SCÈNE XVIII
PRUDENCE, PASCAL, puis ALFRED.
PASCAL, accourant et arrêtant Prudence.
Ah ! drôle ! je te tiens enfin.
( Il saisit sa fille.)
Mais vous me faites mal.
PASCAL
C'est toi! Où est-il? où a-t-il passé? réponds.
PRUDENCE
Il me semble avoir vu courir quelqu'un de ce côté.
(Elle montre la droite.)
PASCAL
Mais j'y songe: pourquoi étes-vous là? qu'estce que vous y faites ?
PRUDENCE
Dam! j'ai entendu crier...
PASCAL
Prudence ! quel est cet homme? répondez! quel est cet homme?
PRUDENCE
Qui donc ? le jardinier ?
PASCAL
Il ne l'est pas , j'en suis sûr.
PRUDENCE
Florentin !
PASCAL
Est-ce qu'on s'appelle Florentin! la ruse est grossière. Se déguiser en jardinier... il faut qu'il ait bien peu d'imagination. Mais pourquoi vient-il? à qui en veut- il? est-ce à toi? est-ce à mademoiselle ?
PRUDENCE
Ah ! mon père, pouvez-vous supposer...
PASCAL
Je veux le savoir; c'est toi qui l'as introduit, tu es sa complice....
PRUDENCE
Par exemple !
PASCAL
C'est faux! petite ingrate! petite dénaturée ! tu trahis ta maîtresse , tu trahis ton vieux père.
Air : Aux braves hussards du cinquième. Ah! quelque jour tu deviendras parricide; Tu mérit'iais le plus dur châtiment; TSîiiis j'ai pitié de ton sexe perfide Dont tu n'es pas le plus hel ornement , Non, tu n'es pas son plus hel ornement. Je n' sais à quoi la colère m'expose, Lorsque je vois ta vilaine actiou !
Va, sous la main si j'avais quelque chose, •le te donnerais ma malédiction, (bis.) Tu recevrais ma malédiction.
( Il la poursuit en étendant les m s comme poui lui
donner sa inalédii |