‹ Le père Lefebvre et l'Acadie [microforme]Chapitre 28 sur 77 · I-0uvrage couronné par l’Académie française · texte numérisé non relu

I-0uvrage couronné par l’Académie française

Ë Grande station du chemin de fer Intercolonial, à seize milles de Mem-

ramcook,

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106 LE P, LEVCÉBVRE ET L'ACADIE A sou arrivée à Memrameook, le P. Lefebvre avait trouve M. Lafrance dans les dispositions d'esprit où dut être le bon vicillard Siméon recevant dans ses bras le salut d'Israël. I était fou de bonheur. demandait à Dieu de le faire mourir. Lui d'ordinure st grave et d'aspect si austère, était allait avois, 1luvait son ‘semi.

devenu eomme un enfant.

Ses chers Acadiens pourraient, connme ceux des autres

naire.” Ils pourraient à

nationalités, recevoir quelque instruction.

l'avenir se suffire à eux-mêmes, HS auraient des hommes appartenant aux professions libérales à mettre à leur tôt Ils auraient des médecins pour soigner leurs nialades, pour appeler l'assistance de église dans les ens nrgenvs, pour mettre au monde les héritiers des confesseurs de la foi. Hs nuraient des avocats pour se faire rendre justice et se protéger contre les Des Barres et tous ceux qui continuaient à lenr ravir leurs propriétés. Ts auraient des écoles françaises, où leurs enfants irvaient apprendre à lire et à prier dans la langue pour laquelle étaient morts leurs aieux. Is auraient surtout des prêtres de leur nationalité. Cette nsée le faisait Héchir comme sous le poids trop lourd d'un grand bonheur: et il se retirait alor devant Dieu pour pleurer su joie,

Le P. Lefebvre était arrivé un mardi. Le dimanche suivant. M. Lafrance monta en chaire et présenta le célébrant à h paroisse. EE fut touchant, il fut éloquent. Lui, qui préchai bien, n'avait jamais si bien parlé. Chacun retenait sa respire tion pour ne perdre aucune de ses syllabes, et on était sais comme à l'approche de quelque grand événement.

Se dépouillant alors de ses vêtements sacerdotaux, le P. Lefebvre monta à son tour en chaire.

On avait déjà remarqué son grand air de dévotion à lautel On fut frappé de su grâce à traverser le sanctuaire. Il park environ vingt minutes. L'atcente qu'avait fait naître le dis cours de M. Lafrance fut dépassée. De grands orateur avaient prêché à Memrameook : les vieillards avaient entendi MM. Couture et Gauvreau, D'un commun accord ils déch rerent que le plus grand était le P. Lefebvre, non pas dans leur cœur, — M. Lafrance y tenait toujours la première place, -

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M. Pafranee avait, en méme temps, fait ses adieux à ses chers paroissiens de Memrnmeook, qu'il desservait depuis plus de douze ans. Mer Sweeney, selon larrangement qui avait été fait, eéduit ln paroisse, avec Les missions qui en dépenduent, au nouvel arrivés à M. Lafrance, il donnait In misson! de Burachoiïs.

Quoique Barachois Fût une cure désirable, = Mgr Sweeney l'avait lui-même desservie avant d'être évêque, et Ja meilleure probablement que l'ordinaire eût alors à sa disposition, cenen était pas moins l'exil pour le vieux missionnaire de Memrauncook, pauvre, brisé par la lutte et d'une santé toute délabrée, Depuis longtemps 1 tombait d'épilepsie.

I partit pour su nouvelle mission, la semaine méme qui «aivit lurrivée du P. Lefebvre, sans un murmure, sans une lhrme donnée à ses paroissiens qui ne voulaient pas le laisser partir, tunis la mort dans l'âme. [a confessé dans ln suite, comme une grande faiblesse dont il s'humiliait devant Dieu et les hommes, que, nonobstant l'abandon qu'ilavait fait de sa paroisse pour assurer le succès de son œuvre d'éducation, il espérait toujours mourir à Memramcook, soit au presbytère soit dans une cellule ignorée du collège ; qu'il ne croyait pas que l'évêque le prendrait au mot. Mais il avouait, en même temps, que son évêque avait agi avec lui en toute loyauté, et qu'ayant fait à ln communauté de Sainte-Croix, à cause de ses

Luvances à lui, certaines promesses, ces promesses devenaient

des devoirs à remplir.

Oh! qu'elle est forte la vertu des saints qui s'accuse comme d'un crime d'une larme mal essuyée, d'un sanglot mal etoutfé, à la perte de tout ce qui les rattache à la vie! C'est que pour être parfait il ne suffit pas de faire le sacrifice de tout et de soi-même : il faut encore sacrifier avec joie et amour.

