‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 10 sur 263 · HT AVIS · texte numérisé non relu

HT AVIS

Lettre de M. Amédée de Murgerie.

< Limoges, 14 sept. 1003.

« Mon Révérend Père,

« Je suis presque inexcusable de connaître si tard votre beau livre, si complet, si vrai, si sincère, sur le P. Gratry. Je le serais tout à fait, l'ayant dévoré, de tarder plus d'un jour à vous dire l'intérêt passionné que j'ai pris à sa lecture, à vous remercier des nobles émotions qu'elle a renouvelées en moi, et de l'honneur que vous m'avez fait en me nommant et me citant à plusieurs reprises avec tant de sympathique bienveillance...

« Rien n'est refroidi en moi de l'affectueuse admiration que le P. Gratry m'avait inspirée depuis l'époque, beaucoup plus que semiséculaire (c'était, je crois, en octobre 1844), où je fus chargé par rencontre et à titre de préparation lointaine à ma carrière future, de faire, pendant une semaine, la classe de seconde à Stanislas, dont il était alors Directeur.

« Il était bien de la lignée très rare de ceux qui prennent d'assaut les esprits, les âmes et les cœurs, et qui, les ayant pris, les gardent toujours. Aussi, l'ai-je tendrement aimé jusqu'au bout; et, je puis bien me rendre ce témoignage, qu'aux heures même où je fus amené, pour faire mon devoir, à le combattre avec le plus de vigueur, mon affection et mon respect ne furent un seul instant ni entamés, ni même effleures.

Quelle différence entre cette âme transparente et candide et l'âme troublée et troublante de Lamennais, qui fut un charmeur, lui aussi, mais un charmeur impérieux où l'orgueil, pour sou malheur, occupa tant de place, au détriment de l'amour qui s'oublie et tinit par tout envahir !

« Recevez, etc.. »

Du Correspondant.

« Depuis que le Correspondant a rendu compte du livre du cardinal Perraud, un autre ouvrage a paru sur le P. Gratry par le P. Chauvin, de l'Oratoire, Supérieur de l'École Massillon. C'est une étude approfondie, complète et définitive, qui mériterait mieux qu'une simple mention. En même temps qu'il expose avec une clarté saisissante les idées philosophiques et sociales de son illustre confrère, l'auteur met constamment en pratique le graïul précepte de Cicéron : Ne quid falsi dicere audeat, ne (luid veri non audeat. Il dit la vérité

RELATIF A CETTE NOUVELLE ÉDITION. xv

et toute la vérité. Ajoutons qu'il la revêt d'une forme très élégante et qui semble empruntée au grand siècle. Nous connaissons peu de biograpiiies aussi attrayantes que celle-là et nous sommes heureux de la signaler aux lecteurs du Correspondant. »

(Extrait d'un article du Correspondant, 25 décembre 1901, signé : H. Delorme.)

Du R. P. Baudrillart, aujourd'hui Recteur de l'Institut catholique de Paris.

« ... Remercions le P. Chauvin d'avoir élevé, en l'honneur du P. Gratry, un monument d'autant plus solide, qu'il ne repose, ni sur le parti-pris, ni sur la flatterie, mais uniquement sur la recherche sincère du vrai. » {Bulletin Critique, 15 déc. 1901.)

De M. Vabhé P. Godet.

«... Cette vie du P. Gratry est un monument de piété filiale; c'est aussi, avant tout, une œuvre de saine critique et d'histoire. Impossible de mieux replacer dans son cadre et de mieux rendre la figure du P. Gratry... Le portrait de l'homme supérieur, simple et bon, qui était si aimable, parce qu'il savait si bien aimer les autres hommes, n'est plus à faire. Sa doctrine est exposée avec une lucidité attrayante, et jugée avec autant de sagacité que de modération, son influence appréciée d'une façon définitive... Avant le P. Chauvin, un tel livre n'était pas fait, il ne se refera pas. » {Revue du Clergé Français, 15 déc. 1901.)

Nous nous reprocherions d'allonger davantage ce défilé de témoignages. Nous tenons du moins à remercier ici les amis connus ou inconnus qui ont pris la peine de nous communiquer des renseignements ou des observations, tous ceux dont les lettres ou les articles ont été pour nous une lumière, un encouragement et un honneur.

École Massillon, mai 1911.

Nota. — Le livre du cardinal Perraud ayant paru presque une année avant le mien, quelques personnes

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