I-M, } dit-on, d
imière sont sens que ce succès est une preuve que Dieu bénit votre œuvre. nt, que les Le collège, au milieu de nombreuses difficultés et avec le peu
de ressources à votre disposition, a, déjà, dans les quelques cial. années de son existence, rendu de grands services à la religion
et à l'éducation, non seulement parmi les Acadiens-Français, mais à la population catholique entière du diocèse. Tous
pour trans- doivent done avoir fortement à cœur le succès de votre entreaffaires l'ent prise. Plusieurs jeunes gens, qui ont reçu leur éducation dans essaires à la le collège font honneur à leur Alma mater, non seulement
dans les rangs du clergé, mais encore dans les professions libérales et leurs divers états, et ce nombre s’accroitra d'année en
ouva en tous année. J'espère donc que le clergé et les laïques vous viendétails. Les dront en aide d’une manière substantielle dans votre lourde et bien natt À entreprise, que je leur recommande fortement, comme une ur Sweeney œuvre qui intéresse tout le diocèse. onfiance sans
ssait dans son “ Je suis, bien révérend et cher Monsieur,
Saint-Joseph “ Votre fidèle serviteur en J.-C.
‘“ ,J, SWEENEY, liait la lettre “ Evêque de Saint-Jean.”
Un chèque de #500 uccompagnait cette belle lettre! Le nouveau collège était une vaste et fière bâtisse en carrée long, de 120 pieds sur 65, à deux étages pleins, avec rez-de-chaussée et mansardes. Le prix de construction était de $30,000, Parachevé, le tout en coûta quarante mille. Pour le service 1. seul des intérêts, saint Joseph avait devant lui de fortes éché-
Munces. Comment allait-il solder le capital ?
Si j'entre ici dans des considérations pécuniaires, c'est que «es considérations, absorbantes pour la plupart des humains, prirent dans la vie du héros de ce livre une plus large place qu'elles ne prennent d'ordinaire dans la vie d’un religieux. La construction de son grand collège fut le point culminant de là carrière du P. Lefebvre. Œuvre d'amour et de charité, cétait aussi, aux yeux du monde, une œuvre de gloire.
‘mbre 1873.
prends votre d'un nouveai
p trop petites élèves placés vos travaux, collège Saint-
rdentes : et je I=M, Rameau de Saint-Père, le grand et fidèie ami des Acadiens, envoya, me dit-on, de Paris, 1000 francs au fonds de construction. 4
Plus beau monument d'éducation n'existait pas dans les pro. vinces maritimes. .
Il semble y avoir une loi qui fasse expier ici-bas, surtout aux prédestinés, les triomphes éclatants qui sont de la gloire humaine, où y ressemblent de trop près. Le roi David songoeuit sur son trône à cette mystérieuse lot, que étonnante destine du saint homme Job n'explique que partiellement, Pour devenir pur, l'or ap pelle le creuset, Les succès de a terre appellent lexpin tion, Je trouve à plaindre homme à qui tout succède, ct ceci n'est pas un ja radoxe.
Le nouvel édific n'était pas achevé que les déceptions
d'arcent commence.
rent. Une maison re
Le nouveau collège Saint-Joseph.
ligieuse de Montréal lui avança dix nulle dollars, au lieu de vingt : mais comme Îles garanties qu'il pouvait offrir étaient surtout des garanties morales, le taux de lintérêt fut celui des banques [obtint dix autres mille dollars d'une corporation religieuse du Nouveau-Brunswick, mais à des conditions pareilles. Les agents terrestres de saint Joseph étaient décidément des agents d'affaires.
L'argent manquait toujours. Le P. Lefebvre s’adressa à li petite épargne acadienne, Celle-ci fut vite épuisée. Epuisé aussi s'en allait ! la santé du supérieur. Cette course apres le vil métal, si contraire à sa nature, commença vite à le tuer
1—Les Acadiens ont conservé l'usage courant de ces expressions: il s’en vafini le printemps s’en va venu, la maison s’en va terminée, que Bescherelle trouve. on ne sait pourquoi, vulgaires et de mauvais goût,
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I en perdit complètement le sommeil. Un protestant, sir Albert Smith, vint heureusement à son secours et lui prêta ee qu'il lui manquait d'argent,
Mais les nuits d'insomnie passées dans l'incertitude et l'angoisse, la hideuse vision de la banqueroute imminente, le spectacle des familles confiantes, frustrées peut-être de leurs économies à cause de lui, avaient sourdement miné sa forte constitution.