M. Lafrance parti, le P. Lefebvre restait seul, sans res-

I-Les paroisses de tous les diocèses des provinces maritimes sont, à proprement parler, des missions, aucune n'étant canoniquement organisée.

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sources, sans expérience, dans un pays étranger, avee une tâche immense devant lui. Il tit d'abord une revue minutieuse de ses possessions et de ses moyens. Depuis Agamemnon qui fit devant Troie le dénombrement des troupes de toute la Grèce coalisée, jusqu'à Robinson Crusoé qui s'assura tout d'abord de ses provisions et des ressources de son île, l'histoire et la fiction font procéder leurs héros de la même manière... “Une maison en bois de quarante-huit pieds sur trente, ayant deux étages! outre les mansardes, et une allonge de vingt-quatre pieds sur vingt, également à deux étages. Cette maison en très mauvais état. Aussi quelques vieilles bâtisses dispersées ea et là sur la propriété et qui étaient “sensées ” en être les dépendances. La propriété elle-même dans un état d'abandon complet, et la terre devenue une commune où chacun envoyait paitre ses animaux.”

Ce qui précède est extrait d'un rapport détaillé que fit, en 1870, le P. Lefebvre au général de sa congrégation, et dans lequel il raconte les commencements de son collège.

“ Après avoir minutieusement eXaminé toutes choses, conti: nue-t-il, je me mis immédiatement à l'œuvre. Le plus embarrassant était de savoir par où commencer, car tout était à créer... L'excellent M. Lafrance, en quittant Memramcovk pour se rendre à sa nouvelle mission du Barachois, mit à mi disposition quelques meubles, et me fit présent d'un cheval * et d'une excellente vache laitière.”

Voilà donc énumérées les ressources matérielles de cel que la Providence envoyait régénérer un peuple par léducation : “tout était à créer.”

1--Le rez-de-chaussée, au Canada et en Acadie, compte pour un étage,

2—Ce cheval a sa légende mexicaine, Un jour de grande chaleur, on trouva dans l'église, vidant à sa soif le grand bénitier, La paroisse s'en émut; mais comme c'était le cheval du curé, présent d'un autre curé, le plus scandalisés crièrent en vain: ‘“‘Haro !” la bête fut épargnée. Par lé hommes, oui, mais non par le destin chargé de punir ces sortes de forfaits Le P, Letebvre,afin de l’éloigner des environs de l’église, l’'échangea contre À cheval de l’un de ses paroissiens, et crut par là satisfaire aux divinités veng resses, Nit inultum'! Un dimanche, au sortir de la grand'messe, son nouvéäl propriétaire le trouva pendu à un arbre auquel il l'avait attaché, et la conscient publique fut soulagée,

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Du côté des hommes, de la congrégation de Sainte-Croix, de Mgr Sweeney, de M. Lafrance, il n'avait, matériellement, plus rien à attendre. Allait-il pour cela perdre courage et jeter le manche après la cognée ! Non pas, tant qu'il n'aurait point épuisé l'assistance de Celui qui transporte les montagnes à la prière de ceux qui ont de la foi pour un grain de sénevé.

“Dans ces pénibles circonstances, ajoute-t-il, je consacrai tout particulièrement l'œuvre de cette difficile fondation au bienheureux saint Joseph, le priant d'en être le protecteur et de présider à son développement. Heureuse pensée !”

Cette pensée sera le talisman céleste qui assurera le succès de l'œuvre, |

Suivons-le pas à pas dans sa difficile et triomphante carricre ; chaque fois que les moyens humains seront impuissants à dégager son œuvre, à la sauver du cataclysme imininent, et ces occasions se présenteront, hélas ! plus d’une fois, il tournera ses regards du côté de la montagne d'où le salut peut seul lui venir, et c'est saint Joseph qui le lui apportera.

Un incident qui se rattache au premier jour de son arrivée, et dont le héros dti-même ne soufHa jamais mot dans la suite, mérite d'être ici rapporté, parce qu'il confirme ce que nous avons dit des proportions que sa renommée d'orateur avait prises au Canada. Le jeune homme qui servit sa première messe, à Memramcook, lui parut intelligent et fort au fait.

Ne seriez-vous pas, lui dit-il, l’un de ceux que M. Lafrance a lait instruire an collège Sainte-Anne-de-La-Pocatière ?

Oui, mon Père, et mon nom est X....

-Très bien; je m'en doutais. Si vous n'êtes pas autrement occupé, vous viendrez, après mon action de grâces, m'aider à défaire mes malles,

Dans l’une de celles-ci, peu nombreuses et médiocrement garnies, il y avait des livres. Ce fut le lot du jeune homme

de les ranger sur les rayons d’une bibliothèque improvisée.

