WEBSTER, N.Y
Vers 1880, il ernmenx avec lui, au Canada, un de ses humanistes, aujourd’hui missionnaire. Celui-ci, se promenant un Jour dans une rue de Montréal, s'arrêta devant la vitrine d’un libraire. Je lui laisse la parole.
“ Parmi les ouvrages exposés j'aperçus, m’écrit-il, un volume qui me tenta démesurément, Les Mystères de Paris, par Eugène Sue. J’entrai subrepticement et j'achetai l'ouvrage, que je dissimulai le mieux que Je pus sous ma redingote boutonnée jusqu’au col. Rentré au collège de la Côte-des-N eiges, où nous nous retirions, Je passai ma soirée à lire en secret ce sale roman, dont j'étais tout bouleversé. Le lendemain matin, en m'éveillant, mon premier regard, et, l’avoucrai-je, ma première pensée, fut pour le livre que j'avais laissé tout ouvert sur ma table de nuit, avant de m’endormir. Il n’y était plus ! Je le cherchai en vain par toute ma chambre. Les Mystères avaient disparu mystérieusement.
“Ce n'est pas sans une vague inquiétude que je descendis au réfectoire pour le déjeuner. Sournoisement je repassai l’un après l’autre tous les visages, cherchant À découvrir mon visiteur nocturne. Arrivé au P. Lefebvre, je m'aperçus tout de suite que j'étais flambé. Au reste, l'explication ne se fit pas attendre.— André, me dit-il, comment trouves-tu le bifteck, ce matin? Vois-tu, je l’ai fait préparer d’une manière mystérieuse, et c'est monsieur Eugène Sue qui m'a, pour cette fois-ci, m'a fourni le combustible.
“Jamais punition poreille ne me fut infligée ; et jamais, depuis ce jour-là, je n’ai lu un livre défendu.”
Qu'eût valu une correction brutale en Comparaison de cette flagellation de l'esprit ?
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