L'expiation de la gloire commençait,
Cependant, le nouvel édifice était terminé, et la date de la prise de possession en était fixée aux vacances de Noël (1875).
D'autres, avant lui, avaient aperçu la terre de promission, ans y pouvoir entrer. Le 1 décembre, les forces lui manquérent tout à coup, une grave défection du cœur se déclara, compliquée d'un commencement de paralysie, et tout le monde, on médecin le premier, crut qu'il allait mourir. Lui se résina, mais ne désespéra pas tout à fait. N'avait-il pas passé un pacte de confiance avec saint Joseph ? N'il avait, comme bitisseur, manqué de prudence évangélique, sa foi n'avait pas un seul instant défait. Sa foi le sauva de la mort, comme cle allait sauver son œuvre de la faillite. Six semaines plus tard, il était à Montréal, en pleine convalescence, tandis que à communauté de Memramcook et ses élèves entraient, le [7 janvier 1876, dans le nouveau collèse, sous la direction du père Labbé, supérieur intérimaire.
L'année suivante, le nombre des élèves atteignit le chiffre de cent quarante-cinq. C'était le collège sauvé, sinon payé. Le personnel enseignant se composait alors de seize religieux, douze ecclésiastiques, huit auxiliaires et trois domestiques. À cette date, plus de mille enfants avaient déjà passé par linstitution, et dix prêtres en étaient sortis.
[ n'est pas bon que l’homme soit seul. 11 n’est pas bon, non plus, qu'il soit seul instruit. Pour n'avoir pas toujours été ulmis, ce corollaire de la Génèse n’en est pas moins, aujour-
d'hui, généralement concédé, ! Il est même exagéré en certains lieux, Le P. Lefebvre, sur cette question, était plutôt de l'école moderne, et, avant lui, M. Lafrance, secondés l'un et l'autre par les habitants de Mamramcook. M. Lafrance avait essaye d'ériger un couvent pour les jeunes personnes de sa paroisse : mais la construction inachevée en avait été forcément inter: rompue à la fermeture de son “séminaire.”
Le P. Lefebvre reprit en sous-œuvre le projet de son prédécesseur. En 1868, il ouvrait une école aux jeune filles, dans une maison particulière, L'année suivante, ayant fait venir du Canada une maîtresse diplômée, il transporta l'école dans le haut de la sacristie. Toute la paroisse alors s'enthousiasma pour un couvent, dont la charpente fut incontinent montée, avec accompagnement de réjouissances publiques, tel que cela se pratiquait autrefois en France et dans la vieille Acadie,
Un ouragan la fracassa durant lu nuit.
Tenaces, pasteurs et paroissiens se réunirent, le dimanche suivant, et ceux-ci souscrivirent, séance tenante, $1,000 pour
l'érection d'un couvent, plus grand que le premier, “ — C'est, |
disaient-ils, parce qu'il n'était pas convenable que le vent l'a renversé.”
Au mois de septembre de l'année suivante (1871), la maison était terminée et prête à recevoir les élèves. Le P. Lefebvre voulait en donner la direction aux sœurs de la congrégation de Sainte-Croix ; mais Sa Grandeur Mgr Sweeney y préfém mettre les sœurs de la Charité, communauté nouvellement fondée pur l'épiscopat des provinces maritimes. Sœur Basile en fut la première supérieure.
1I—Au siècle lumineux de Louis XIV, l'abbé Fleury, ami de Fénelon, disait que ce serait un grand paradoxe de soutenir que les femmes doivent savoir autre chose que ‘leur catéchisme, la couture et divers petits ouvrages, chanter, danser, faire bien !a révérence et parler correctement.” Et Molière est d’avisque:
Nos pères sur ce point étaient gens bien sensés,
Qui disaient qu’une femme en sait toujours assez Quand la capacité de son esprit se hausse
A connaître un pourpoint d'avec un haut-de-chausse.
Aujourd'hui elles déposent leurs bulletins de vote dans les urnes municipales, exercent la médecine et montent à bicyclette.
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Cette institution, le couvent de Notre-Dame du Sacré- Cœur, inaugurée le 15 octobre 1873, complétait, à Memramcook, l'institution nationale du collège Saint-Joseph. Elle est au-
jourd'hui prospère, et, sous la prudente direction spirituelle du
R. P. LeBlanc, elle peut compter sur la confiance des parents, assurée qu'elle est de la protection de Dieu,
Memramcook n'est pas la première paroisse acadienne qui ait eu son couvent, Bien longtemps avant 1873, même avant l'arrivée du P. Lefebvre en Acadie, les bonnes religieuses de h congrégation de Notre-Dame étaient venues de Montréal fonder des couvents dans les diocèse de Charlottetown, de Chatham et d'Antigonish. Depuis leur héroïsime au pied de là croix, les femmes ont presque toujours devancé leurs frères dans les œuvres de charité et de civilisation. Les premières au tombeau du Ressuscité, ce sont elles qui instruisent les disciples du grand mystère, et leur disent où aller pour rencontrer le Maître. Last at His cross and first at His grave.