Parmi les livres se trouvaient quelques manuscrits. Le jeune X. ‘tait tout yeux pour regarder. Tant de volumes l’éblouissaient: les manuscrits, surtout, surexcitaient sa curiosité de

jeune humaniste. Le P. Lefebvre s’en aperçut, l'ayant surpris déchiffrant l'en-tête d’un cahier.

— Tu voudrais savoir ce que c'est, petit curieux, lui dit-il: eh bien! lis-le, pour ta pénitence. C’est mon discours de 1 Saint-Jean-Baptiste, que je devais prononcer à Montréal quand j'ai reçu l'ordre de venir au Nouveau-Brunswick. J'en sais plus de la moitie par cœur. Aussi bien, nous serons les deux seuls à connaître ce chef-d'œuvre,

Et il se mit à rire, me disait monsieur X. lui-même, de qui je tiens cet épisode, de ce bon rire que nous avons si souvent entendu et que moi j'entendais pour la première fois. Je lns et relus ce discours, ajouta mon ami. Depuis, j'ai lu Lacordaire Monsabré, M. Colin, un peu Cicéron et Demosthène (ce derni dans les traductions), et jamais à la lecture discours ne m'a tant impressionné que celui-là. Pour moi c'était véritable. ment un chef-d'œuvre. Pour le P. Lefebvre c'était quelqu chose de bon à faire flamber. C’est ce qu'il en fit effective ment, séance tenante. !

Montréal, riche et grande ville, aïme les beaux-arts, les lettres et l'éloquence, quoique un peu à la manière américaine par imitation exotique. Elle à son église Motre-Dume tot comme Paris, et aussi, hélas ! la réduction, disons le raccourci. du grand Saint-Pierre de Rome, cet immortel chef-d'œuvre de Bramante et de Michel-Ange. Les carêmes de Notre-Danr de Montréal sont, en sourdine, ceux de Notre-Dame de Paris: mais la grande occasion pour les orateurs, c’est la célébration de la fête nationale des Canadiens, la Saint-Jean-Baptiste

Parmi les prédicateurs, les plus renommés seuls sont conviés à

111 n’y avait heureusement pas de feu dans lâtre, car le ‘ chef-d'œuvre" nt brûla pas ; quelqu'un le sauva des flammes. Le R, P. L'abbé vient de me l: passer à ma grande joie. C’est le seul document écrit de la main du P. Lefebvre que nous possédions, avec la Petite Chronique de son collège et quelques lettres Il pourrait s'intituler: Ce que les Canadiens-Français doivent à l'Eglise cathe lique. J'en extrais deux pensées qui donnent le diapason du discours: ‘‘ Le sou venir de la mère patrie devint moins amer à ces nobles cœurs (les premier: colons) quand ils virent revivre sur cette terre qui s’appellera désormüi

Nouvelle-France, l'esprit national et les traditions religieuses de la Frence de li bas ”; et de la péroraison : ‘ ‘Serrons de plus en plus nos rangs au pied des autel:

et n'oublions jamais que le jour où, infidèles à nos serments, nous trahirons nor foi, nous cesserons d'exister comme nation.’

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faire le sermon du jour dans la vaste église paroissiale des Sulpiciens. Tl'était, à cette époque, inouï, — la chose ne s’est pas renouvelée depuis, — qu'on

y appelât un simple catéchiste, lequel, dans les dignités hiérarchiques, n'était arrivé qu'au rade de vicaire, et encore de vicaire suppléant,

Sans l'indiscrétion de son aide-déballeur, il est probable que nul parmi nous n'aurait jamais rien su de cet incident si ulorieux pour le fondateur de notre premier collège national.

Il avait été convenu entre l'évêque de Naint-Jean et la congrégation de Sainte-Croix que les classes s'ouvriraient à l'automne, au nouveau collège de Memramcook. Or, le P. Lefebvre était seul pour tout préparer, tout organiser, tout créer, comme il l'écrit lui-même, sans argent, avec une grande

paroisse et trois missions à desservir, et sans un vicaire pour l'aider dans ses fonctions curiales. Il était tout simplement absurde de placer un homme dans des conditions pareilles. Autant vaudrait, à la guerre, envoyer un piquet d'éclaireurs à la conquête d’une province. Pour comble d’'infortune, — quelque malheur imprévu vient presque toujours s'ajouter aux situations désespérées, — un accident de voiture le mit, peu de tunps après son arrivée, à deux doigts de la mort,

I s'en allait à Shédiac, village distant d'à peu près vingt milles du collèce, où il avait rencontré des amis dévoués, lorsque son cheval, le cheval de M. Lafrance, prit le mors aux dents, et, renversant la voiture, le lança contre les pierres du chemin. Des paysans qui passaient le trouvèrent sans connaissance, le visage couvert de sang et deux côtes en- Ils le ramenèrent au collège plus mort que vif. Il

de cheval, pour un malade de chez les Pierre-à-Michel!. Un makule, un mourant l’'appelait à son chevet! Il voulut se kver pour lui porter le viatique des âmes. Le médecin *, qui

-Subdivision de la paroisse de Memr'amcook, à quatre milles du collège.

