CHAPITRE XI
LES iMONADES ET L HOMME. — HAI'PUKÏS Ol- LliUMME
A EA NATt liE
La nature cn'«'e est le composé universel dos monades, êtres conscients de tous degrés, dont nous devons envisager tout individu, (juolle qu'en soit respèce, comme défini par une synthèse des trois fonctions radicales de l'être smiple, ou monade : activité, perception, appétition. Toute monade est le sujet de ses perceptions, et nulle n'est donnée ni percevable à l'état isolé. Elles sont fonction les unes des autres et forment des suites de groupes, envelop|)és et enveloppants, à [)ropriétés distinctes et mutueilemonl
dépendantes. L'expérience méthodique et la mathématique, le rapprochement des sciences, de l'astronomie à la chimie et à la |)h\ siologie, nous initient à la connaissance de ces fonctions de fonctions. La logique et la psychologie nous font pénétrer au fond des choses et descendre aux rapports fondamentaux qui convergent vers la conscience et s'y
terminent.
Les plus élémentaires des rapports, vus objectivement, ceux qu'on ncwnme phvsiques et mécaniques, correspondent |)Our nos perceptions aux modes de haison des composés inorganicjues. Ils consistent, (piant à leurs sujets, on des attractions et des répulsions exercées aux petites distances entre les j)remières molécules formées par des lois d'action et de réaction des monades. Ces actions et affections, phénomènes internes pour les monades, se traduisent, en vertu du principe de Tharmonii^ préétablie, en des mouvements extérieurement perceptibles. Ces mouvements perdus sont |)our elles, selon l'étendue de leurs perceptions (et pour toute monade, en tant que passive, et placée dans des conditions convenables) des i)hénomènes liés h certains autres signes sensibles, auxquels se reconnaissent des changements de lieu dans Fespace, des successions de moments dans le temps, et se distinguent les corps ou leurs états, les uns des autres. La composition des mouvements, leur j)ro[)agation, leur rayonnement sur de orands es|)aces ont j)Our effet des sensations transmissibles aux grandes distances, h travers des intermédiaires, et perceptibles, en ce cas, pour des monades éloignées, grâce à des modes d'adaptation cpii déi)endent de lois autres que celles du pur mouvement, et qui sont les organes'.
1. Il est lU'cessiiire do romaniuer iri (juc rt^ qui est dit de la transmission du niouvenuMit et des aelions aux grandes distances diffC're profondément de la monadologie leibnitienne (lui. n'admettant pas de bornes à l'univers, n'admet non i)lus aucun terme à la pro|)agation des mouvements, aucune rupture possible dans la solidarité universelle iLa monad(jlu(,ie, 30, 37. (il) : « Gomme tout est plein, ce qui rend toute la matière liée, et connue, dans le i)lein,tout mouvement fait (pielque efiet
PnF.MII-RS l'RINCIPKS DX'NK MOX VhOr.OCH.:
Les gTandes forces naliirelles ont leur origine aux petites distances : cohésion, élasticité, frottement, choc, impulsion; la gravitation, la translation, la chaleur, la lumière, Félectricité, son! des effets de composition et de propagation des phénomènes élémentaires. Et c'est aussi dans les sphères d'action les plus restreintes que s'exercent les actions spécifiques d'où résultent les merveilleuses synthèses de monades, à propriétés variées iini(>ml)r"ahles, d'où naissent les molécules des sui)stances corporelles inorganiques.
(^)uand les composés ne sont [)lus simplement des corps distingués par ces actions pliysicjues et j)ar les mouvements, les uns moléculaires, les autres de translation, d'où résultent les états des corps, les vibrations et les ondulations éthérées, les grandes agglomérations et les grandes révolutions de masses, tout cet ensemble de forces dont dépend l'ordre mécanique de l'univers; quand les synthèses de monades que nous considérons dépassent les propri('tés d où procèdent les espèces chimi(pies, et se présentent à nous comme des composés de cellules, et non plus de simples molécules invariables dans chaque espèce, la loi des piiénomènes est comj)iètement ciiangée. Les cellules naissent, se propagent, et meurent. Leur existence, ou mode d'existence, ne nous est pas connue avant qu'elles tombent sous notre expérience; ni leur oi'igine. Avec elles commence le régime biologique, ou des évolutions vitales, qui, des j)lus simples, piissentaux plus composées, suivr.nt des lois de Ibrmation syntiiétique imj)énétral)les en leurs causes. Xous voyons ces composés, les êtres vivants, naître imperceptiblement, se créer eux-mêmes graduellement, par
sur les (•orj)s distants, à mosiuv i\v la distiincr. de sorU' i\\w (•ha(iii(' corps est atTecté non seulement par reux (|ui le touchent, et se ressent en quehpielavon de ce qui leur arrive, mais aussi, par leur moyen, se ressent de ceux cpii l(Uichent les prenners. dont il est louché* immédiatement, il sVnsuit (pie cette conununication va à (pielque distance que ce soit ».