Saint Jean est le seul, parmi les amis de Jésus, qui paraisse avoir eu, en présence des déicides, autant de courage que sa Mère et les saintes femmes. Ille suivit avec elles et demeura à ses côtés pendant l'agonie. Pour cela il eut la vision des choses à venir. Mais c'est sous l'influence bienfaisante de la fenme que cet avenir s'élabore : ce sont les mères, les épouses, ks vierges, ce sont ces admirubles ordres de religieuses qui afinent les mœurs et rendent les générations plus policées et meilleures.
Dans les diocèses d'Halifax et de Saint-Jean, la direction des couvents est contiée, à peu près exclusivement, aux révé: rendes sœurs de la Charité.
La mission bien évidente du P. Lefebvre chez les Acadiens tait de reconstituer en nationalié ce petit peuple infortuné qe tout le monde, jusqu'à ses meilleurs amis, avait cru à jumais anéanti. Les assises de l’éditice, retrouvées sous Îles décombres amoncelées par le grand cataclysme, étaient,
grace
à Dieu, demeurées intactes: c'était la langue française et la religion catholique, conservées avec amour. Il avait, lui l'apôtre, lui l'architecte, élevé des murailles, l'éducation. Mais
Morales
cela ne suffisait pas. La charpente d’un édifice bien lié est complexe et consiste en plus d'une pièce. C’est un organise auquel il faut la cohésion et l'unité. Or, dispersés comme ils l'étaient (et comme ils le sont encore) : 10,751 à l'île du Prince. Edouard, d'après le recensement de 1880; 12,430 au Cap- Breton, 28,789 dans le reste de la Nouvelle- Ecosse, et 56,572 au Nouveau-Brunswick, ce n'était pas une opération facile de réunir en un faisceau tous ces éléments épars. Ce qui ajoutait à la difficulté de l'entreprise, c'est que tous ces groupes de la même famille, les plus éloignés surtout, n'avaient entretenu entre eux aucunes relations ; ils ignoraient même,en bien des endroits, l'existence les uns des autres. Un événement fortuit fournit au P. Lefebvre une occasion favorable d'opérer un rapprochement.
Québec, la vicille cité glorieuse de Champlain, invitait à se réunir dans ses murs, le 24 juin 1880, tous les représentants de l'antique empire colonial de la France en Amérique, à l'exception des Louisianais.
Sur sept “commissions” nommées pour étudier la question franco-Canadienne, la septième était réservée aux Acadiens. Ce fut, peur me servir d'un mot cher aux Anglais, l'opportunité du P. Lefebvre. Il la saisit d'autant plus volontiers que, sx ans auparavant, ses compatriotes de Montréal, conviant à une fête pareille toute la famille française du Canada, avaient fait plus que d'ignorer les délégués de l’Acadie, les avaient profondément blessés dans leurs sentiments de fraternité, en les plaçant officiellement parmi les “nationalités étrangères,” et, dans cette catégorie les rangeaient après les Anglais, les Irlandais et les Ecossais, c’est-à-dire les derniers sur la liste des étrangers. Les Acadiens avaient protesté, et s'en étaient retournés.
Soixante et dix délégués, venus de toutes les parties des provinces maritimes, répondirent à l'appel du P. Lefebvre et du comité d'organisation. Québec faisait les choses fraternellement, Un discours avait été réservé pour les Acadiens à la convention même, et une santé au banquet. Pour mieux faire valoir ses enfants, sans doute, mais aussi par un senti-
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ment de profonde humilité, le “ bon Père ” refusa, lui l’orateur Jadis le plus acelamé de tout le district de Montréal, de porter li parole devant les délégations assemblées, Ce fut le P. Bourgeois ! qui fit le discours, et M. Landry qui répondit au toast, Un autre de ses anciens élèves dut S'improviser r'apporteur de la commission, dont le Père supérieur refusa } usqu'à la tin d'être le président,
La septième commission, en séance à Québec, avait décidé de convoquer une assemblée plénière des Acadiens à Memrancook, pour l'année suivante. Plus de cinq mille personnes se trouvèrent au rendez-vous. C'était la première fois que les Acadiens se voyaient réunis, Jratres in unum, depuis le grand dispersement. LS arrivaient de tous les points des provinces maritimes, comme autrefois leurs pères étaient revenus de tous les points de la terre, pauvres proscrits rapportant la patrie dans leur cœur. Mais combien changée la situation ! Cétait alors une race condamnée à la mort, parce qu'elle était française et catholique, et que l'on avait conduite au supplice, avec des raffinements de cruauté dignes des Césars de Rome. Cest iei un peuple se réveiilant d’un long sommeil d'agonie, étonné et incertain du jour national qu'il voit luire: c'est Lazare sortant du tombeau, surpris d’être enveloppé d'un suaire. Pour l’un et pour l’autre c'était bien, cependant, la vie qui leur était miraculeusement rendue.
