‹ Le pessimisme au 19e siècle: Leopardi - Schopenhauer - HartmannChapitre 142 sur 167 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

La libération du monde par son anéantissement volontaire selon Hartmann. Un essai de suicide cosmique.

La théorie de Schopenhauer se résume dans l'ascétisme et dans quelques procédés pratiques comme la mort volontaire par inanition et la suppression du commerce sexuel. M. de Hartmann n'a pas épargné à son prédécesseur en pessimisme les sévères critiques. Quelques-unes portent sur le désaccord entre le concept de la délivrance et les principes essentiels du système de Schopenhauer; d'autres, sur l'inutilité de ces procédés au point de vue de la libération finale.

La Volonté est l'essence universelle et u nique du monde, l'individu n'est qu'une apparence subjective. Mais, quand même il serait un phénomène véritablement objectif de l'Être, comment pourrait-il anéantir de son autorité propre la volonté individuelle, comme un tout distinct, si elle n'est qu'un rayon de la Volonté universelle? Quel droit l'homme, qui n'est que le phénomène, peut-il avoir sur l'existence de ce phénomène qui ne relève que de son principe ? — Admettons pourtant que cette impossibilité se réalisât, qu'en arriverait- il? Soit! un homme mourrait, un homme, c'est-à-dire une des formes multiples sous lesquelles la volonté de TUn-Tout f Ev fcai iwtv) s'est objectivée. Et puis "**> après ? Il ne se produirait rien de plus ni de moins que ce qui a lieu toutes les fois qu'un individu meurt, par quelque cause que ce soit. Le cas serait exactement le même que si une tuile en tombant avait brisé la tête de cet individu. La Volonté inconsciente continue après comme avant, sans avoir rien perdu de ses forces, sans que son désir inlini et insa-

Page 1