‹ Le père Lefebvre et l'Acadie [microforme] (volume 2)Chapitre 7 sur 55 · LA LA · texte numérisé non relu

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Camille Lefebvre appartenait à cette glorieuse famille des poètes, des prophètes et des saints, pour qui la nature parle un langage compris du cœur ; qui l’aiment comme une sœur aînée, à cause de leur père commun ; qui entendent distinctement la voix de Dieu dans le murmure éternel des vagues, dans les soupirs du vent qui pleure, dans l'hymne qui sort des nids, dans les harmonies que font, la nuit, pour les rêveurs et les amants, les sphères célestes,

Ecolier, dans les bois il marchait plein de rêves, Respirant le soleil et le parfum des sèves :

Il oubliait son livre entre ses mains ouvert,

Et lisait le printemps aux pages du désert 1.

Un arbre avait, entre tous, le privilège de l’attirer, C'était uu de ces grands peupliers canadiens, haut comine un cèdre du Liban et solennel comme un prophète.

Son parasol de feuillages tamisait doucement les rayons du soleil, et, à ses pieds, la sylvatique formait un tapis sur lequel il aimait à se reposer. Que d'heures délicieuses il passa là, lisant, rêvant, priant, écoutant les voix ! Pour détourner l'attention, il apportait avec lui son fusil de chasse, le vieux “mousquet à pierre” qui avait servi à son père dans ses courses lointaines aux pays de l'Ouest. Les voisins croyaient qu'il chassait, et s’'égayaient même un peu de sa maladresse. Mais son pieux manège n’échappait pas à l'œil plus perspicace de sa mère, laquelle, à l'exemple de la mère de Celui qui, recherchant aussi la solitude, s'isolait sur les montagnes de la Samarie et de la Judée, et jusque dans le Jardin des Oliviers, pour prier et pleurer, gravait dans son cœur toutes les paroles et observait discrètement toutes les allées et venues de son enfant,

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1—Laprade, les Symphonies.

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