hostile. Les feuilles de Marat et d'Hébert, celle des Débats ne leur suffisent plus. Ils auront leur organe, le Journal de la Montagne* dont Laveaux sera le premier rédacteur. Camille Desmoulins ' et Chasles, le prêtre défroqué, y commenteront les séances de la Convention. Àuvray et Rousseau y répondront aux pamphlets dirigés contre les Jacobins, la Montagne et les patriotes. A Bentabole et à Hassenfratz, le savant, appartiendront les départements de l'intérieur et des armées.
A cette société redoutable qui s'efforçait, par ses filiales, de tenir dans sa main toute la France, il fallait, pour l'exéc ution de ses arrêts, non plus la force morale rêvée par la Gironde, mais la force matérielle dans ce qu'elle a de plus aveugle et de plus brutal. Le 8 mai, Robespierre proposait à ses coreligionnaires la formation d'une armée révolutionnaire — Lyon avait bien la sienne 1 — « qui sera partout pour empêcher les aristocrates de lever le masque jusqu'à la fin de la guerre4. »
Cette création, exclusivement composée d'éléments parisiens, sera bientôt la marotte de la Commune, et surtout celle du Père Duchesne, qui ambitionnera plus tard d'être le général en chef de l'armée révolutionnaire, comme il se propose aujourd'hui de prendre la tête des patriotes, pour aller exterminer les rebelles de la Vendée et « revenir en faire autant aux Brissotins 5 ».