Les réjouissances du peuple, à cette occasion encore, ressemblérent, — plusieurs en firent la remarque, — à des sanglots de joie refoulés au fond du cœur. On eût dit qu'il avait peur d'être heureux.
Une des questions à résoudre par la convention était le choix et l'adoption d’une fête nationale. Question importante, dont la solution transperça d’un glaive l'âme du P, Lefebvre.
Dès son arrivée en Acadie, il avait sérieusement songé à instituer une fête patronale pour le peuple ; et, de son chef privé, il avait, en 1567, choisi à cette fin ia fête nationale des Canadiens, la Saint-Jean-Baptiste.
Aujourd'hui professeur de rhétorique au collège,
C'était, tous les ans, jour de grande liesse à Memrancook, le 24 juin. Les plus éloquents parmi les professeurs et les élèves préparaient de grandes harangues patriotiques, qu'ils débitaient, au sortir des offices divins, à toute la pa. roisse réunie, Le P. Lefebvre se croyait, ce jour-là, à Saint- Eustache ou à Sorel. L’enthousiasme de Memramcook lui donna l'illusion de l'enthousiasme de toutes les paroisses françaises de l'Acadie. Il n'en était rien, cependant. A part un ou deux curés de Madawasku ! et M. Poirier, le vénéralile missionnaire de l’île du Prince-Edouard, personne, en dehors de Memramcook, semblait s'être aperçu qu'il existât pour l’'Acadie une fête officiellement nationale. Personne non plus ne protesta. La Saint-Jean-Baptiste semblait plutôt un essai qu'une chose établie. Le comité d'organisation l'avait compris ainsi. Le peuple, lui, était venu sans aucune idée préconçue touchant cette question.
La commission chargée de présenter un projet de fête nationale arrêta son choix sur l’Assomption.
Le P. Lefebvre, à qui la chose fut aussitôt rapportée, n'en put croire ses oreilles. Jamais l’idée ne lui était venue que la Saint-Jean-Baptiste ne serait pas adoptée.
La lutte se prépara pour la discussion du lendemain, devant la convention générale, c’est-à-dire devant tout le peuple ; mais aucun travail de sollicitations particulières, aucune coterie re se fit de part ni d'autre. La question était importante, et chacun y allait de ses convictions. Deux propositions furent mises de l'avant et soutenues respectivement avec beaucoup d'éloquence: la Saint-Jean-Baptiste et l'Assomption. Le P. Lefebvre lui-même entra dans l'arène. Le peuple avait bien pour lui beaucoup d'amour et d'admiration : mais, en véritables Bretons, il ne savait pas démordre de ses convictions. L'Assomption fut préférée par les cinq-sixièmes de la convention, puis, sur entente des deux parties, ratifiée à l'unanimité des votants.
1-Comté français situé au haut de la rivière Saint-Jean, où un certain nombre de Canadiens sont venus, autrefois, se fixer parmi la population acadienne.
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Cet événement eut beaucoup de retentissement en Acadie et aussi dans la province de Québec. Des journalistes, bien intentionnés, sans doute, mais jouant avec des explosifs, laissèrent entendre au public que le choix, par les Acadiens, de l'Assomption pour fête nationale, était un acte de mauvais vouloir vis-à-vis des Canadiens. Cette idée prévaut encore dans certains milieux de la province sœur. Et pourtant les Acadiens n’ont fait en tout ceci que suivre les brisées de leurs frères du Canada, qui n'ont pas cru faire acte d’hostilité vis-à-vis de la France, dans une occasion absolument pareille, en se séparant d'elle pour se choisir une fête nationale, qui leur fût propre et leur convint. !
