‹ Le pessimisme au XIXe siècle: Leopardi--Schopenhauer--HartmannChapitre 150 sur 161 · CHAPITRE Vin. 2ai · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vin. 2ai

attacher à la vie par des liens imaginaires. — Des illusions, toutes ces idées, tous ces sentiments qui renaissent sans cesse dans le cœur de rhomme, même après tant de tentatives multipliées pour les détruire ? — Des ruses de l'Inconscient, dites-vous? mais qu'est-ce donc que cet Inconscient qui travaille contre lui-même, qui s'applique si ingénieusement à se tromper, dupe éternelle de sa propre fraude? Tout cela est mille fois plus inintelligible que ce que vous prétendez détruire. Là où vous ne voulez voir que des fraudes gigantesques , nous croyons qu'il y a de grands faits psychologiques, permanents, éclatants de vitalité, indestructibles. Ce sont des bases d'induction pour une philosophie sans parti-pris. Qui a tort, de vous ou de nous ? — On nous dit :

Pures chimères que tout cela ! l'homme a toujours voulu croire à ce qu'il a désiré ; la force de son désir crée l'objet de son désir. Mais d'où viennent donc le désir lui-même et sa force toujours renaissante, et l'invincible élan de nos passions les plus nobles, et qu'est-ce qu'une philosophie qui n'en tiendrait pas compte?

Dans cet ordre de problèmes, ni le mépris ni la colère ne résolvent rien, et si la nature est plus vaste, plus haute, plus profonde que le système, eh bien ! tant pis pour le système I Cela ne fait rien aux choses que Ton se fâche contre elles, et s'il y a un désaccord entre la réalité humaine et les théories, à coup sûr ce n'est pas la réalité qui a tort.

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