‹ Le perruquier de l'opéra: comédie en un acte, mêlée de coupletsChapitre 23 sur 32 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

SUZANNE, 5CM/e.

h\. le baron serait-il devenu jaloux de sa femme , lui qui n*en est pas même amoureux?.. .c'est drôle loul de même... M"«de Bellecour aimerait-elle le Président?... Je n'en reviens pas... jamais une ressemblance plus parfaite...

Air : Je sais attacher des rubans.

Tous les deux me semblent charmants ; Même grâce et même élégance, Air tendre et doux, regards piquants, Pour moi voilà la ressemblance.

Mais l'un est fier et dédaigneux, L'autre rempli de prévenance ; Il faut mon cœur avec mes yeux Pour faire entre eux la différence.

Ah ! mon Dienî levoiU.

SCENG XIT.

POLLIDORK, SUZANNE.

POLLIDORE.

Mesdames , je viens vous annoncer que mon costume... (Reconnaissant Suzanne) Oh ! ià, là.

SUZANNE, à part.

('.'est lui-même î

rOLLIDORE.

Je croyais trouver ici M"* de Bellecour pour faire la répéiiiion.

SUZANNE, timidement.

Dites-moi , M. le Président , n auriez-vous pas, par hazard, un frère qui se nomme PoIIidore et qui est perruquier au Grand-Opéra?

POLLIbORE.

Quelle question indiscrète, ma petite!

SUZANNE

C*est que jamais ressemblance plus frappante... non, vrai !

POLLIDORE.

Vous le flattez, sans doute... £t quel rapport existet-il entre nous deux?

SUZANNE

Dam!... il doit être mon mari, et je suis venue chercher ici le cooàentemeni de ma marraine avec une dot. POLLIDORE, à part.

Comme moi... (Uaut.) Il paraît, ma chère enfant, que vous êtes de bon goût... et si en faveur de h ressemblance, vous me permettiez un baiser...

SinCANNE.

Que dirait Toriginal?

SCKiNK XIV. 57

POLLIDOftE.

II y a, à la Comédie Française, une pièce où un certain Jupiter prend la ressemblance du mari pour mieux tromper la lemme... Ah! vous riez?... je gage que vous allez quelqtiefoisà ce théâtre?

SUZANNE

Avec Pollidore .'...Dans la même pièce, il y a encore un certain Sosie qui ne trouve pas la chose aussi plaisante.

POLLIDORE , l'embrassant.

Moi, je fais comme Jupiter.

SUZANNE

Ah ! mon Dieu ! vous venez de déranger ma coiffure!

POLLIDORE.

Ce n'est rien... dans un moment le désordre sera réparé... mettez-vous là.

SUZANNE

Bah ! vous voulez rire !..

POLLIDORE.

Ce n'est pas la première fois... Nous autres gens du beau monde... nous ^vons tout... il ne (aut qu'un coup d'une main délicate...

SJUZAN^E.

Quel honneur pour moi !...

. POLLIDORE.

Et à force épingles!...

SUZANNE, criant.

Ah !...

POLLIDORE . .

Ne faites pas attention... .^

AMÉLIE , en dehors. , Je rejoins le Président. , •/■ i

SUZANNE

Cest la yoix de madame !

, POLLIDORB.

Je me sauve !

ALFRED, etUrant par la droite.

Suzanne.

SUZANNE, ramenant Alfred derrière le paravent. Silence!... voici madame:

AMÉLIE

Où alliez-vous, M, le Président?... nous allons commencer la répétition. Suzanne, laissez-nous.

SUZANNE, bas à Amélie.

Le baron est là , derrière le paravent.

SCEWE XV.

AMÉLIE, POLLIDORE, ALFRED. cacAe.

AUÉLiE, à part.

Frappons les grands coups !... (Haut.) Président , je compte sur votre indulgence et sur votre mémoire pour me souffler mon rôle, car je ne sais, par quelle falale négligence, on n*a pu retrouver la partition du Devin du village.

POLLiDORE, à part.

Je suis sauvé !... (Haut.) Vous me voyez aussi horriblement désolé que vous , madame , et mon embarras égale le vôlre...

AMÉLIB.

Que faire alors ?

POLLIDORE.

Remettre la répétition jusqu*à ce que la partilina soil retrouvée, ou bien réciter les vers sans musique.

Page 1