Personne, en France, ne s’est avisé de morigéner les Canadiens, à cette occasion. La chose eût paru impertinente, attendu que charbonnier est maître en sa maison.
On x aussi employé le mot ingratitude. Assurément les Acadiens ne doivent pas plus aux Canadiens que ceux-ci à In France. Ils ne font qu'apprendre à les connaître et à les amer. Avant la confédération de 1867, ils étaient aussi ‘trangers les uns aux autres que le sont aujourd'hui avec eux ls Louisianais ; la colonisation des deux pays s'était faite
1-Avant le choix définitif de la Saint-Jean-Baptiste, en 1834, par Duvernay et ls auteurs des 92 résolutions, les Franco-Canadiens n’avaient, à proprement
parler, pas plus de fête nationale que les Acadiens avant 1881,s'il est vrai qu'en tte matière
L'Église fait le saint, le peuple le choisit,
Dès le commencement de la colonie canadienne, le clergé avait essayé, il est vrai, mais avec beaucoup de ménagements, d'imposer la Sainte-Anne pour fête nationale, Mgr de Laval fit même de cette: solennité un jour d'obligation, Le peuple aimait sainte Anne, mais ne l’adopta pas pour patronne nationale, Saint Joseph, la sainte Famille, eurent à peu près le même sort, quoique de Maisonneuve ait consacré toute l’île de Montréal à la sainte Famille, et que, dès 17, tout Québec pavoisé fêtât la Saint-Jos ph.
Les Jésuites proposèrent pour second patron un de leurs Pères, saint François. \avier, Mgr de Laval, qui leur était tout dévoué, rendit cette fête d'obligation, Le peuple n’en voulut pas davantage.
La Saint-Jean-Baptiste, fête des solstices du printemps, renouvelée des Druids, dit-on, semble avoir eu de tout temps ses préférences, La veille de la Saint- Jean fut longtemps, à Québec, l’occasion de grandes réjouissances., En 1666, la ‘hronique rapporte qu’il y eut entre Mgr de Laval et le gouverneur, M. de Tracy, htte courtoise pour savoir lequel des deux dignitaires appliquerait la torche, un fambeau de cire blanche, au monceau de bois, qui devait être le feu de joie,
dans des conditions différentes ; le sort des deux peuples avait été différent ; ils étaient ccclésiastiquement séparés : civilement ils l'avaient été à peu près toujours ; leur origine seule était commune,
Mais, qu'ils aient ou non agi avec sagesse en se donnant pour patronne la Mère de Dieu, rien que des motifs du plus pur patriotisme ne les à animés. La Saint-Jean-Baptiste, contemporaine des grandes luttes pour les libertés civiles de la province de Québec, et aujourd'hui si chère à tous les Canadiens, n'avait pour eux aucune signification, ne disait rien à leur cœur. L'essentiel n'était pas de choisir une fête patronale, c'était de la vulgariser, de la faire adopter par tout le peuple. Une fête religieuse seule avait quelque chance d'y réussir; et quel nom sous le ciel était, après Dieu, plus tendrement aimé, invoqué avec plus de confiance, que celui de Marie, la “consolatrice des affligés,” Notre-Dame-du-Miel, comme la désignent les Soudanais du roi Ménélick, “celle qui a repeuplé les rangs des anges.” Les plus faibles sur la terre. ils se sont choisi au ciel la plus puissante des protectrices. Si l'Assomption n'est pas la fête des Franco-Canadiens, elle est celle de la vieille France catholique, depuis Le vœu de Louis XIIL Elle était la fête officiclle sous l'Empire, et le 14 juillet ne l’a pas fait oublier,
Pour le P. Lefebvre, ce fut surtout une question de sentiment : il avait introduit la fête du 24 juin au milieu de son peuple d'adoption, et la pensait agréée. Les motifs les plus sérieux ne manquaient certes pas à l'appui de ces sentiments, la nécessité, par exemple, pour les Canadiens et les Acadiens de n'avoir qu'une fête nationale, la même. Mais, à ses yeux, l'argament probant était le fait accompli, l'adoption quil
croyait faite.
Tel était cependant son respect de toutes les libertés
légitimes, qu'il eût de bonne grâce accepté le verdict de h convention, si on ne lui eût fait entendre que le peuple acadien, ses anciens élèves même, n'étaient plus avec lui, que leur amour était ailleurs. Il prêtu l'oreille à ces discours et en pensa mourir, N'être pas aimé de ceux qu'il voulait à tout
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se f dan dev aval sale avis Pe lutte peut.
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