Le br Wilson, de Dorchester, à huit milles du collège. 11 était le sent médecin qu’employassent alors les Acadiens, à 40 milles à la ronde. Ce n’est Pas qu'il fût un prodige de science. Ses confrères, — cet art est sans pitié, —

112 LE P, LEFEBVRE El L'ACADIE

achevait justement de lui remettre la fracture des deux côtes, et qui se trouvait encore là, le lui défendit positivement.

— Bon, dit-il, je valais peu de chose, voici que je ne vaux plus rien du tout. Puis, se ravisant :

— Votre malade a-t-elle auprès d'elle (c'était une jeune fille) un médecin ?

Sur la réponse négative qu'il en reçut :

—Elle est encore plus heureuse que moi, ajoutu-t-il en regardant malicieusement le docteur Wilson; elle peut faire ses volontés, elle. Essayez de me l'emmener ici. Je pourrai l'administrer, ou, tout au moins, la confesser de mon lit. Le bon Dieu, qui ne demande aux hommes que leur bonne volonté, fera le reste,

Le bon Dieu voulut qu'elle mourût sans les consolations de l'Eglise, son état de faiblesse étant extrême.

Cet incident frappa douloureusement le P. Lefebvre. Ses paroissiens allaient-ils mourir ainsi sans le secours de la religion ? Lui, qui avait charge d'’âmes, pouvait-il laisser les siens comparaître devant le tribunal suprême, sans les paroles de l’absolution qui font trouver grâce, sans le pain qui fortifie. sans l’huile de suave odeur dont les invités de l’Epoux doivent être parfumés pour entrer dans la salle du festin ? Il dicta une dépêche pour le P. Rézé, alors supérieur provincial de l'ordre le suppliant de lui envoyer, sans faute et sans retard, un prêtre et des assistants : et, aussitôt qu'il fut en état d'écrire il lui exposa en termes brülants la situation où il se trouvait placé, et renouvela ses instances.

Cet accident de voiture hâta, assura peut-être, l'ouverture du collège au temps fixé. Le provincial dépêcha sur-le-chan deux “sujets,” le R. P. Bazoge !, qui arriva à Memramcook le

prétendaient même qu’il n'était pas tout à fait en règle avec la Faculté. Mai il rachetait ce léger inconvénient en guérissant souvent ses malades. Il por sédait une autre excellente qualité: ses clients de la paroisse de Memramcotk le payaient.. quand ils en sentaient le besoin. En dehors de la paroisse d Dorchester (Memramcook), ses visites étaient de vingt-cinq dollars chacune. Î est un des très rares Anglais qui fussent alors bien disposés envers les Acadiens, ou, tout au moins, exempts de préjugés vis-à-vis d'eux,

1—Jean Bazoge, né à Coulombiers, canton de Beaumont-sur-Sarthe, le 22 sel tembre 1881, et mort subitement à Memramcook, dans la nuit du 27 mai 18%.

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r-Sarthe, le 22 SF it du 27 mai 1896.

3 septembre, et le R, P. O’Brien, Saint-Jean, juste le temps d'y être ordonné prêtre, été précédés de quelques semaines par deux Frère munauté, le Æ, Dieudonné et le F.

pour tenir les classes,

qui Sarrêta en route, à Ils avaient

s de la com- Alphonse (Bélair), venus

Vers le même temps, le 8 septe deux autres membres de 1 le K Elzéar. Le premier Mans, une obédience de dire

mbre, arrivèrent de France & Congrégation, le R. P. Robert! et tenait du général de cteur d’une école de second devait lui servir d'assistant.

À la suite de négociations qu'il est inutile de l'an et l'autre furent attachés au personnel projet de fonder une maison de réfor pas de suite,

l'ordre, au réforme, et le

rapporter ici, du collège, et le me à Memramcook n'eut

I-François-Antoine Robert, n6 curé de Petit-Rocher, dans le 4 septembre 1888,

à Saint-Flour, en Bretagne, en 1822, et mort diocèse de Chatham, au Nouveau-Brunswick, le

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