CHAPITRE VI
suivante qu'un moyen, qu'il faut de toute nécessité qu'il y ait une fin dernière ou suprême* à laquelle soient suspendues toutes les fins intermédiaires. Acceptons Taxiome pour ce qu'il est et pour ce qu'il vaut. Si la série des fins est nécessairement finie, quelle est celle de toutes les fins proposées que Ton peut regarder comme l'explication dernière et le terme du mouvement de l'univers?
Est-ce le bonheur positif? Toute l'argumentation de la philosophie pessimiste a été dirigée d'avance contre une pareille solution.
Qu'on se rappelle «les trois stades de l'illusion» parcourus instinctivement par l'expérience douloureuse de Léopard i, décrits scientifiquement par l'analyse réfléchie de Hartmann, — Le premier stade de l'illusion nous a conduits à cette vérité, que l'existence présente est mauvaise; on a reconnu dans le deuxième stade que la vie future est une illusion ; enfin, le troisième stade nous amène à renoncer au bonheur positif, même sous la forme du progrès. Aucune période de l'évolution ne nous montre le bonheur positif réalisé; tous les
âges s'accordent à nous dèeoayrir qae ses contraires, le malheur et la sonffi^ance, se produisent seuls dans ronÎTers, et que le progrès du monde, en détruisant Tillusion et développant la conscience, ne fait qu'accroître le mal. Dautre part, peut-on croire, sans déraison, que TéTolution du monde soit sa propre fin et qu'elle ne poursuive pas autre chose, dans les vicissitudes laborieuses de letre, (|ue le jeu puéril d'un spectacle varié qu'elle HO donne ^ elle-même? — Évidemment non, Cela serait contraire à la sagesse absolue que M. de Hartmann reconnaît à Tlnconscient.
11 iin|)li(jiic contradiction d'admettre que révolution tians un terme idéal ou réel et par elle- Hiâmc constitue un bien absolu. Elle n'est <jii() la somme des moments successifs qui la composent : si chacun de ces moments n'a uuiîun prix ou représente une quantité négative, révolution totale n'a pas de sens. — Serai*e la liberté, comme on le prétend quelquefois, qui sera le but du processus du monde?
Mais do quelle liberté s'agit-il? De celle de l'individu? Comment l'isolement de la per-